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Avec le tempstout s'en va 10月15日 Quand y'en a marre... Je n'interviens plus parce que je prends l'habitude du régime qui banalise toutes les atrocités du monde. Cependant, j'ai été récemment indigné d'entendre plusieurs personnes de ma connaissance, que j'estimais, défendre Frédéric Mitterrand au sujet de ses "moeurs dissolues", comme on dit si bien. J'ai été choqué de voir Hamon cloué au pilori de l'extrême-droite pour avoir été choqué et avoir souligné le problème des réseaux de prostitution et du tourisme sexuel. Je suis choqué de constater le consensus chez les journalistes de la sainte innocence de ce ministre, victime de l'extrême-droite et de ceux qui leur collent aux basques. Je suis choqué de voir le consensus se faire au sujet de ce pauvre Polanski, victime d'une gamine... Je ferais d'abord le parallèle avec ce billet de M. Fontenelle qui recadre un peu la double morale, celle des faibles et celle des forts, qui peut être édictée à deux jours de différence. Et je rappellerais les propos précis du ministre de la culture: "Je m'arrange avec une bonne dose de lâcheté ordinaire, je casse le marché pour étouffer mes scrupules, je me fais des romans, je mets du sentiment partout, je n'arrête pas d'y penser mais cela ne m'empêche pas d'y retourner. Tous ces rituels de foire aux éphèbes, de marché aux esclaves m'excitent énormément. La lumière est moche, la musique tape sur les nerfs, les shows sont sinistres et on pourrait juger qu'un tel spectacle, abominable d'un point de vue moral, est aussi d'une vulgarité repoussante. Mais il me plaît au-delà du raisonnable. La profusion de garçons
très attrayants, et immédiatement disponibles, me met dans un état de
désir que je n'ai plus besoin de refréner ou d'occulter. L'argent et le
sexe je suis au coeur de mon système, celui qui fonctionne enfin car je
sais qu'on ne me refusera pas (…) La morale occidentale, la culpabilité
de toujours, la honte que je traîne volent en éclat ; et que le monde
aille à sa perte, comme dirait l'autre (…)." Alors, voilà, la plupart des prépubères de la pensée, les journaleux et autres répétiteurs de ce qu'on entend à la télé/radio vont trouver scandaleux l'amalgame entre l'homosexualité et la pédophilie, qui n'est pas la même chose, dites-donc. Oui. En passant, relisez la définition du mot éphèbe. Et relisez la déclaration du ministre sur la différence entre "un boxeur de 40 ans et un mineur". Dites-moi si c'est aussi facile entre un adolescent et un mineur. Mais puisque la pédophilie est invérifiable et que le soupçon est impossible, on peut s'en passer, ça n'est pas le pire: la question mineur/majeur est en effet, avant tout, une question de convention sociale ou politique. A partir du moment où le "jeune" est pubère, et apte à être consentant (autonomie relative de sa capacité à penser), ça passe. Pour le coup, repassons sur le "consentant". Oui, car ils étaient consentants. Un esclave consent à te sucer et à se faire enculer. Il faut le savoir. C'est toute la subtilité du colonialisme et de l'aliénation ordinaire. Alors non, on ne peut pas dire que "puisqu'elle est consentante, on s'en fout". On parle de réseaux de prostitution gigantesques, de marchés aux esclaves, relisez, on parle bien de commerce sexuel dans un monde de malheur où c'est la quasi seule solution pour vivre, et le ministre le reconnaît clairement: "J'apprendrai plus tard qu'ils ne viennent pas tous les soirs, ont une petite amie, sont souvent étudiants et vivent parfois même avec leur famille qui prétend ignorer l'origine de leur gagne-pain." La question dans l'opinion n'est donc pas de juger le tourisme sexuel: après tout, dans une économie mondialisée, on peut travailler au Mexique, vivre au Canada, et baiser au Kazakhstan, y'a pas de problème. Non, le vrai problème c'est la pédophilie. L'opinion médiatique, produite par les médias, dans l'inconscient populaire, ce n'est pas de juger le tourisme sexuel, mais seulement le fait de coucher avec des enfants. Bien qu'on puisse avoir 13 ans et être enfant, et avoir 13 ans et être adulte, cf. Finkielkraut. La définition de l'enfance est le point aveugle de cette polémique, et j'en m'en contrefous, car ce qui m'importe ici, c'est de voir que le tourisme sexuel dans cette affaire en ressort grandi. Le tourisme sexuel, c'est comme la monoculture. C'est la conversion en masse d'une économie plurielle, souvent à partir de l'agriculture vivrière, pour être une économie tournée vers le commerce, à partir d'un avantage comparatif. Et c'est destructeur. Aujourd'hui, enculer le thaïlandais est un avantage comparatif économique par rapport à enculer une suédoise, par exemple. Rien que parce que la couronne suédoise est une monnaie plus forte que le baht. Et parce que ça détruit un pays entier, ça le ravage, et parce qu'encore une fois l'occident se sert des pays pauvres pour faire ses affaires. Le miséreux ne peut pas dire non. Alors, ensuite, que ce soit un enfant ou un adulte, on s'en fout. Ce sont des dizaines de milliers de vies foutues en l'air et je doute que la prostitution soit volontaire. Ah oui, le fameux consentement. Et cela vaut pour les réseaux de prostitution qui nous ramènent des hongroises ou des polonaises, etc. La marchandisation des corps, que ce soit ceux des hommes ou des femmes est une horreur dans sa massification et sa mondialisation. Je suis tout-à-fait capable d'admettre qu'une prostituée puisse faire son métier, l'aimer et ne pas souhaiter en changer. Mais je doûte fort que le thaïlandais soit massivement plus enclin à ce métier qu'à un autre. Alors si on se dit progressiste, si on se dit contre le tourisme sexuel, on ne peut que condamner les pratiques du ministre. Y'en a vraiment marre de défendre tous les puissants quels que soient leurs crimes et délits et de considérer que quand ça arrive à des pauvres, c'est une horreur insupportable, qu'il faut les castrer ou autre. Cette soumission de l'opinion, cette soumission des médias me débecte. pédophilie et consentement ou pas. 8月9日 Contre le chômage (et la guerre économique), quelle stratégie? Y'a pas mal de discussions à ce sujet, dont certaines, il faut que je le dise, me déplaisent énormément. Bien entendu, du côté de l'idéologie dominante: il faut travailler plus. Chômeur compris. S'il ne trouve pas de travail, c'est parce qu'il ne cherche pas (évident). Donc, il faut qu'on lui fixe des horaires "35h" pour aller au pôle emploi tous les jours, et pour pallier la mauvaise volonté de ces salauds, faire baisser les aides petit-à-petit. Comme ça, au bout d'un moment il se forcera, le mec, à trouver du boulot. Ou il acceptera tout. S'il est ingénieur en aérospatiale, il aura une place toute trouvée en tant que balayeur des rues, où il devra pouvoir calculer par la force du vent le vol des poussières des rues... A l'autre extrêmité, l'interdiction des licenciements. ça fait un peu: "pour supprimer le chômage, supprimons les chômeurs", sauf que c'est un raisonnement à court terme: d'une part, il faut un peu prendre en compte les jeunes diplômés, les post-stages, voire les stages, les déjà-chômeurs. Ensuite, il faut prendre en compte le comportement rationnel qui viendra à l'employeur: S'il ne peut plus jouer avec sa masse salariale qu'en l'augmentant, et outre ceux qui partent à la retraite et les départs volontaires (en général avec force tyrannie et pression psychologique, le gueux n'aimant que peu se retrouver au chômdu, donc imaginez les conditions de travail), il n'a pas de marge: donc il n'embauchera qu'en dernier ressort, favorisant avant tout, comme le gouvernement actuel, les heures supplémentaires. Si cette évidence n'atteint pas le cerveau englué des marxistes de tout poil, on est foutus. Entre ces deux extrêmités, y'a plein d'idées. Matteo, 13 ans, plus intelligent que ses deux parents réunis, nous dit: "et si on abaissait le temps de travail? 1. ça permet aux salariés de récupérer sous forme de capital-temps les gains de productivité que l'entreprise gardait jalousement pour elle ces 30 dernières années afin de favoriser ses actionnaires. 2. ça permettrait aussi de sortir de la tyrannie du productivisme-consumérisme en favorisant le tiers secteur avec le gain de temps libre. 3. Comme le nombre d'heures travaillées, calculées en milliard, baisse de manière catastrophique quand le PIB est stable, la répartition de ces heures envers tous les actifs potentiels favorise l'idéal d'égalité de notre pays." Matteo oublie bien sûr que certains secteurs comme la santé, la restauration ou le BTP seraient dans la merde: ils manquent de main d'oeuvre. Il oublie aussi de dire qu'a priori, les prix augmenteraient, sauf si la baisse du temps de travail permet de contracter la marge de l'entreprise plutôt que sa constance (à travers des aides adaptées). Mais bon, il est encore jeune. Léa, 8ans (et demie, elle y tient), propose un revenu minimum d'activité, avec ou sans emploi: "Financé par la sodilarité, il permettrait d'emblée de sortir de la spirale infernale du productivimse et assurerait dès le départ à chaque homme la possibitilé de vivre décemment. Le travail descenrdait de son piédestal, et l'on pourrait rélféchir à nos autres valeurs communes." Léa, tu es dyslexique, alors ne prends pas cet air supérieur! Mais tu vois juste: cette idée en effet attaque de plein fouet le productivisme, mais dans le même temps, met en danger la continuité des services: si trop de gens arrêtent leur boulot, ben, y'a plus personne pour te soigner, pour t'éduquer, etc. Comment la financer? Tout dépend du montant. Mais s'il est trop faible les gens n'en vivent pas, et s'il est trop haut, la collectivité ne peut payer. A mon avis, c'est trop brutal. Mais mon idée va dans ce sens: une sorte d'assurance-chômage élargie, qui serait avant tout financée par des cotisations des entreprises (et des cotisations des travailleurs): Toute personne sans emploi (justifiez), ou sans revenus (justifiez: étudiant précaire, membre d'asso pas payé ou au lance-pierres) touche 60% du revenu médian français, soit l'équivalent du seuil de pauvreté. Ainsi, le travail continue d'être une valeur centrale, mais on peut vivre sans, et s'épanouir sans. Bien évidemment, un complément peut être fourni par la collectivité ou l'entreprise qui décide de le faire travailler un peu. Vous noterez tout de même que c'est pas l'Etat qui vient à la rescousse, mais les entreprises avant tout (bien juteuses). Bien sûr, si ce droit est rétractable, par contre, il s'étend dans le temps (2, 3, 4 ans). On favorise un niveau de vie assez bas pour aller dans le sens d'une décroissance nécessaire qui, de facto pose la question de la consommation à outrance. Bien entendu, cela n'exclut pas plein d'autres idées en complément qui vont dans le sens de la société souhaitable! 8月6日 P***** de famille de droite de m**** ça remet à sa place de parler à des gens non-politisés (consciemment) ou politisés de l'autre bord... Je me rends compte à quel point même les plus jeunes sont parfois désespérants... Imaginez d'abord ma grand-mère parler de ceux qui "s'ils sont pas contents, qu'ils rentrent chez eux" (dans les pays du Maghreb s'entend). Parler des chômeurs comme des "profiteurs du système", parler des malades comme des "profiteurs du système" et qui c'est qui paie? "Nos impôts". essayer d'expliquer qu'il est normal de porter plainte contre les violences policières (oui, même quand on a dévalisé un commerce), car elles sont bien trop nombreuses et trop banalisées, essayer d'expliquer qu'il est normal que les gens manifestent et bloquent car la situation n'est plus vivable: Impossible. Tout bonnement impossible. Comme de faire comprendre qu'on ne peut pas faire rentrer 4 millions de chômeurs dans une brèche de 300.000 emplois, que le chômage est structurel et de masse, et qu'il faut s'en accomoder, que c'est une plaie et qu'il faut protéger les gens qui tombent dans ce filet... Honnêtement, pas facile de ne pas désespérer, car même les argumentations les plus rôdées se font face à des murs... ça m'a au moins permis de mettre à jour une forme de raisonnement par l'absurde que je trouve sympathique. Donc (attention, il faut suivre): Les arabes viennent chez nous parce qu'ils aiment notre système, qu'ils se repaissent d'allocs, de la sécu et de tout ce que les bons français paient. Il faut donc reprendre le dessus sur ces barbares qui sous-cultivés, sous-civilisés qui habitent notre beau pays. Et pour ce faire, c'est très simple: Abattons la sécurité sociale, abattons les services publics, abattons les politiques publiques, abattons toute protection sociale. C'est vrai, c'est actuellement ce que fait la droite, conjointement à l'exercice de mesures raciales, sécuritaires et j'en passe. Ainsi, on en reviendra à un système quasi-féodal, et là, devinez: Ben les arabes ils viendront plus nous emmerder, notre pays sera aussi "barbare" que le leur. CQFD p.s: ma cousine ne m'accompagne pas au camp climat -ouf, elle voulait venir avec des talons, pour "faire de la provoc'", et lancer ses diatribes anti-assistanat. A 23 ans, si c'est pas triste... 8月5日 Polarisation politiqueLa situation est grave, mais on s'en fout. Pourquoi parler de polarisation politique? Parce que c'est un élément central de la déstructuration des espaces dits "démocratiques". D'une part, le "centre" politique est de plus en plus à droite. D'autre part, la vitesse de droitisation n'est pas la même pour tous les partis: la gauche de gauche se droitise moins vite que le PS. Ce qui crée cet espace vide entre la gauche du PS et la gauche de gauche. Le premier problème posé par cette massification de la droitisation porte sur le consensus qui rend possible la vie démocratique. Les journalistes sont très majoritairement formés par et pour une idéologie néolibérale, un sens du capitalisme aigü, et un rapport à la représentativité dont ils ne peuvent se départir, puisqu'ils sont médiateurs. Le médiateur peut perdre son boulot si le représentant décide d'aller voir directement le représenté. Ensuite, le cadre de nos expériences va valoriser le confort du déjà connu, du déjà vu, et de l'existant au point de faire disparaître parfois les possibilités d'alternative. En ce sens, toujours les journalistes vont parler des mêmes sujets à échéance régulière et stable, les uns vont s'aligner sur les autres quant à la couverture médiatique d'un événement nouveau, etc., et tout cela "cadré" de manière à ce qu'un point de vue distancié soit impossible. ils bossent dans l'urgence, et leurs lecteurs/auditeurs/spectateurs ne comprendraient pas si on essayait de faire comprendre la situation plus en profondeur: les français sont des veaux, en quelque sorte. Exemple: le scandale Clearstream, traitant de blanchiment d'argent par des banques dans des paradis fiscaux, qui méritait un traitement un peu plus sérieux, qui méritait que les journalistes se solidarisent avec l'enquêteur qui subissait un grand nombre de pressions après ses révélations, a vite tourné en sitcom de TF1: Nini Talonnettes et D2V sont amoureux, mais quand se l'avoueront-ils? Morpion est-il le corbeau? l'informaticien savait-il que Nini Talonnettes et Morpion ne s'aimaient pas? Et cela, à profusion. Mais un travail de fond sur l'histoire, c'est-à-dire cette affaire de blanchiment, de corruption à très haut niveau, qui aurait dû voir s'effondrer toute la classe politique française, qui aurait dû contribuer au débat sur les fraudes fiscales et j'en passe, ça n'a jamais existé. La seule chose qui préoccupait les journalistes était: De Villepin est-il coupable d'une méchanceté envers Sarkozy??? Bref, je m'éloigne du sujet: nous sommes dans des situations où la distance critique vis-à-vis de l'actualité, de la vie politique est très difficile, donc nous partageons avec nos médiateurs nos points de vue. Seulement... Seulement voilà: Parmi les éléments politiques qui font notre culture commune, certaines nouveautés créent de la polarisation: la décomplexion umpienne et son ministère de l'identité et des expulsions est là pour le prouver! Oui, mais le pays des droits de l'homme? Oui, mais l'empathie? Oui, mais les sombres histoires du passé (rafles, dictature, haine de l'autre)? Et bien oui! En même temps que nous nous droitisons, nous pensons aussi, sans rire, que nous sommes une grande démocratie, que notre culture est meilleure que celle des autres, que la Raison combat l'obscurantisme, que la liberté est un droit fondamental (égalité et fraternité, ça fait coco), que la paix et le dialogue ont envahi notre monde et que jamais, au grand jamais on ne pourrait connaître les affres du passé, ces totalitarismes à la con, alors que nous sommes si civilisés. C'est vrai, la culture rend pacifique. La paix va contre la guerre, et plus les gens vont à l'école, plus ils se cultivent, et plus on sait que jamais la chape de plomb de la dictature ne pourra nous retomber dessus: on est sensibles et subtils, etc. Bref, nous produisons tout un socle de croyances qui s'éloigne de la réalité d'un régime ultra-violent qui a déjà déclaré plusieurs guerres: sociales, économiques, "civilisationnelles", etc. Il y a donc des éléments qui entrent en contradiction et produisent un effet de distance. Non, les autres (pauvres, immigrés) ne sont pas tous des barbares. Non, nous ne sommes pas plus civilisés que le reste du monde. Bref, la conquête de l'extrême droite par l'UMP les mène toujours plus loin: Outre les éléments cités ci-dessus sur notre supériorité culturelle, etc., il y a aussi la remise en question de tous les services publics, sécurité sociale, protection des individus. C'est-à-dire que le compromis de la social-démocratie, qui visait à faire faire à chacun des compromis, les libéraux devant accepter la protection que l'Etat accorde aux faibles, la solidarité et les liens sociaux, et les socialistes devant accepter les principes d'économie de marché, de propriété privée des biens communs (eau, électricité, etc.). Or le compromis explose car il n'est plus respecté par la droite: privatisations et libéralisations, disparition progressive de tout ce qui pourrait ressembler de près ou de loin à une protection individuelle (droit du travail, assurance-maladie, sécurité sociale, retraites, etc.), et de plus utilisation de l'argent public pour financer l'activité privée. Mais le compromis explose aussi dans un contexte de prise de conscience que ni le modèle social-démocrate, ni le modèle capitaliste (libéral ou néolibéral, financier ou industriel) (ni le marxisme, lui aussi fondé sur des postulats productivistes) ne peuvent exister sur du long-terme: ressources naturelles épuisées, crises alimentaires et énergétiques, crise de la biodiversité et catastrophes dans les écosystèmes. Le problème vient du fait que ce diagnostic, tout le monde est d'accord dessus. Tout le monde sait que le productivisme ne mène nulle part. Que l'aliénation du travail cause de plus en plus de problèmes, que le modèle de maximisation des profits individuels et de socialisation des pertes mène droit au mur. Mais les élites continuent. Alors cela crée une fracture croissante entre les "alternatifs", paléo- ou néomarxistes, écolos et j'en passe et l'idéologie dominante (et l'élite qui en tire des profits). Le scénario, tel qu'il se passe pour l'instant, poursuit une gradation: Le peuple fait grève, manifeste de temps en temps son exaspération: le pouvoir lâche un peu, puis lâche de moins en moins, pour ne plus rien lâcher ou presque. La population se montre plus colérique: par exemple, avant on manifestait devant l'entreprise lors de plans de restructuration, voire on bloquait une route pendant quelques heures. Puis cela n'a plus suffi à se faire entendre. Alors on a séquestré des patrons. ça a marché un temps, puis ça n'a plus marché. Alors on a commencé à menacer de tout faire exploser. Puis ça n'a plus suffi (cf. Estrosi et la capitulation des New Fabris). Quelle sera donc la prochaine étape? On doit déjà compter de plus en plus de suicides, de chômeurs, de malades, etc., où cela s'arrêtera-t-il? A côté de cela, et pour contenir la population et ses "accès de fièvre", on a commencé à réarmer nos flics. Tonfas, flingues. Puis flashball, maintenant LBD (avant ils n'étaient utilisés que dans la lutte contre le terrorisme), Taser, etc. Armes sublétales. Qui te dissuadent de jamais refaire une manif. De jamais exprimer ton mécontentement. Fini le glorieux temps du préfet Grimaud, mort le mois dernier, reviendrons-nous au temps de Papon et de Charonne pour autant? La terreur se déplace: ce n'est plus la mort du manifestant, mais son invalidité à vie, qui lui fait peur. Alors oui, la polarisation est de plus en plus forte. Le compromis qui rend possible l'exercice de la démocratie, c'est-à-dire le maintien de la paix, même si notre camp a perdu, c'est pas grave, car nous vivons et évoluons sur un socle commun, est en train de voler en éclat. Ce qui fait le ciment de notre démocratie s'est séparé en deux blocs ionconciliables: Oui, aujourd'hui, un Sarkozy ou un Berlusconi qui arrive au pouvoir, cela mérite presque de prendre les armes car ils nous prouvent que tout dialogue est impossible, que toute forme de compromis leur est inconnu. Ils ne font que détruire ce qui fait l'attachement du peuple de gauche à notre pays: des droits civiques, sociaux, une protection individuelle, sociale, un espoir d'émancipation, d'épanouissement. Les solidarités meurent, les services publics qui faisaient la fierté de notre société au point qu'on l'appelât "modèle" ont disparu. Quelle paix peut subsister quand il n'y a plus de socle en commun avec l'adversaire politique? Je suis bien pessimiste quant à l'avenir. Je ne crois pas au retour du marxisme, du socialisme, ou autre. Il nous faut inventer, un point c'est tout. 7月29日 Burqa J'apprends à l'instant une nouvelle étonnante: la France compte 65 073 482 habitants. C'est énorme, hein? Et j'apprends le même jour, (comme la vie est bien faite, hein?), qu'il n'y a que 367 femmes (pas une de plus ou de moins) en France qui portent la burqa OU le niqab (selon la DCRI). De là à penser que l'islamisation rampante de la France a déjà touché les points vitaux de la République, il n'y a qu'un (tout petit) pas. HAHAHA. 7月21日 La mort du parti socialiste Ah, comme ça m'a fait plaisir de voir la lettre de Martine Aubry qui disait à Valls: "le PS, tu l'aimes ou tu le quittes". Enfin, ce roquet néolibéral ultra-capitaliste "périsarkozyque" comme dit Fontenelle, devait fermer sa gueule... Que nenni! C'est qu'il recommence, et avec plein de gens proches du parti, va annonçant, non pas la fin du monde, mais la mort du parti socialiste! On a BHL, Montebourg, Moscovici, Valls derechef. En gros. Des gens de droite. C'est bizarre que quand des gens de gauche disent que le PS est moribond, on s'en fout. Quand ils sont de droite, ah là, on les écoute, ils sont en première page du Monde... En gros encore. Ces gens veulent changer le nom du PS, l'orientation du PS, etc. Pourquoi pas. Mais pas besoin d'être très intelligent pour deviner que c'est vers sa droite, encore et toujours qu'il va être tiré (Valls est loin d'avoir la réputation d'être anti-néolibéral et ne cache pas son allégeance aux pires saillies sarkoziennes). Plus précisément, et ça demande quelques efforts de neurones. J'y reviendrai probablement dans un billet ultérieur sur la polarisation politique. Le PS dérive vers sa droite depuis plus de 25 ans maintenant. Pour une économie sociale et écologique de marché, en gros. Ce que ne renierait ni le MoDem, ni l'UMP. On a donc, sur un espace politique plus que restreint, trois mastodontes électoraux. On ne peut pas avoir 3 partis qui partagent tout ou presque (heureusement que l'UMP file sur sa droite, toujours plus extrême), et par conséquent, un PS qui continuerait d'aller à sa droite, se retrouverait à la droite du MoDem... Le MoDem est aussi moribond. Alors, que resterait-il? Un PDem, ou un MoS, néolibéral, ultra-capitaliste, productiviste, qui confond PIB et bien-être, et en face, un UMP avec les mêmes caractéristiques, la décomplexion et la jouissance sadique en plus (oh un immigré qui fait "poc" en tombant du 5e étage, que c'est ludique!). Le PS ne peut donc pas, s'il veut survivre, occuper le même espace politique que les autres (ce que souhaite vivement les BHL, Montebourg et consorts): il a forcément besoin d'occuper le vide à sa gauche (oui, là, il y a un espace électoral à prendre), surtout s'il souhaite un jour regagner des élections (avec panache, s'entend, pas après un vote par défaut comme c'est trop souvent le cas). Car le PS, en continuant d'aller vers sa droite, aggrave la fracture entre les partis de gauche et lui-même, le fameux vide dont il était question juste au-dessus, qui rend de plus en plus difficile un vote PS au second tour pour les gens de gauche, voire une union de la gauche contre les assauts d'une droite toujours plus violente et cruelle. Alors oui, si le PS écoute Valls et les autres, oui, il court à sa perte. On retrouverait alors une - malheureuse - polarisation politique à l'espagnole: une droite très large (PP), un parti centriste très large aussi (PSOE), et un moignon de gauche réelle (IU). Heureusement, nous avons deux tours aux élections, notre petit plus periglioni... 7月2日 Médecins et charlatans Bon, je vais parler de moi. Souffrant de troubles non-lésionnels, qualifiés donc de "fonctionnels", ça fait un bout de temps que je ne rencontre dans les yeux des "soignants" de toute sorte que je croise qu'un vague regard bovin inconsistant, tantôt culpabilisateur, tantôt ignorant, voire méprisant, voire les trois à la fois. Comme dans toute trajectoire de malade chronique, j'ai commencé par consulté des serviteurs de la biomédecine. En gros, la biomédecine, c'est la médecine scientifique. C'est la médecine du lésionnel, pour aller vite. Donc, j'ai commencé par voir un généraliste, qui m'a orienté vers un spécialiste, qui m'a orienté vers un autre spécialiste, qui m'a orienté vers un autre spécialiste, etc. Exemple: j'ai commencé à avoir des problèmes pour me lever le matin. Ne sachant pas d'où ça venait, j'ai consulté un généraliste qui m'a envoyé vers un ophtalmo. Lui-même m'envoyant chez un oto-rhino (ORL), et je me suis retrouvé à faire des séances d'orthoptie. Bon, ça n'a pas réglé mon problème, je suis allé chez un médecin du sommeil. Une pointure dont je tairai le nom. Voyez comme c'est drôle. Ils n'ont rien vu. Malgré mes souffrances, mes troubles objectifs, ils étaient totalement dénués de moyens d'action. Mais plutôt que de reconnaître leur ignorance ou leur cécité, de dire "je ne vois rien" ou "je ne sais pas", ils ont dit "vous n'avez rien". ça fait toujours plaisir de passer pour un mystificateur. Outre les effets psychologiques désastreux sur mon estime et ma confiance en soi, on m'a retiré mon statut de malade: j'étais donc un profiteur, un malade imaginaire qui exploitait sa famille, ses amis, sa copine, etc. Et en plus, on a suspecté, pour peu que l'on reconnaisse qu'effectivement je n'allais pas bien, que je ne voulais pas guérir. C'est aussi affreusement douloureux de passer pour un mec de mauvaise foi qui ment constamment, ne fait aucun effort, est une feignasse, un faux malade, etc. Bref, la biomédecine ne couvre pas tout le champ des réels pathologiques, et quand elle ignore, elle dit qu'il n'y a rien. Donc, j'ai une petite (forte) tendance à me foutre de la gueule des médecins. Comme dans toute trajectoire de malade chronique, qui plus est "fonctionnel" (rebaptisé "psychosomatique", ça permet de t'en refoutre une couche "c'est ta faute si t'es malade, c'est dans la tête, on a toujours su que t'étais aliéné"), tu finis donc par te passer des services de la biomédecine, et en ce qui me concerne, à l'exception d'un psychiatre qui ne fait que pallier les conséquences de mes problèmes, mais qui a au moins l'honnêteté de reconnaître qu'il y a un truc qui cloche. Donc j'ai essayé des médecins "alternatifs": hypnothérapeute, kinésiologue, acupuncteur, homéopathe. Je les mets tous sur la même longueur alors qu'ils sont pas du tout pareils, mais on s'en fout. Pour être honnête: ça marche pas non plus. Pour être totalement honnête, l'hypno m'a un peu aidé quand même, mais loin de me guérir, et l'homéo je viens de commencer. ça tombe bien, c'est de cette dernière que je voulais parler. L'homéopathie. Qui s'appelle ainsi en opposition à "allopathie". soigner le mal par le mal, c'est l'homéo, soigner le mal par le bien, c'est l'allo. Les médecins normaux, sauf vaccins, sont des allopathes. Alors, les homéo sont très bizarres, sachant qu'ils sont restés dans une pensée magique qui date du XVIIIe, et donc les formes de classement des êtres humains, les affections tout ça, c'est resté pareil. Back to the eighteenth century. Et puis y'a une précaution ridicule à prendre: faut pas toucher les pastilles. Si tu les touches, elles marchent plus! Ajoutons à cela que ça joue sur la dilution, mais de manière beaucoup plus extrême que les vaccins: dilution telle que le principe actif n'est plus dans le médicament. Par conséquent, c'est juste des billes de sucre qui ont traîné dans l'eau. Je tiens à être assez précis, c'est du 15CH, la dilution, c'est comme mettre une goutte de produit actif dans la méditerranée, en gros. Donc, il en reste plus rien, du principe actif. je cite wikipédia:
Moi, qui vais donc voir tous ces médecins alternatifs pour savoir comment ils pratiquent, comment ça fonctionne, etc., je demande à la femme homéopathe que j'ai rencontré (pas de nom pour pas la ridiculiser) comment ça peut marcher sans principe actif. Sa réponse en quatre points m'a stupéfait: 1. sa soeur a été major de promo à l'INSA, docteur avec les lauriers en physique-chimie, et elle se soigne à l'homéopathie 2. Le professeur Montagnier (prix nobel de médecine) travaille sur les basses dilutions 3. La science ne sait pas tout (c'est ce qui ressemble le plus à un argument rationnel) 4. ça fait 25 ans qu'elle soigne des gens par homéopathie Les arguments 1 et 2 sont des arguments purement irrationnels dans la mesure où ils attribuent à une personne ou à une fonction la qualité d'une pratique. Or, dans une explication rationnelle, on donne des arguments, on "raisonne", ici que dalle. Le pire étant la dernière réponse: comme si la durée d'une pratique lui valait une quelconque légitimité. Si on se mettait à former des chasseurs de dragon, ça ferait exister les dragons? Bref, tout ça me mène à la conclusion qui vient: Les différences entre le médecin et le charlatan, c'est avant tout que ce dernier se targue d'un taux de guérison approchant les 100%. p.s: wikipédia encore: "Le formalisme ci-dessus peut être compris grâce à une autre approche : la dernière dilution est constituée de 99% d'eau provenant de l'eau utilisée pour diluer, et de 1% de la dilution antérieure, elle même à 99% constituée d'eau. De ce fait, si on considère les 5 dernières dilutions, la solution obtenue est constituée de : 99%+0,99%+0.0099%+0,000099%+0,00000099% = 99,99999999% d'eau de dilution n'ayant pas été en contact avec le principe actif, et de 0,00000001% issu des dilutions antérieures ayant été en contact avec le "principe actif"." Là, c'était du CH5. Avec mon CH15, ça donne du 0.0000000000000000000000000001% de l'eau de dilution qui a été en contact avec le principe actif. p.s2: Tout ça, bien entendu, devant faire réfléchir à l'efficacité symbolique et à l'effet placebo, qui sont les réels enjeux de la médecine "humaniste". 6月10日 Et si "home" n'était qu'une vaste fumisterie? Je réagis tardivement. Bon "home", le film accusé d'avoir fait gagné Europe Ecologie. Bon. Ils étaient à 15.5% la veille du film, ils sont montés à 16.2% le jour des élections. Etant donnée la marge d'erreur des sondages, ça doit être à peu près ça, et non, home n'a servi à rien. J'en profite pour faire mon écolo de base: non la France n'a pas encore pris conscience de l'importance de l'écologie. Elle n'est pas prête à se bouger, elle n'est pas prête à faire des efforts pour éviter que les générations futures en chient cent fois plus que nous. C'est simplement qu'ils sont renforcés parce qu'ils ratissent de l'extrême-gauche au modem, et les analyses des intentions de vote et autres conneries me le confirment. Ah, si, quand même un truc intéressant: ils ont su mobiliser des abstentionnistes. Bref, je reviens sur "home". Déjà, les qualités: belles images. euuuh. c'est tout. la bande son est pas terrible. Luc Besson aurait pu faire mieux. La voix-off est pas terrible. Bon, c'est toujours mieux qu'Aimé Jacquet dans les pubs Flunch, mais ça manque de charisme. Le texte est intéressant par contre. Il nous apprend que tout est dans tout et vice versa, et je lui en sais gré. Par contre, comme dans les très mauvais films, y'a un décalage entre le son et l'image. Mais pire encore que ce que vous pouvez imaginer: ce que vous voyez n'a strictement aucun rapport avec ce que vous entendez. C'est comme allumer RTL en regardant ARTE sans le son. Autre truc qui m'a choqué, et je suis pas le seul. Le financeur est PPR. Pinault, quoi. Il tient à le faire savoir. c'est pas grave pour l'instant. PPR étant une putain de multinationale, il a plein de succursales. Beaucoup sont des marques de luxe. Il a tenu à le faire savoir. Donc, t'as une trentaine de marques qui s'affiche à l'écran dès le début du film. Et ces marques se mettent à danser ensemble et à écrire le mot "home" à l'écran. "home": la planète. Nan, juste au cas où: gucci et balenciaga en ont quelque chose à foutre de la planète??? est-ce que les sponsors sont les seuls à être habilités à représenter le sort de la planète? il se fout de la gueule de qui? Il aurait fait écrire "home" par des enfants indiens, chinois, africains, ceux qui fabriquent les lunettes Gucci, là, ça aurait eu de la gueule. Il aurait fait écrire "je vous encule" par la ronde des marques de luxe, là aussi, ça passait super bien, on sait très bien ce que représente la plèbe qui gagne moins de 30.000 euros par mois. Mais le mauvais goût de faire écrire la planète terre par une poignée de marques de luxe, ça marque juste le fait que la planète est encore victimes de privatisations: celle des bonnes volontés supposées, et celle de toutes les ressources que l'homme n'a plus à sa disposition. Merci PPR. p.s: je regarde "The goode family". Une série américaine par les créateurs de Beavis et Butthead, pour ceux qui connaissent. Sauf que là, c'est une famille d'écolos végétariens. C'est assez sympa sauf que ça fait passer les écolos pour des malades mentaux, héritiers d'un christianisme de la repentance, du ressentiment, de la culpabilité... C'est un peu exagéré... mais ça va dans le cadre de l'adaptation du fameux "what would Jesus do?" en "What would Al Gore do?". Rien que pour ça, je me marre comme une baleine. 6月8日 rhââââ pas le temps!!!Au cours de l’année 2008 sur 535 votes au Parlement
européen le PPE (la droite) et le PSE (les socialistes) ont émis un
vote différent dans 18 cas seulement... 5月26日 phrase qui devrait faire réfléchir "Si tu ne viens pas chercher de l'intellect dans la politique, alors vas faire du sport" (elle n'est pas de moi ni de quelqu'un de connu, mais elle est magnifique) 5月18日 quelques minutes de réflexion s'imposent... "Interrogés sur les meilleurs moyens de faire entendre leur opinion par
les responsables politiques, les Européens ne plébiscitent aucun des
items suggérés : adhérer à un parti (13 %) ou à un syndicat (10 %) ne
séduit pas plus que manifester (11 %), signer des pétitions (14 %) ou
s'exprimer sur des blogs (13 %). Participer à des débats publics ne
rallie pas grand monde (20 %), tandis que les formes d'action plus
conflictuelles comme la grève (7 %) ou plus radicales comme le blocage
des activités économiques ou des moyens de transport (4 %) restent très
marginales. Seul le vote emporte une sorte d'adhésion relative (46 %)." Et comment vous voulez atteindre une masse critique pour changer les choses avec une population aussi désenchantée, sans aucune illusion, qui va au casse-pipe la mort dans l'âme? A quoi ça sert de manifester, de signer des pétitions, d'écrire sur ce blog, de faire des débats, d'appeler au blocage des activités économiques du pays? A rien si on ne représente que 4% de la population. On pourrait juste espérer que si certains se mettaient à faire bouger les choses, un certain suivisme s'emparerait des citoyens, et le mouvement pourrait ainsi continuer, s'amplifier, trouver des solutions aux multiples crises qui traversent notre monde. Seules les urnes peuvent être un lieu de victoire? Malheureusement, elles ne le sont même pas pour la moitié des européens. ça ne suffit pas à rendre nos représentants légitimes. Un grand bol d'air frais. L'an 01. voilà ce qu'il nous faut. 5月13日 Partage de la valeur ajoutée: le rapport Cotis En tant que non-expert, mais en tant que citoyen militant, engagé, je me permets de commenter ce rapport. Tout d'abord, je suis effaré, sur le cul, et j'en passe, de constater que les journaleux n'ont aucun esprit critique (De Libé au Fig, je ne vais ni plus à gauche, ni plus à droite). Pour une profession intellectuelle, ça la fout mal... Le premier exemple, bien entendu, c'est qu'ils relaient tous, tout fiers, que la part des salaires n'a pas bougé depuis 20 ans. C'est assez dingue, parce qu'il y a quand même un quasi-consensus, une grande majorité d'économistes (en gros, tous sauf Denis Clerc...) qui considère que la part des salaires dans le PIB a chuté d'une petite dizaine de points (si le lien ne marche pas, essayez celui-ci.)en 30 ans. ça fait 180 milliards d'euros de salaires en moins par an, perdus. Sachant que le rapport Cotis nous annonce que 49% du salaire est "socialisé" (je caricature), ça voudrait dire que 90 milliards d'euros seraient disponibles pour abonder les retraites, la sécu, le chômage, l'assurance-maladie, etc... Mais bon, là n'est pas le sujet. Le sujet, c'est les 3 tiers.On sait maintenant comment est répartie cette plus-value: 57% pour les investissements, 36% pour les actionnaires, 7% pour les salariés. On peut se plaindre de la faible part qui va aux salariés, mais ce n'est pas suffisant. Il faut remarquer que les profits sont quasiment à leur place, en fait, d'un point de vue sarkozien, ils représentent à peine plus du tiers de la plus-value. Pour rééquilibrer le reste, c'est donc aux investissements qu'il faudrait prendre: leur enlever 24 points pour les refiler aux salariés. Voilà comment pense Sarkozy. Or, une telle opération serait un suicide économique: une entreprise qui ne peut plus investir, meurt. Un sous-investissement fait perdre compétitivité, et j'en passe. Donc, c'est un raisonnement anti-économique que Sarkozy nous tient qui cherche à mettre la France en péril. Alors que faire descendre de 24 points la part qui revient aux actionnaires permettrait d'augmenter les salaires de 10% (et ne nuirait pas au développement économique). Elle est pas belle, la vie? 5月12日 Après les banques, l'énergie? Oui, et dès que j'ai des revenus stables et un taux d'endettement faible, je prendrai comme fournisseur d'électricité Enercoop. Greenpeace a fait une étude très claire sur le sujet: "Selon le classement Écolo Watt de Greenpeace, Enercoop apparaît de très loin comme le seul fournisseur d'électricité à proposer aux consommateurs une offre écologique sérieuse. À part GEG Sources d'énergies, qui atteint un niveau moyen, tous les autres opérateurs réalisent des performances globales mauvaises (Poweo, Electrabel, Gaz de France), voire catastrophiques (EDF et Direct Énergie)." « À part Enercoop, qui s'approvisionne directement et à 100 % auprès de producteurs d'électricité d'origine renouvelable, la plupart de ces entreprises sont pénalisées car elles se contentent de revendre l'électricité achetée à EDF et principalement produite à partir du nucléaire, explique Frédéric Marillier. Or ce n'est pas parce qu'elle n'émet pas de CO2 que la technologie nucléaire est respectueuse de l'environnement ! » http://www.revolution-energetique.com/ecolo-watt/ecolo-watt-rapport-complet.pdf Eh oui, car Enercoop, c'est exclusivement des énergies renouvelables! C'est un peu plus cher que chez EDF, mais on a la conscience tranquille! oui, ça arrive, un peu de patience... Décidément, depuis que je me suis rendu compte que ma banque était un gros truc antisocial et fauteur de troubles, générant de la crise et de la précarité, de l'insécurité et de la cruauté (c'est la BNP, pour ceux que ces qualificatifs ne suffisaient pas à aiguiller dans la bonne direction), je sais que je dois en changer. Et je n'ai rien fait. Que manque-t-il au passage à l'acte? Un accompagnement, peut-être. Le coup de tête du "je ferme mes comptes, merci, au revoir". J'en profiterai probablement cet été: j'aurais moins de cours, voire pas du tout, donc je ferai un changement à ce moment là. Je pense que ce sera le crédit coopératif. La Nef, c'est un peu trop pour financer des projets, investir ici ou là, ce qui n'est pas encore mon cas. En tout cas, ATTAC n'arrête pas de faire savoir que les citoyens actifs et conscients se posent des questions sur ce système bancaire qu'ils favorisent parfois sans le savoir: "Sans attendre de futurs et éventuels changements politiques, beaucoup de citoyens veulent agir ici et maintenant pour manifester concrètement leur refus du monde tel qu'il va et leur volonté d'alternatives. Le système bancaire est au coeur de la crise et continue à défrayer la chronique par des scandales permanents. En tant que clients d'une banque, les citoyens disposent d'une arme potentiellement efficace s'ils l'utilisent nombreux : la migration de leurs comptes vers des banques « propres » et solidaires." Et ils renvoient aussi à ce lien des amis de la terre qui évalue selon leurs performances écologiques les principales banques françaises: "la Nef (institution de finance solidaire) est la banque la plus écologique, suivie du Crédit Coopératif (banque au positionnement social). Ce sont les deux seules banques à avoir la moyenne. Suit le groupe Banque Populaire, au résultat acceptable (4,1/10). Toutes les autres banques ont des résultats extrêmement insuffisants (inférieurs à 2,4/10) : Caisses d’Epargne, Crédit Agricole-LCL, HSBC, BNP-Paribas, Société Générale, Crédit Mutuel-CIC. La Banque Postale n’a pas de notation car plusieurs critères clés ne lui étaient pas applicables au moment de l’étude." Alors oui, ça arrive, mais attendez un peu. Il faut que je prenne une grande inspiration et que je me jète à l'eau! 5月10日 le NPA et le refus de la réalité: pureté et idéologie Je reviens sur les européennes et la division de la gauche de la gauche. On ne peut que féliciter Christian Picquet d'avoir eu le courage de s'allier au front de gauche malgré le refus massif du NPA d'unir ses forces avec les autres forces de gauche. « Il est inenvisageable d'accepter que des intérêts de parti prévalent sur l'intérêt général du peuple de gauche » et j'oserai rajouter "du peuple tout court". On est tellement nombreux à attendre un changement, à partir d'une communauté de croyances, d'actes et de discours prônant l'autogestion, la coopération, la solidarité, etc. Mais j'ai trouvé un autre article intéressant, où tout était dit, extraits choisis: «Dites-moi que je rêve. On est en train de crever et ils font des simagrées : “Non pas eux, ils ont couché avec le PS et vont peut-être recoucher avec le PS”. Ah ! les soi-disant purs !» « Sur l'Europe, (…) les convergences étaient, me semble-t-il, plus fortes que les divergences. Refuser une alliance, seule à même de donner à réfléchir aux partisans de l'Europe libérale (PS compris), constitue une faute politique majeure. Il est souhaitable que le NPA l'expie dans les urnes… » C'est tellement convaincant que le NPA s'est fendu d'une petite bafouille, à l'adresse du journal le Monde, que celui-ci n'a pas jugé opportun de publier, mais que l'on trouve sur le site du NPA. Vous verrez qu'après les quelques cris du coeur qui apparaissent ci-dessus, les arguments sonnent faux: "Elle impose de s’interdire des « coups électoraux » porteurs d’illusions mais sans effets sur la réalité d’un système qui exploite les humains et la planète." ce qui veut dire qu'elle s'interdit tout succès sous prétexte que, attention, il pourrait y avoir désillusion, le soufflet pourrait retomber (moi, je ne connais pas de soufflet qui ne retombe pas). Vous remarquerez le courage politique de cette tribune, le volontarisme, l'envie d'unité, l'envie de sortir le monde du capitalisme. "Hier, nous avons enregistré le bilan catastrophique de la dernière présence du PS au gouvernement, une participation dont le PCF et les Verts partagent la responsabilité" Vous aurez pu observer aussi que, si le PS a un bilan négatif, cela veut dire que rien de bien n'a été fait pendant le gouvernement Jospin. Que tous ceux qui ont aidé à gérer le pays avec le PS, PCF et verts en ressortent aussi contaminés. Il y a cet effet de contagion dont parlait un des mecs dans l'article cité. C'est assez pathétique (j'aimerais aussi souligner avec moulte insistance que les eurodéputés que la LCR a eus s'étaient blottis contre ceux du PC sans épidémie). Si l'on doit souligner que RMJ a travaillé au parlement à Genève (et au gouvernement, bah, il est tout souillé), que reste-t-il du NPA? Doit-on encore leur faire confiance? RMJ n'aurait-il pas contaminé Besancenot, Bensaïd, et tous les autres? "Si « une occasion historique a été manquée », ce n’est pas notre fait." Et les voilà qui annoncent que c'est le PCF-PG qui a refusé l'alliance. Alors que... bizarrement, ce sont eux (NPA) qui disent refuser toute discussion tripartite. Belle ambiguïté. Alors que c'est bien le CPN qui a refusé l'unité à plus de 90%. Mentir aussi effrontément, les yeux grands ouverts en disant "si, si, je t'assure, c'est pas moi, c'est l'autre", ça me donne envie de les baffer... Ils affirment que le PPLD et les OC ne sont pas intéressés par les élections, alors qu'ils ont refusé qu'un OC soit tête de liste chez eux (NPA). bizarre, bizarre... Je trouve que c'est véritablement du foutage de gueule. Ce souci de pureté et d'intégrité, alors que pardonnez-moi, ils sont bien souillés quand même, chacun à avoir traîné, trafficoté avec l'ennemi (regardez le TCE, par exemple). Ils sont les premiers à être contents que dans la rue, la gauche soit rassemblée, mais apparemment, les urnes, c'est pas pareil. Et franchement, là, le "peuple", il en a ras le cul de cette division, et il serait peut-être temps, vues les convergences et l'agressivité du néolibéralisme, de se fédérer un peu plutôt qu'à essayer, chacun dans leur coin, de récolter des voix... Quand on est de gauche, on sait que c'est en mutualisant les chances et les risques que l'on vaincra. Bizarrement, le NPA l'ignore, et pense encore qu'ils vaincront seuls, ou qu'ils mourront impurs. La différence, cette impureté politique, doit être acceptée: il faut apprendre à négocier, à respecter l'autre dans ses différences et essayer d'avancer ensemble. Donc, contre le discours du NPA: si, il faut transiger. Il faut faire des compromis. Il faut de la diversité à gauche, une diversité d'opinions à l'intérieur d'une communauté de pensée, visant un monde commun. Bien que nous soyons globalement d'accord sur le monde commun, ce sont les relents d'idéologie des bréviaires marxistes et de leurs exégèses qui posent problème... Il faut se débarrasser de ces saloperies de bréviaires, de vulgates, et repenser les mots qui permettent de construire un nouveau "sens commun" qui transcende des clivages idéologiques qui ne tiennent que sur de la sémantique. A bon entendeur... 5月8日 Il faut buzzer pour avoir du succès...http://www.youtube.com/watch?v=hSxtCfPlCFI Vous ne le regretterez pas! Les petits riens qui changent tout. Pas de grand discours, pas de prise de tête! Juste une rencontre avec Christian Jacquiau et sa critique de la grande distribution, et du monde qui va avec! six petites vidéos qui vous expliquent tout simplement ce qui ne tourne pas rond, et ce que l'on peut faire pour éviter la catastrophe. p.s: je ne sais plus comment je l'ai découvert ce type. Ptètre que c'est un pote décroissant, ou ptètre que je suis tombé dessus par hasard... Bref... 5月6日 La vie en rose et bleu, en noir et blanc. Ben voilà, fallait que ça sorte, attention, ça fait mal, va y avoir des insultes, des grognements, et j'en passe. Il paraît qu'au NPA, les féministes font des réunions non-mixtes (des mixtes aussi, hein, mais aussi des réunions non-mixtes). Ah vous comprenez pas encore. féministes = femmes, en l'occurrence. Non-mixte veut dire: sans hommes. En passant au CASC, centre autogéré social et culturel (y'a plein de gens sympa, des réunions animées, tout ça), je vois une affiche pour un festival ou une semaine de réflexion, et je vois en gros une ligne de démarcation avec les débats mixtes et les débats non-mixtes. Là, je tilte. Je me dis qu'il y a un bug. Donc, j'ai cherché partout cette affiche, et je la trouve pas. Par contre, dans mes recherches, je suis tombé sur un article assez récent d'une toulousaine expliquant son affection pour les réu non-mixtes. C'est assez affligeant. Au début, l'argumentation est presque sensée: dans les réunions mixtes, il y a des hommes. Parmi les hommes, il y a des parasites. Donc: UN qui drague, genre la femme est une "moule géante". UN qui tape la discute (notez tout de suite que l'homme qui tape la discute n'est pas un mec qui cherche à faire connaissances, à installer une forme de convivialité, mais un mec qui coupe la parole, parce qu'il est dominant: TOI, JANE, MOI TARZAN) UN qui regarde les filles s'embrasser, le regard lubrique. RHHHHHA! Ne discutez pas! Un homme qui regarde un couple se faire des bisous a TOU-JOURS le regard lubrique, un point c'est tout! ET celui ou celle qui lui dit quelle est la norme de comportement. (ces connards et ces connasses hétérocentré(e)s, vous remarquerez tout de suite que si vous êtes hétéros, toute phrase a une portée morale et paternaliste, alors que la féministe ou la lesbienne, elle, quand elle parle, elle résiste. Ah la facilité) Zieutez bien. C'est pas mal, d'un côté, pas de généralisation, donc pas de stigmatisation: eh oui, il y a des cons partout, et puis on est jamais aussi bien que chez soi, pas vrai? Alors, vous sentez la rengaine: mais, si ces comportements sont marginaux, pourquoi, grand diable, pourquoi les interdire aux hommes? Déjà, entrevoir la possibilité qu'un homme puisse être féministe, c'est impossible. ça dépasse les capacités de réflexion de ces gens-là. Pourquoi? parce que le mec, domination masculine oblige, va forcément se conduire en dominant. Parce que la norme dominante, con comme il est, l'homme, il ne la voit pas. Ben oui. Et comme l'hétéro ou l'homosexualité, la violence sexiste, ça s'attrape comme une maladie, voyez, une fois que vous l'avez, c'est à vie, impossible de s'en débarrasser. Alors savoir en plus que ces femmes se prétendent anti-sexistes, ça fait mal au cul: j'ai jamais vu d'antisexiste exclure toutes les personnes ayant les mauvaises dispositions biologiques. Alors oui, au début, le vote ne concernait que les hommes, on était ultra-sexistes, on excluait. On est toujours sexistes (femmes et hommes confondus), et il reste des barrières à faire tomber. En étant sexiste? là, y'aurait un bug que ça m'étonnerait pas. Continuons le texte de notre amie: (j'oublie le passage sur le mec bourré: la femme ne boit pas d'alcool) Donc, y'a des parasites. Mais comme ton parasitisme, tu le portes pas sur la gueule, on n'a pas le choix, le filtrage est impossible, on t'exclut. En fait, tu le portes sur la gueule: tu es un mec. Et certaines caractéristiques physiques font que... ben ça se voit. Donc: out. Mais là, elle fait un truc magnifique, parce que c'est un peu lèdge, tout de même comme motif d'exclusion: Le choix qu'elle n'a pas vient du fait que l'homme est une sale race (elle-même emploie le terme de race pour parler de la différence hommes/femmes), pernicieux, il avance masqué, il trompe l'ennemi: "souvent celui qui va pas boire et gueuler, il va te draguer, celui qui est pas violent physiquement il va te faire la leçon de morale, celui qui est discret, il va quand même violer sa meuf". En fait, LE mec est ambivalent. LE mec est toujours un enculé: s'il n'a pas un défaut, il en aura un autre. Celui qui est discret, matez: il va quand même violer sa meuf. (oui, le mec est hétéro, forcément) Et regardez, hein, c'est pas juste les cons, ça concerne tout le monde: "même mes potes mecs se retirent pas totalement de la tête que j’appartiens à une autre race qui a de fait moins de droit, de légitimité, ou alors, que je suis quand même, au fond, faite pour être baisée." Eh ouais. Impossible de se racheter. Tous des salopards. Même ses potes. Même moi, si ça se trouve (oui, enfin bon, en ce qui me concerne, qui en douterait?). En fait, on s'aperçoit assez vite que, ben c'est naturel quoi. On a presque l'impression que parce que t'es un mec, hétéro de surcroît, tu es forcément une enflure, une raclure et pire que tout, c'est comme ça. Quand t'attrapes l'hétérosexualité comme on attrape la grippe A, ben t'attrapes aussi l'enflitude et la raclitude. Ou alors c'est dans les gènes. On va pas chipoter, de toute façon: nous autres, zhommes, nous sommes des salauds. Parce que là où il y a des hommes, y'a forcément plus de cons qu'ailleurs. C'est même sa conclusion. Les fêtes non-mixtes sont moins remplies de connards patentés que les fêtes mixtes. Comme si les lesbiennes, les femmes hétéros et j'en passe n'étaient pas aussi des con(ne)s. Comme si on devait porter un poids plus lourd, et que de l'autre côté la prairie est bien plus verte, en paix avec soi et j'en passe. L'antisexisme utilise le sexisme (les hommes et en plus les hétéros) pour se prévaloir de ses droits, utilise le communautarisme, et l'exclusion forcée pour débattre, pour penser, pour faire la fête etc. ça permet d'avancer, ça? Cette intolérance va souvent de pair avec une croyance que, puisque la norme est à l'homme hétéro, blanc, de classe supérieure, travaillant dans le tertiaire, rurbain, ben on est tous pareils. Un homme hétéro est un homme hétéro, donc un connard. Il a jamais réfléchi à la question de comment vivent les femmes, il a jamais réfléchi à la question du genre, i.e la construction sociale des identités sexuées, l'hétéro peut pas être féministe, puisque c'est lui qui porte la domination masculine. Comme si les femmes portaient pas la domination masculine elles aussi. Comme si elles n'en faisaient pas le jeu parfois. Et puis qui dit domination dit agressivité et violence aussi. Et qui dit que c'est l'homme hétéro qui a ces traits de caractère, dit aussi que les femmes sont à l'exact opposé. (ô joie, en me relisant, je m'aperçois que l'auteure de l'article a les mêmes préjugés sexistes que ceux qu'elle combat) Bref, penser les genres, penser les sexualités, les identités, en dehors des canons débiles "hétéros", "homos", "bi", et le fait que la diversité et les variations sont quasi-infinies, c'est résolument ce qui manque aux féministes. p.s: C'est à l'origine, ici que ça se passe: http://www.gendertrouble.org/article165.html Donc, j'en rajoute une couche: "gender trouble", titre d'un bouquin de Butler. Phénoménal. Excellent. Je pense qu'il a fait beaucoup de bien à ceux qui l'ont lu. Et qu'il les a fait réfléchir. Là, dans l'article, pas de question de genres, qui remplaceraient la question du sexe biologique, et donc, pas de révolution des regards, auquel appelle une autre fille sur ce site. Mais c'est à leur propre révolution des regards concernant les hommes que je les appelle. Donner l'image du beauf, ou l'image du dragueur (la femme ne drague pas, c'est bien connu. Mais je me demande comment deux lesbiennes font pour sortir ensemble: elles se disent bonjour et elles s'embrassent goulument, oh non, pardon, elles se "séduisent"!) Allons au-delà: le vécu des inégalités entre hommes et femmes, l'oppression subie justifie la non-mixité. Mais quelle connerie. Elles comprendront donc jamais qu'il faudrait déjà que les hommes se rendent compte de leur comportement "oppressant", et que justement en les mettant devant le fait accompli, c'est mieux? elles comprendront jamais d'où vient cette oppression, comment la combattre si des hommes ne viennent pas s'expliquer sur leurs comportements, ne viennent pas parler de l'oppression qu'ils font aux femmes. Et puis c'est aussi l'occasion, puisque la séparation des sexes est aussi forte, aussi polarisée, avec une communication aussi faible, de laisser la parole aux hommes qui sont oppressés, eux aussi: par d'autres hommes, mais aussi par des femmes, il faut aussi en parler. C'est aussi l'occasion de lever des malentendus. L'antisexisme, c'est avant tout ne pas exclure l'autre en raison de son identité sexuée ou sexuelle, et c'est aussi essayer de comprendre et lutter ensemble pour se reconnaître mutuellement. Ne soyons pas idiots: les violences sexuées existeront toujours, tant qu'on fera des différences entre les hommes et les femmes: parce qu'une femme se moquera des hommes (vous savez, la fameuse "castration", dont on imagine pas l'ampleur des dégâts, grand impensé de la lutte contre le sexisme), parce qu'un homme se moquera des femmes (grosse culpabilité des hommes), parce que des hommes se moqueront d'autres hommes (référence au genre cette fois) et idem avec les femmes. Parce que dans toute construction il y a des normes, et qu'il y a des normes dominantes. Mieux vaut en rire que s'en foutre. P.s2: j'hésite à leur transmettre, tiens. p.s3: eheh: j'imagine les cris d'orfraie à l'idée que des hommes fassent des réunions antisexistes non-mixtes entre mecs, pour parler plus librement, pour pas être jugés. On y parlerait, par exemple, de la fameuse phrase que les femmes nous tiennent et qui nous bouleversent: "ben, t'es une petite nature, toi", offense à notre virilité qui nous fait nous demander: et si j'étais pédé? ;-) HAHA. P.s4: je n'arrête pas de me marrer: "Un bon hétéro-flic est un hétéro-flic mort." a dit la même. c'est pas flic hétéro, c'est l'un ou l'autre. Un bon hétéro est un hétéro mort, si je ne m'abuse. violence sexiste, agressivité, virulence, menaces. Elle parle aussi d'apartheid. Dieu sait que les mecs ici sont chiants avec les meufs. Dieu sait qu'ils sont cons, ceux qui font "eh psst, mademoizelle, vous êtes trop charmante" en les matant comme de la viande. Mais aborder ça de manière détendue en ne cherchant pas l'apartheid, et en disant: "m'intéresse pas, ciao" avec un sourire, ça passe beaucoup mieux. Comme pour les vendeurs ambulants, comme pour le reste: il s'agit pas de baisser la tête, simplement de ne pas chercher où se cache la force et la domination partout. le sourire est un bouclier, je lui conseille d'essayer. ça dévie toutes les flèches. 4月17日 quelques nouvelles...J'apprends, entre autres, que ma banque est l'entreprise du CAC qui a le plus de filiales dans les paradis fiscaux. Je cherche à changer de banque. La nef, le crédit coopératif, ou autre chose, si vous avez des suggestions. J'apprends aussi que 46% des français, ou un truc du genre, ne veulent plus entendre parler de la crise dans les médias. Dans le même temps, le n° du Point, de cette semaine, se permet d'avancer l'idée que la crise serait déjà terminée. Magnifique. En 2007, vous avez un mec qui se fait élire pour le pouvoir d'achat. Il augmente celui des 0.1% des français les plus riches pendant qu'il appauvrit les plus précaires et les classes moyennes. Et ces gros connards, majoritaires, veulent maintenant qu'on leur parle d'autre chose, comme si la réalité avait changé du jour au lendemain (alors qu'elle a quand même sacrément empiré), comme si c'était pas le déterminant majeur aujourd'hui de toutes les actualités... Merde. J'apprends aussi que Chirac est la personnalité politique préférée des Français... Est-ce parce qu'il n'est plus en exercice??? Je constate aussi, en regardant le classement, qu'Arlette (12e) est mieux vue que Besancenot (17e). Je constate que notre président est 33e. Ségolène Royal, 36e. Arlette, Laguiller, pour ceux qui connaissent pas, est la première gauchiste du classement. Par gauchiste j'entends: "personne de gauche non social-démocrate", i.e. ne croyant pas dans les vertus magiques du marché. La lose totale. Déjà, quasiment pas de gauchistes dans le classement, et le pire, c'es que c'est pas la meilleure qui arrive en tête... Une bonne nouvelle: L'Allemagne applique la clause de sauvegarde sur le MON810 (maïs OGM de Monsanto), et ça fait trop plaisir. Ils s'appuient sur deux nouvelles études dont j'attends impatiemment les conclusions! 3月28日 La VérolutionHa là là, ces gauchistes... J'étais donc avant-hier à une conférence sur les enjeux sociaux de l'énergie. Un truc lourd, présenté par une sorte de sociologue, et c'était ma foi très intéressant, tout en nuances. Mais ma petite anecdote concerne un mec qui est intervenu pendant la phase des questions, et qui m'a fait moyennement tripper. Je n'ai su que plus tard qu'il faisait partie du collectif de la vélorution, et apparemment, c'est pas le militant de base. Donc, alors que la discussion portait sur les différents aspects menant à un changement technique et comportemental, donc, questions de pédagogies et de taxes, ce mec enrage, du fond de la salle, pour dire, tenez-vous bien: "mais vous parlez des bagnoles, si on doit taxer celles qui polluent plus que les autres, mais c'est pas ça le problème!!! Le problème, c'est la bagnole! C'est des saloperies!!! La bagnole pollue, aliène, elle est dangereuse! Il faut supprimer les voitures, on peut très bien vivre sans! La bagnole rend les conducteurs agressifs et violents!!! Les cyclistes sont ghettoïsés, sur des pistes cyclables, que j'appelle des couloirs de la mort..." Ne voulant pas passer la parole à d'autres, ne respectant pas les règles du débat démocratique, il est parti furax, après avoir insulté les automobilistes, attac, et toutes ces assoces qui en branlent pas une. C'était tout bonnement hallucinant. Le mec parle de l'agressivité des conducteurs, provoquée par la voiture, mais il ne remet nullement en question l'utilisation de son vélo quand il gueule sur une salle entière. Il parle d'abandonner la voiture, il devrait faire, comme la moyenne des français, ses 50km quotidiens pour aller au boulot. jeune ou vieux, valide ou invalide, neige ou cagnard, c'est pareil. On en rediscuterait après. Ce qui m'a néanmoins intéressé, c'est que j'ai enfin pu observer l'idéologie de "l'homme supérieur qui roule en vélo", qui se permet de renverser des piétons et de rayer des bagnoles, d'insulter les passants (ou de leur casser la gueule quand ils signifient au cycliste qu'il vient de les bousculer alors que ces derniers étaient sur un trottoir ou une voie à priorité piétonne), de cramer tous les feux rouges (donc de foncer dans les gens qui traversent la rue), parce qu'il a TOUJOURS raison. 3月18日 Tenez, c'est l'Etat qui régale! "Le chiffre laisse songeur. La répartition des bénéficiaires du bouclier
fiscal en 2008 montre que les 834 contribuables les plus riches
(patrimoine de plus de 15,5 millions d’euros) ont touché chacun un
chèque moyen de 368.261 euros du fisc, «soit l’équivalent de 30 années de Smic», a révélé aujourd’hui Didier Migaud (PS)." Voilà le début d'un article de Libé, qui, il est vrai, en cette sombre période économique, devrait raviver les coeurs des pessimistes qui hurlent à la baisse du pouvoir d'achat: Vous voyez que l'Etat intervient et redistribue les richesses, vous voyez que le pouvoir d'achat ne baisse pas pour tout le monde, voire augmente sensiblement, alors merci qui? Merci Sarkozy! Et qui ça touche mes enfants? Les pauvres, oui, les pauvres! Ceux qui touchent moins que le SMIC (mais dont le patrimoine est supérieur à 15.5 millions d'euros, faut pas déconner non plus, on veut bien aider les pauvres, mais seulement les pauvres possédants!): «Pour ces contribuables, dont la situation la plus probable est qu’ils actionnent massivement des "niches fiscales" leur permettant de réduire "optiquement" leur revenu servant à calculer le bouclier, le montant des restitutions est ainsi de 286.231 euros en moyenne pour ceux qui déclarent un revenu de 271 euros par mois» Elle est pas belle la vie? 3月17日 Une AG parmi tant d'autres Bon, juste pour dire que j'étais à l'AG du mirail ce midi. J'en ai rarement fait, mais là, c'était impressionnant. ça ressemblait plus à une Eglise évangéliste qu'à une AG, tant la part du sacré et de la transcendance était énorme. Je dois reconnaître que la procédure du vote est, toutefois, très bonne: Ne Prend pas Part au Vote (NPPV), qui est l'idée selon laquelle le vote blanc exprime une idée, et doit être respecté comme tel, ensuite l'abstention considérée comme chez nous, et les pour et contre. Donc, dans le rituel, on a des votes intempestifs pour décider de tout et rien. C'est un peu artificiel dans la mesure où l'on ne trouve pas beaucoup de jeunes UMP, Modem ou FN dans les parages. Mais ça rythme les échanges. Ensuite, tour à tour, des personnes vont exprimer leurs idées, ou faire le bilan de ce qui s'est passé. Suivi d'applaudissement, rarement de huées. Les grosses institutions (UNEF, AGET, NPA, CGT, etc.) se tirent dessus. Mais là n'est pas l'essentiel. Il y a une forme de prophétie qu'ils pensent autoréalisatrice par rapport au blocage des universités. Ainsi, la simple incantation répétée de l'appel au blocage ferait reculer la loi LRU (pour le coup, la solidarité avec les EC (enseignants-chercheurs) et personnels universitaires autres passe un peu à la trappe), puisque le blocage est pensé comme une fin en soi. C'est vraiment le truc qui m'a gêné. Dans un contexte où l'opinion publique se fout de savoir si les jeunes vont en cours ou pas, dans un contexte où les médias ont d'autres chats à fouetter, dans un contexte où les politiques se gaussent car "même pas mal", le blocage ne sert à rien, sinon essayer d'engager un rapport de forces qui tombera bon an mal an à l'eau. Quelques points intéressants: l'imagination n'est pas au pouvoir, mais certains mènent des actions originales, et ça donne à réfléchir. La pratique de l'autoréduction est assumée, et répétée. Je ne suis pas sûr que les forces de l'ordre restent longtemps stoïques par rapport à ça car ça déplace le terrain problématique de la propriété, socle du capitalisme. La convergence des luttes est du même ordre incantatoire: en s'acharnant contre la LRU, on veut aussi lutter contre la guerre, contre le traitement de l'immigration, contre les médias dominants, contre le prix du loyer, etc. ça manque d'unité et d'un combat stable et clair, délimité. Ils sont dans la lutte infinie, or, tout le monde n'est pas près à les suivre, cf. cette intervenante qui se plaignait que les étudiants de sa classe allaient en cours en dehors de l'université et n'étaient pas solidaires. Bref, on est dans le registre de la magie et du surnaturel, et au vu de ces quelques points, il me semble que le mouvement ne suit pas une trajectoire idéale. Une idée: Faire un cours d'économie alternative dans le hall d'un ESC, avec un vrai prof, et les vrais élèves (et plus encore, de manière à engorger totalement les lieux), idem dans des tribunaux (où l'accès est souvent libre, il faut rentrer petit-à-petit, deux par deux, ou un truc comme ça). Et bloquer les audiences. On rentre dans une double spirale: le maître des lieux se plaint qu'il ne peut pas exercer ou suivre correctement son boulot, alors que le prof se plaint qu'on l'empêche de faire cours. ça forcerait aussi à montrer les interdépendances entre le monde "réel" et "l'unviersité". et pourquoi pas dans un commissariat? directement! et je dis pas ça en rigolant. Bien entendu, lors de ces événements, prévenir les médias! Je terminerais donc sur un point de pessimisme: en effet, le 19 mars ne sera pas suffisant, et le gouvernement laissera passer comme de rien. Le 20 mars, on sait que tout recommencera comme avant, et là, on fait quoi? 3月15日 Le partage des richesses en 3 tiers... http://harribey.blog.lemonde.fr/2009/03/01/la-regle-des-trois-tiers-attention-danger/ je vous renvoie à cet article lumineux du co-président d'attac. Je ne commente pas, je vous laisse lire tout seuls comme des grands! Le NPA aux oubliettes (ou aux chiottes, c'est vous qui voyez) ça fait un bout de temps que l'on entend parler du "front de gauche", qui, à l'appel du PG et du PCF devait se former et former une unité politique contre le PS et l'UMP. ça a suscité l'espoir un moment, on est retournés glouglouter sur le "non" du 29 mai 2005, tout fiérots, comme des mômes. Politis, qui est une revue intelligente, clairvoyante, et que je suspecte de prescience, avait publié une tribune dans son n° 1030, pour appeler à des listes unitaires, de gôôôche, extrait (tchi-tchaaaa): " Nous en appelons donc à l’affirmation d’une gauche enfin à gauche. Qui n’oublie plus la nécessité de redistribuer les richesses. Qui soit en phase avec les aspirations des salariés, avec ou sans papiers, des quartiers populaires, des jeunes. Qui conjugue urgence sociale, urgence démocratique et urgence écologique. Qui permette au peuple d’exercer sa souveraineté dans tous les domaines. Qui place l’égalité entre hommes et femmes au cœur de son projet. Qui milite pour un nouveau mode de production et de consommation, soutenable et respectueux des équilibres écologiques. Qui promeuve la construction d’une autre Europe et de rapports de codéveloppement avec le Sud. Qui devienne, ce faisant, une véritable force." Sauf à être le(la) dernier(e) des con(ne)s, vous remarquerez le ton progressiste, oecuménique et iréniste, dirons-nous, de cet appel. Y'a plein de gens qui l'ont signé, à raison, car c'est par l'union et la solidarité que l'on s'en sortira. Si la diversité de la gauche de gauche est une richesse, c'est aussi la cause de son malheur: cacophonie, intérêt personnel, dispersion, et elle ne représente pas une force alternative. La condition nécessaire, sine qua non, pour en faire une force alternative qui inspire le citoyen, c'est une unité, c'est une représentativité, qui peut susciter une lueur d'espoir contre la peste (UMP) ou le choléra (PS). Un rassemblement des forces politiques de gauche aurait le mérite de faire entendre une voix. La voix des sans-voix, la voix des gauchistes stigmatisés, qui pensent que non, ce n'est pas le meilleur des mondes possibles, et si, on peut changer les choses en mieux, sans revenir à Hitler ou Staline. Les gens en ont ras-le-cul de cette dispersion, du chacun pour soi dont fait preuve la gauche de gauche. Déjà en 2007, PCF, LCR, antilibéraux, Verts avaient fait bande à part, et quel fiasco! Non, il faut faire entendre un message différent, et ce n'est possible que si une nouvelle force émerge qui change la donne politique et décentre un débat tenu entre quelques mains expertes et savantes, mais bien trop paresseuses. Or, j'en reviens au sujet de cet appel unitaire, du "front de gauche", qui apparaît bien dégarni. Déjà RMJ (Raoul-Marc Jennar, du NPA dorénavant), a refusé de signer l'appelr à l'unité sous le prétexte, lisez-bien, vous allez vous marrer, que " parmi les signataires qui invitent à signer se trouvent au moins un partisan du TCE". Ben oui, y'a que les cons qui changent pas d'avis, mais il faut bien se démarquer des autres avec des propos fallacieux. Le texte de Politis ne devait pas être assez clair, je suppose, mais refuser de serrer la main d'un ancien adversaire à qui l'on ne pardonne pas les fautes du passé, c'est vraiment ridicule. S'en est suivi tout un débat sur le "front de gauche" entre janvier et maintenant. C'est surtout le père Mélenchon qui aura travaillé sans relâche pour l'unité avec le NPA, qui, encore une fois, se sera servi du prétexte: "hmm, t'es un ancien du PS, t'es pas encore propre, t'es tout souillé, va te laver et on reconsidérera la question", et oui, cette intransigence avec "l'indépendance vis-à-vis du PS", comme si la convergence des luttes n'existait que dans l'entre-soi où vous pouvez vous positionner entre Bensaïd et Besancenot. On sait, maintenant, que la figure d'Olivier Besancenot est devenu un frein à l'unification de la gauche, pour des raisons idéologiques (cette fameuse intolérance, intransigence, ce côté solitaire et orgueilleux), pour des raisons peut-être aussi électoralistes (hey coco, viens, on va tester notre puissance de feu, et après, le PC viendra nous lécher les bottes), ou révolutionnaires ("le grand soir" que l'on attend vraiment depuis plusieurs siècles. Si on promet ça à nos gosses et que ça en fait des frustrés, je ne réponds de rien). Or choisir la solitude contre un ennemi tentaculaire, c'est choisir le suicide. Et le NPA a choisi: le conseil politique national (CPN) a voté: Seuls 3.7% des votes étaient en faveur de l'unité. Je pense que le résultat est clair: Le NPA a choisi l'autarcie, la désorganisation, et paraît souhaiter avec d'autant plus de ferveur que la colère gronde, que les régressions politiques, sociales et économiques se poursuivent à la Thatcher dans l'espoir illusoire d'un jour être "majoritaire". Mais on n'est pas majoritaire tout seul, Olivier. Et ton attitude de mépris envers toutes les petites mains qui veulent changer les choses ensemble a fini par me lasser. Si je souhaite que les Verts ou le Front de gauche réussisse, je te souhaite l'échec le plus cuisant de ta carrière, Olivier, afin qu'enfin, tu reconsidères l'idée de mutualiser les forces, pour sortir ce pays mais aussi l'Europe du marasme qui l'entraîne par le fond. En attendant, la dispersion politique et le peu de voix alternatives que l'on entend, qui signent la régression de ce pays, c'est aussi par ta faute, et c'est toi, Besancenot, que je tiens désormais responsable de la faillite démocratique et sociale, pour un putain d'orgueil de merde dont tu aurais dû te prémunir, au nom du progrès. Salutations militantes. 3月13日 La guerre tue (sans déconner!)Hier, j'étais à un concert de soutien à "la guerre tue", une asso antimilitariste, qui est contre la guerre, l'occupation, l'ingérence. Bon, alors cette asso, c'est la première fois que je la regarde d'un peu plus près, tout ça pour faire le mouton de Panurge avec le groupe. Le motif spécifique de cette soirée était l'opposition à la réintégration de la France dans le commandement militaire de l'OTAN. Il est vrai, toutes sensibilités politiques confondues, qu'il y a un large consensus pour s'opposer à cette réintégration. La droite utilise avec force conviction l'idée selon laquelle cela signerait la fin de notre indépendance vis-à-vis de la super-puissance USA. Bien que cela soit assez caricatural, et que, en théorie, l'indépendance de la France n'est pas remise en cause, bien au contraire: elle pourrait faire entendre sa voix pour éviter des conflits puisque toute décision se prend avec le consensus des participants. Mais en pratique, et à grands traits, cela souligne bien un alignement avec les autres grandes puissances afin de défendre les intérêts de ces mêmes grandes puissances, c'est-à-dire, grossièrement, garantir la stabilité de notre "nouvel ordre mondial" (c'est plutôt la pagaille). Enfin bref, le collectif "la guerre tue" est original. Il ne reprend pas l'argument de l'indépendance, mais martèle simplement, naïvement, et lourdement que la guerre c'est mal, et que la paix c'est bien, qu'il faut coopérer, et démocratiser les relations. Une telle avalanche de bisounours nous donne le rose aux joues: "C'est miiiiiiii-gnon" pouvons-nous dire en choeur, avec cet arrière-goût de développement géopolitique de fin de collège. Après tout, un enfant innocent, c'est le bon sens même! Avant de lire la charte et de vous la commenter, ça fait un peu penser à cette belle rebellion contre la guerre en Irak, ces manifs de dingue où on hurlait à en cracher nos tripes que cette guerre était vraiment de la merde. Apparemment, ces millions de personnes convaincues du bien-fondé (indeed) de leur position n'ont pas infléchi la marche rapide de l'armée américaine. Et là, vous avez un collectif anti-guerre, anti-impérialisme qui sert pas à grand chose, mais qui réunit à peu près tous les gosses de 20 ans qui trouvent que la guerre c'est mal, et qui ajoutent peut-ête quelques élément de vulgate marxisante, quand je suis à peu près le seul à manifester dans la rue contre le cancer, contre les catastrophes naturelles, contre les rotations de la terre autour du soleil... Tiens, d'ailleurs, ça vous la coupe: en France, 150.000 morts de cancer/an. Imaginons la même proportion ailleurs, vous verrez que votre guerre, c'est une petite bite à côté. ça mérite bien la création d'un collectif "le cancer tue", où je suis sûr de retrouver tous les jeunes qui veulent lutter contre les injustices. Mais je m'égare, revenons à nos moutons, la charte dudit collectif: Dans son premier paragraphe, elle explique qu'en gros, après la chute du mur, on est allés tabasser du bicot (c'est mal), dans une logique de choc des civilisations (c'est mal). C'est là qu'apparaît la première subtilité, pas des moindres, invoquant l'idée que c'est cette putain de guerre qui est la cause des lois racistes et liberticides. Je pense que sauf si vous êtes autiste, je n'ai pas vraiment besoin de vous expliquer à quel point ce genre de conception défie toute notion d'intelligence, et va se fourrer dans une obsession monomaniaque et monocausale sur l'origine du monde et ses développements futurs... Le deuxième paragraphe charrie aussi son lot de blagues carambar, en disant, pas pour de la fausse, qu'ils vont arrêter la guerre, mais qu'avant, il faut s'en donner les moyens. Lesquels, mon cochon? tu l'apprends plus tard: manifestations (les mêmes qui ont permis d'éviter la guerre en Irak), pétitions (les mêmes qui ont réussi à faire changer Sarkozy d'avis), boycotts (comme les chinois, on voit le résultat), etc. On peut dire que c'est du lourd, d'autant plus que, je vias vous apprendre un truc de ouf, la manif, la pétition, et le reste, c'est bon pour l'opinion publique, donc ça peut changer des politiques nationales à la con, parce que le représentant du peuple a beau être débile, il a aussi envie de garder ses fesses au chaud et d'être réélu. Mais dans le cas de la guerre, petit rasta? Que dalle. L'opinion publique on s'en balance, et plutôt deux fois qu'une! Ensuite, on arrive au premier sous-titres, qui, si vous avez le même sens de l'humour que d'autres, va vous faire pouffer grave, avalez avant de lire, vous pourriez vous étouffer: "Comprendre pour agir". C'est magnifique, ça rappelle un bouquin de Favre "Comprendre le monde pour le changer", mais ça a pas du tout la même saveur... Et là, vous avez un cours de relations internationales, je vous dis que ça: guerre = conflit d'intérêts déterminé par la super-structure économique (capitalisme) et la rationalité propre à ces conflits (on va jusqu'à supposer qu'il s'agit du néolibéralisme). Les dirigeants nous manipulent et nous imposent des schémas manichéens (je me demande si l'hôpital ne se fout pas - légèrement - de la charité), qui servent les politiques sécuritaires, alimentent le racisme, la xénophobie, etc. (Et peut-être même, mais là faudra vérifier, que c'est la guerre qui explique la politique culturelle française, mais ne nous emballons pas...) Grâce à ces deux super schémas explicatifs, la charte indique que n'importe quel militant est prêt à affronter la dureté de la vie, et d'aller prêcher la bonne parole (Sweet Lord Jesus, angel of mercy) de l'anti-guerrisme, pour en faire une question de société centrale. ("C'est miiiiii-gnon") Bon, je vous passe quelques éléments à la con, mais je note quand même le: "nous priorisons dans nos combats les questions sur lesquelles nous pensons pourvoir avoir une influence réelle". Comme disent les fatals picards: "si on chante tous ensemble, à chaque refrain on fait reculer la guerre de 14cm, et à la fin de la chanson, elle aura reculé de 2m53! Imaginons que la guerre était au bord de la piscine, ben grâce à notre chanson, elle s'est noyée!" Quant à la confusion conjoncture =/= conjecture, je dirais simplement qu'après quelques années d'existence, faut être vraiment salaud pour pas leur avoir soufflé que leur charte donnait vraiment l'air con à ceux qui savent parler français, mais on leur en veut pas le moins du monde... Le dernier paragraphe, sur l'internationalisme et la solidarité, est bien le seul qui tient à peu près debout: convergence des luttes, solidarité avec les victimes. Allez, une dernière boulette pour la fin: "Nous exprimons ainsi notre solidarité et notre soutien (qui peut-être critique, mais sans jugement de valeur) " La critique sans jugement de valeur, c'est comme le banana split sans banane, comme le train sans les rails, comme un avion sans ailes, et c'est encore un motif pour rigoler gaiement. Et si finalement c'était le but? Une bande de clowns qui se moque de nos travers de gauchistes? Bref, mon humble avis sur la question, c'est que c'est avant tout un mouvement qui sert à fabriquer du lien social entre jeunes, c'est très bien quand on se sent isolé, c'est très bien quand on est timide, c'est très bien. Ce qui me gêne un peu plus, c'est que ce mouvement, qui parle et s'agite dans le vide, sert de faire-valoir à ses leaders, qui y gagnent copieusement en capital social et en légitimité au sein du "mouvement social", ce qui a le malheur de décrédibiliser ledit mouvement par une réflexion bâclée et une rage aveugle... p.s: ce serait bien qu'ils se mobilisent pour le Darfour. Mais c'est con: ni les USA ni l'OTAN n'y interviennent, alors bon, c'est pas très porteur, comme contestation. p.s2: oh, je vais passer pour un connard, mais y'a aussi de très bonnes raisons de s'opposer à la réintégration dans l'OTAN: éviter la constitution d'un monde unipolaire, chercher à construire une autonomie de défense européenne, éviter le comportement missionnaire occidental, et puis l'OTAN entretient des relations trop indépendants avec l'ONU, une non-représentation des pays du monde entier, et puis parce que ses motifs, ses moyens d'action, ses objectifs ne sont pas les nôtres. sans compter une puissance déjà démesurée et un champ d'action global. |
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