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    August 30

    La dictature? Non, encore?

    Au vu des récentes affaires médiatiques à propos des évolutions judiciaires, vous savez probablement tous qu'une loi débile sur la récidive a été votée.

    Or un procureur aurait dit:
    "Je ne requerrai pas cette peine plancher de quatre ans, car les magistrats ne sont pas les instruments du pouvoir. Ce n'est pas parce qu'un texte sort qu'il doit être appliqué sans discernement"

    Ce qui est autorisé par la loi: Le code de procédure pénale narre, dans son article 33 des détails d'une grande importance:

    "Il [le magistrat du Parquet]est tenu de prendre des réquisitions écrites conformes aux instructions qui lui sont données (…). Il développe librement les observations orales qu'il croit convenables au bien de la justice."
    Cependant, cette phrase a été extrêmement mal vue, et a mené ce procureur à être convoqué au ministère de la justice. L'indépendance de cette dernière est donc remise en cause puisque l'Etat refuse que celle-ci ne soit pas entièrement soumise à son régime ultra-répressif forcé...

    Le bruit des bottes, etc...

    August 26

    Dictature? bis.

    Au sujet de l'enfermement à vie, vous comprenez certainement qu'un crime aussi horrible soit-il doit être puni pour une durée fixée par la justice. Dans le cas des pédophiles, il n'y a aucune raison de ne pas les relâcher, puisqu'il existe des traitements très efficaces, si la société les aide, et cela irait contre nos valeurs d'enfermer une personne simplement car elle représente un "danger": ce serait revenir au XVIIe siècle, avec le grand renfermement évoqué par Michel Foucault. La prison a deux fonctions: la première, punir par l'absence de liberté un fautif/ et protéger la société d'un individu dangereux, la seconde, le corriger, le rendre meilleur, obtenir sa rédemption pour que le retour social se fasse en paix. Or ces dernières décennies, la prison connaît surtout son premier rôle, et l'absence de volonté politique pour réinsérer les anciens détenus est nulle. On peut remarquer que de nombreuses personnes en prison ne représentent pas un danger et n'ont rien à y faire. Ensuite, il convient de regarder qu'une personne qui a purgé sa peine n'a aucune raison de rester enfermé puisque la prison est censé le réadapter, el réinsérer. ce que l'on peut voir à propos des pédophiles, de par leur caractère dangereux, et de par les risques de récidive, c'est que cette loi pourrait s'étendre à tous les délinquants (dangereux car en prison et non le contraire) et criminels, puisque le risque de récidive est très fort étant donné l'absence de porte de sortie.

    C'est donc une pierre de touche de la nouvelle dictature qu'il ne faut pas sous-estimer.

    Quant au jugement des personnes "irresponsables" (pour cause de démence, de contrainte, de l'erreur inévitable sur le droit, de l'autorisation de la loi et le commandement de l'autorité légitime, de légitime défense, de l'état de nécessité, de la minorité de 10 ans), quelques éléments méritent d'être soulignés. Il y a déjà une forme de procès, de par l'expertise psychiatrique qui est soumise à des juges et jurés. 12 personnes ont accordé le non-lieu au girondin: 3 juges et 9 jurés. Ensuite, la punition existe déjà: hôpital psychiatrique immédiat. Enfin, le manque de discernement, le fait que ces individus ne se souviennent généralement de rien montre que punir pour obtenir un sentiment de culpabilité, et donc un contrôle sur soi est illusoire. Seul soigner ces individus compte vraiment, et selon Dominique Barella, ex-président de l'Union syndicale de la magistrature (USM), c'est justement la propension des sociétés démocratiques à soigner les cas psychiatriques plutôt que les enfermer qui marque une différence avec les dictatures.

    On peut ajouter, enfin, que pour le deuil des victimes, le procès n'est pas censé être là pour cela. il remplit aussi cette fonction, et il serait bon, plutôt que de favoriser la vengeance des familles, que de chercher d'autres moyens de faire le deuil pour les victimes. rappelons que la responsabilité civile du fou existe et reste très sollicitée: il devra réparer ses actes et indemniser les victimes. Quant à ceux qui disent que ça ne rachète pas une vie, je leur signale que la prison ou la peine de mort non plus...


    On ne peut donc pas dire, même avec toute la mauvaise foi du monde, que Sarkozy depuis 5 ans, ne fait pas dériver notre société démocratique vers une société policière, dictatoriale. Ses références à Vichy, aux sociétés du XIXe (les plus inégalitaires et pauvres que l'on aie connu), ses politiques de répression, ses politiques judiciaires, ses politiques économiques et sociales sont marquées du trait du durcissement contre les pauvres, les chômeurs, les malades, les précaires, les gens qui se lèvent tôt, les personnes sans logement, etc.
    August 25

    Dictature? Pourquoi vous pensez ça?

    Je me pose de plus en plus de questions sur le régime politique démocratique. J'ai l'impression que les hommes, surtout, le caractérisent. On veut censurer la presse, on peut. On veut entretenir un climat d'hostilité envers tous les gens non-souchiens, on peut. On veut faire des rafles d'étrangers, on peut. On veut tabasser des manifestants, on peut.

    Alors que la Justice n'en a plus que le nom, qu'elle enferme les enfants de 16 ans, qu'elle multiplie les manières d'empêcher un délinquant de se réinsérer, qu'elle punit de prison ferme les manifestants, les voleurs de pommes, les pisseurs urbains, voilà qu'elle se durcit encore un peu plus, et il n'y a rien d'érotique là-dedans.

    Voilà qu'on réinstalle la prison à vie, pour les délinquants sexuels. On sait que les récidives sont dues au manque de moyens dans les politiques thérapeutiques et sociales. On sait que rien n'est fait pour prévenir ce genre de gestes, on sait que les pédophiles ne sont que partiellement responsables et nécessitent un appui, un soutien fort. Mais on ne s'emmerde pas avec la réinsertion quand Sarko commande. Il faut surtout qu'ils ne fassent pas de mal, et pour cela: hop, après la prison, on les enferme dans des hôpitaux-prisons à vie. Génial, plan diabolique qui rappelle notre XIXe siècle adoré.

    On doit rajouter à cela maintenant que la justice ne sert plus de régulateur des violences, mais de canal de transmissions de celles-ci. Alors que la justice est fondée sur la responsabilité, et que l'on trouve des gens qui ne contrôlent pas leurs actes, la justice ne peut condamner une personne qui n'est pas responsable des faits, doit prononcer un non-lieu et s'occuper de la thérapie ou du contrôle de cette personne. Mais ce n'est pas un changement de vision de la responsabilité qui a agité Sarkozy. C'est sa volonté de voir l'émotion des victimes utiliser la violence morbide pour se venger à travers la justice. Car voilà qu'il faut un procès pour des gens à qui ça ne sert à rien. Pour un simulacre de justice en plus.

    article du Monde...(25 août 2007)

    a mairie d'Argenteuil a pris un arrêté, le 6 août, pour interdire la mendicité dans le centre d'Argenteuil jusqu'en 2012. Mais elle ne s'en serait pas arrêtée là. Le maire UMP de la ville, Georges Mothron, aurait fait acheter en juillet des produits répulsifs nauséabonds pour écarter les sans-domicile-fixe du centre-ville, selon des agents de la mairie.

    "Les agents de la voirie devaient le diffuser dans le centre, où il y a des SDF, que la police municipale devait préalablement éloigner", a expliqué l'un d'eux, sous le couvert de l'anonymat. Cependant, a-t-il précisé, les agents municipaux ont refusé d'épandre ce produit, appelé "Malodore", car "le carton [de Malodore] précisait que le produit était toxique et irritant, et qu'il ne fallait pas le respirer". Les agents "veulent bien chasser des rats mais pas des SDF", a-t-il encore lancé.

    Finalement, le répulsif aurait été directement donné aux agents d'entretien du centre commercial du centre d'Argenteuil pour qu'ils le diffusent eux-mêmes. Selon la société fabriquant le répulsif, Firchim, ce produit n'est pas "dangereux". Livré sous forme de concentré à diluer et à pulvériser à l'aide d'une pompe, il laisse seulement une rémanence nauséabonde pendant plusieurs semaines.Depuis 2005, chaque été, le maire d'Argenteuil prend des arrêtés pour interdire la mendicité dans le centre. En 2005, la préfecture du Val-d'Oise en avait annulé un qui évoquait une "gêne olfactive anormale" causée par des SDF.

    August 11

    Le chômage, choix ou fatalité???

    Non et re-non! Si vous êtes venus ici pour m'entendre parler de ces feignasses qui refusent de travailler plus pour gagner plus, si vous êtes venus ici pour lire mes élucubrations tendant à démontrer que le chômeur subit l'inactivité, car il y a trop peu d'emplois, vous vous êtes grave trompés.

    Il s'agit plutôt de démontrer, à partir de discours économiques et financiers officiels, politiques et médiatiques, que la croissance du marché de l'emploi est un cauchemar pour gens bien nés. La baisse du chômage représente même pour certains un risque, et ce terme même de "risque" est repris et répété à longueur de discours dans les prospectives de progrès des actions de telle société en bourse.

    Mon discours, typique de l'extrêmiste qui interprète tout en complot mondial, tentera de vous expliquer de manière claire et grand public ce que nous racontent les blogs et sites de Guillaume de Baskerville (http://lenairu.blogspot.com/), et accessoirement le site http://www.actuchomage.org.

    Nombre d'extrêmistes comme moi "sentent" et "ressentent" que le chômage de masse arrange forcément certaines personnes, que cela arrange clairement les entreprises qui peuvent recruter pour de faibles rémunérations (car toutes les entreprises cherchent à faire baisser les coûts de production tout en augmentant la productivité).
    Bien entendu, en parler dans les dîners mondains (l'altermondialisme aux œufs d'esturgeon) ne fait que confiner au ridicule tant que les preuves ne sont pas admises.
    Voilà que vous pourrez briller lors de ces dîners et en épater plus d'un.

    L'explication principale s'explique à partir de 2 termes clés qu'il vous faut obligatoirement connaître (et que vous connaissez déjà si vous avez fait de l'économie au lycée comme à la fac): Le NAIRU (Non Accelerating Inflation Rate of Unemployment. «taux de chômage non accélérateur d'inflation») et l'inflation (hausse du niveau général des prix dans l'inflation).

    A l'origine était Philips, qui inventa la courbe qui porte dignement son nom. C'est très con, mais (c'est libéral) donc facile à comprendre: Moins il y a de chômage, plus le prix de l'emploi devient cher: Plus un bien est rare, plus il est cher. On peut aussi l'expliquer par la loi de l'offre et de la demande: Plus il y a de demandeurs et moins il y a d'offreurs de travail, plus ceux-ci peuvent faire valoir leurs exigences. Regardons bien autour de nous. Qui n'a pas accepté un "slave job" sous-payé? Plus le chômage est fort, moins on tend à demander un salaire "décent".

    Mais regardons aussi l'inverse. C'est surtout intéressant pour les futurs cadre-sup, les patrons et les gros actionnaires: Moins il y a de chômage plus le coût du travail augmente. Ce qui signifie… Que les salaires augmentent… ce qui signifie que la consommation augmente, mais aussi que les produits sont plus chers, et donc que l'inflation est forte, et par conséquent, les profits se trouvent limités à leur part relative à l'inflation, si peuuuuuu intéressante, et ces profits sont limités aussi par la progression salariale: Une horreur!
    C'est ce qui faisait dire à un conseiller d’Alain Juppé en 96: «Dans la conjoncture actuelle, il n’y a que la pression du chômage qui évite une embardée sociale. Une amélioration sur le terrain de l’emploi entraînerait fatalement une pression salariale que le pays ne peut se payer».
    Comme si l'amélioration du niveau de vie était un processus diabolique…

    Voilà pour l'idée de base qu'a chrématistik-man. Une fois ce constat effectué, il reste donc a réfléchir à la manière de rendre la chose scientifique. C'est là que le NAIRU fut inventé. Ce NAIRU explique qu'en dessous d'un certain seuil de chômage, l'inflation galope et "tue" l'économie. Il faut donc soigneusement veiller à ce que le chômage ne baisse pas trop.

    "La profitabilité des entreprises restera structurellement élevée, grâce à la mondialisation, la productivité élevée, la faiblesse des créations d'emplois et la faiblesse des charges financières", Jean-Pierre Petit (Exane BNP-Paribas)
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    Mais je n'ai toujours pas expliqué en profondeur le rôle de pivot idéologique que joue l'inflation. Pour Friedman, le monétariste nobellisé en 76, l'inflation est dûe à trop de liquidités sur ce marché pour un nombre de biens trop faibles. Rappelez-vous seulement "trop de monnaies".
    On peut alors dire sans exagérer que l'inflation gène proportionnellement les gens par rapport à leurs moyens. Une personne qui avait cent anciens francs sur un compte quand on est passés aux nouveaux francs n'a pas autant hurlé que celui qui avait mis un million… Bref, comme disait Keynes, L'inflation, c'est l'euthanasie des rentiers.

    Guillaume de Baskerville (lenairu.free.fr) a été particulièrement attentif pour repérer de sublimes phrases de journalistes financiers, d'experts, de politiques, de cadres dirigeants de grandes entreprises à ce sujet: "Réciproquement, une baisse de l'inflation ne peut être obtenue qu'au prix de l'acceptation d'un taux de chômage supérieur au taux de chômage structurel pendant la période de désinflation.
    Pour donner un ordre de grandeur on estime que la valeur du "taux de sacrifice" est entre 2 et 3% : pour réduire l'inflation de 1%, il faut tolérer une augmentation du taux de chômage de 2 ou 3% pendant un an, ou de 1% pendant 2 ou 3 ans. C'est la forme moderne de la courbe de Phillips, parfois évoquée dans les journaux, qui représente les variations de l'inflation en fonction du taux de chômage. Elle rend bien compte du processus de désinflation qu'a connu la France au milieu des années 80.
    " Bernard Salanié (CREST, INSEE)

    Il a donc fallu contrôler cette inflation qui menaçait tous les gens bien nés de notre pays (non, pas vous). Et c'est là que l'idéologie friedmanienne a atteint les pontes de l'économie de nos pays européens, et a permis de faire de la BCE un cheval de Troie. Pour le bas peuple, cet organe sert à contrôler l'inflation donc les prix, et pour les riches, il sert à assurer les profits faramaineux. Imaginez maintenant que cette classe sociale particulièrement aisée, qui fait partie du même régime que le commun des mortels, soumis à la dictature de l'intérêt général par une soumission politique et juridique à un Etat-Nation trouve le moyen de faire de ce cheval de Troie, en dehors des batailles politiciennes, un être éthéré et pur qui servirait d'autant plus l'intérêt général qu'il serait indépendant, totalement à l'extérieur du système, sans aucun contrôle possible. Alors il pourrait agir en toute impunité pour servir les intérêts de sa classe, bien limitée il faut le dire.
    Et c'est le cas, la BCE est indépendante.
    Son rôle est, dans un premier temps, de lutter contre l'inflation et dans un second temps de contrôler la masse monétaire.
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    En ce qui concerne le premier point, le premier bémol est de savoir distinguer 2 formes d'inflation, que les médias et les experts se plaisent à confondre pour leur plus grand plaisir.
    La définition donnée en début de thread n'est qu'une sphère idéale, et sûre que si le taux que les médias évoquent représentait la hausse de tous les prix, on frissonerait. Mais l'on doit savamment distinguer ce qui relève des prix, et ce qui relève de l'investissement. Ainsi, le taux d'inflation évoqué dans les médias est celui des prix à la consommation et ne prend pas en compte... les placements boursiers et l'immobilier, bref, tout ce qui relève de la spéculation!

    Ainsi, si l'immobilier ou le CAC 40 souffrent d'une inflation énorme et tuent à petit feu les ménages modestes, c'est de la bonne inflation, qui fait gagner plus d'argent aux riches. En gros, la bonne inflation, c'est la croissance actuelle du capital sur les salaires, et la mauvaise inflation serait donc la progression des salaires. Rassurez-vous: la mauvaise inflation est faible, et vue la croissance des prix de l'immobilier, la bonne inflation nous protège.

    Quant au second point, le contrôle de la masse monétaire (l'origine supposée de l'inflation), il est étrange que celle-ci progresse de presque 10% chaque année en Europe et représente 1000 milliards d'euros mis en circulation depuis 1998. Il y aurait deux manières de l'expliquer: Ou bien une inflation (mauvaise) énorme, ou alors une croissance économique énorme. Mais il ne s'agit ni de l'un, ni de l'autre. Car ces liquidités sont directement injectées dans la "bonne inflation", immobilier et finances, servant à enrichir un peu plus les pauvres richissimes.
    Et la droite tente toujours de nous faire croire qu'il n'y a pas d'argent en France pour prendre les mesures d'urgence qui s'imposent…
    Car c'est bien aux bulles spéculatives (enfin, plutôt à ceux qui y sont bien!), comme l'immobilier que cela profite. La planche à billets va directement à l'élite qui s'en sert à qui mieux mieux!
    C'est donc en essayant de limiter la "mauvaise inflation" que certains favorisent la "bonne inflation".

    A cela, nous pouvons ajouter que bizarrement les dépenses gouvernementales en faveur de l'emploi ont constamment baissé depuis 2001, malgré la volonté de ce gouvernement et du précédent de lutter activement contre le chômage! Je signale quand même qu'il y a plus de 4 millions de chômeurs en france et 7 millions de travailleurs pauvres. Il y a donc, si l'on prend en compte le fait que les pauvres se mettent en couple, ont des enfants, etc., 1/3 des français qui vit sous le seuil de pauvreté afin de permettre à certains ultra-riches de s'enrichir grassement...

    « Les réformes structurelles, qui commencent par générer des coûts avant de produire des avantages, peuvent se heurter à une opposition politique moindre si le poids du changement politique est supporté dans un premier temps par les chômeurs. En effet, ces derniers sont moins susceptibles que les employeurs ou les salariés en place de constituer une majorité politique capable de bloquer la réforme, dans la mesure où ils sont moins nombreux et souvent moins organisés » . (OCDE, rapport de 2005)
    August 10

    Citation du jour

    "Il faut savoir que le pire ennemi des profits, c’est le plein emploi, or on est loin du plein emploi."
    (
    François Chevalier, chef stratégiste de chez VP finance, sur France info en mai 2005)