Lomig's profileAvec le tempsPhotosBlogListsMore Tools Help

Blog


    July 28

    Saint-Sarkozy

    Honnêtement, cette dernière semaine aurait pu faire croire à un changement idéologique radical chez Sarkozy. Faisant de sa femme une antenne d'Amnesty, il tente et réussit à faire extrader les infirmières bulgares, dont le sort était si triste.

    Ensuite, alors qu'il décidait de voyager dans nos colonies, le voilà qui ose reconnaître les crimes contre l'humanité que cela a pu représenter. Génial. Fabuleux. Grandiose.

    Sarkozy serait-il passé à gauche, chez les altermondialistes, les trotskystes islamistes et tiermondistes???

    Naaaah. PUB. Publicité, oui. Communication, marketing, ce que vous voulez, mais pas de politique.

    En ce qui concerne l'affaire de la Bulgarie et de la Libye, il est honteux dans un premier temps d'envoyer une personne de sa famille faire le boulot d'un gouvernement. N'avons donc nous pas un ministre des affaires étrangères??? Ensuite, si l'on oublie les vices de formes, on remarque le cynisme pourri de l'homme qui utilise à la perfection le timing. L'union européenne travaillait depuis des mois sur cette affaire, récoltait des fonds pour commuer la peine capitale en peine de prison à vie, redoublait d'efforts diplomatiques pour obtenir l'extradition. Et alors que l'Europe faisait du bon boulot, Sarko arrive, pouet pouet camion, et s'attribue personnellement le mérite qui ne lui revient pas. Ajoutons à cela que cette extradition a été obtenue par la vente de nucléaire civil (vive la prolifération nucléaire), sans l'accord des allemands, pourtant principaux intéressés (34% d'Areva). Donc, en plus d'agir en plan super com', il contribue à déstabiliser la région, pour laquelle l'énergie nucléaire ne servira sûrement pas à assainir l'eau des rivières...

    Quant à son voyage en Afrique, reconnaissons-le: Pire que Bush, disent les allemands à propos de son attitude "diplomatique", pire que Bush disent les observateurs africains constatant que ce ne sont que le spays de l'or noir qui trouvent grâce à ses yeux. ainsi, flattons les dictateurs et autres pays pauvres, car c'est en les exploitant qu'on a ce magnifique train de vie! En sus des intérêts pour le pétrole, son discours de l'homme blanc supérieur, en mission civilisatrice, un peu Tintin au Congo, n'a pas laissé de traces mémorables dans les consciences. Un super paternalisme, qui dans son discours ressemblait vaguement à un: "si t'es pauvre, c'est de ta faute, arrête de te plaindre et de chialer".
    Les africains se sont sentis insultés par ce grand blanc-bec qui se prend pour un être supérieur doté d'un objectif divin, et qui rend les africains responsables de leurs malheurs.

    Quand on regarde, de surcroît, quels sont les malheurs en question, on ne comprend pas comment s'explique l'absence de rupture de liens diplomatiques, et pourquoi personne ne lui a craché au visage: «On ne peut pas tout mettre sur le compte de la colonisation. La corruption, les dictateurs, les génocides, ce n’est pas la colonisation.»

    Il est vrai que ce n'est pas l'occident qui a apporté son modèle de l'Etat-nation, qui a divisé les peuples avec des frontières arbitraires,  qui vend des armes (les 5 plus gros vendeurs sont les pays du conseil de sécurité permanent de l'ONU: USA, France, United Kingdom, Russie, Chine), générant des guerres (avec nos armes), à cause de nos frontières, des dictateurs que nous défendons, pour lesquels nous accourons s'ils sont en danger, dans des pays que nous exploitons, pour leur main d'oeuvre bon marché et leurs matières premières, principalement ce qui est cher pour nous, pétrole, diamants, uranium, les enfonçant toujours un peu plus dans la misère, les coupant des revenus qui devraient être les leurs.






    July 06

    Du principe de précaution comme censure

    Bonjour à toutes et à tous,
    malgré l'été pourri, qui enveloppe et transperce de ses faisceaux maléfiques ma pauvre carcasse, je continue de pratiquer le sport pulmonaire harassant consistant à inspirer vigoureusement de l'air par les naseaux et à l'expédier de mon intérieur crasseux de manière tout autant cavalière.

    Cela dit, alors que je pratiquais ce sport avec fracas, je découvre sur le blog de mon idole Manu Larcenet un courrier terrible. Il s'avère que jusqu'à aujourd'hui, de manière assez bizarre, L'éducation nationale décernait un prix lors du festival de Cannes. Etrangement, c'est le film roumain palmé qui reçut aussi le prix de l'éducation nationale. Ouhla, je vous arrête! Pas la peine de dire "et alors?" avec l'air agacé! Sachez que les films ainsi primés, de par leur caractère réaliste et pédagogique, permettait un débat avec les élèves et les étudiants sur le sujet traité. Le film était sur support DVD et regardable librement en classe pour en débattre.

    Cette année il ne le sera pas. Elephant, Marie-Antoinette, La vie est un miracle avaient eu plus de chance. Peut-être parce qu'alors, le sujet traité ne posait pas problème. Dans le cas de 4 mois, 3 semaines et 2 jours, il en va différemment: Ce film exposait de manière ultra-réaliste les difficultés rencontrées par une jeune femme qui tente de se faire avorter en Roumanie sous Ceaucescu.
    Image Hosted by ImageShack.us

    Les motifs exposés sont assez scandaleux. Alors que les censeurs n'ont pas vu le film, ils assurent que les risques de troubles psychologiques causés par ce film sur les élèves sont réels. Rendez-vous compte: On parle d'avortement quand même! Elephant, lui ne faisait que parler d'une boucherie, tuerie, un massacre aux USA, c'est quand même moins dangereux!

    Outre l'absurdité de la mesure, c'est donc au principe de précaution qu'on en appelle. A-t-on jamais vu une telle absurdité, un tel ridicule chez les puissants? Souvent, me direz-vous, mais ils ne sont jamais mis en lumière.
    Soit.

    Néanmoins, je ne peux m'empêcher de penser que cette censure, condamnant le débat, commanditée par les proches de Mme Boutin (Ghislain Gomart notamment), nuit à la conscience libre et éclairée que doit apporter l'éducation nationale. L'idéologie familialiste chrétienne qui domine l'Etat ronge les services publics, et nuit à leur "non-prosélytisme". Car, ce qui est reproché à ce film, c'est d'approcher avec réalisme le désespoir, les humiliations liées à l'impossibilité de pratiquer l'avortement.

    Car voyez-vous, il ne faudrait pas parler d'avortement, car l'école éduque à la vie et à la responsabilité, il ne faudrait pas montrer de gens désespérés, car ce serait montrer des gens qui renoncent à la vie. Il ne faut pas montrer les humiliations d'une prostitution (payant l'avortement), car cela rabaisse l'esprit de liberté qui doit régner en classe. En somme, le fim est trop complexe, trop réaliste, et refuse finalement de prendre la simplicité comme chemin de compréhension. Car la liberté n'est acquise que quand le régime politique, les conditions socio-économiques, la garantissent. La responsabilité ne peut être acquise que lorsque la décision peut  être prise sans risques majeurs. Ce film montre le courage d'une femme qui va jusqu'a l'autoréification afin de survivre, et cela touche certainement le public, et peut sûrement choquer. Mais on ne peut pas apprendre à un élève la liberté, s'il n'a pas de choix, et s'il n'a pas le choix, et que ses actes sont déterminés et qu'une seule voie reste possible, il n'apprendra pas non plus la responsabilité. Enfin, s'il décide simplement de regarder en arrière, se regarder aliéné et sans espoir, l'éducation à la vie prendra bien vite fin.
    Et ces 3 éléments sacrés de nos bénis oui-oui ne sont qu'une poudre aux yeux qui ne vaut que lorsque le film qui sert de médiation ne met pas en danger les idéologies rétrogrades que ceux-ci défendent.

    Je ne peux que regretter ce qui arrive. J'espère que ceux qui liront ce message adresseront un messace de soutien à ¨Patrice Roturier, ardent défenseur du film.
    July 01

    Hyper-présidence et anti-intellectualisme II

    Rhôôôô, loin de moi l'idée d'accabler notre cher président, mais il faut avouer qu'il se fout lui-même dans la merde avec ses propos stupides.

    "Inutile de réinventer le fil à couper le beurre. Toutes ces théories économiques... moi-même, parfois je suis un peu perdu. Ce que je veux c'est que les choses marchent."

    De son aveu, il reconnaît ne rien comprendre aux théories économiques, donc ne rien comprendre au fonctionnement économique de notre pays. Ce n'est pas nouveau, son bilan au ministère de l'économie et des finances avait laissé des traces mémorables. Avec sa volonté de sortir des terrains intellectuels, des terrains du savoir et de la connaissance, il se penche surtout sur le "bon sens paysan" en quelque sorte. Lui-même pas très futé, ignorant les choses de la société, il préfère donc lancer des phrases économiquement, politiquement et socialement invalides, mais qui reçoivent un grand écho dans le sens commun frnaçais, ainsi de cette phrase "Travailler plus pour gagner plus".

    On observe les absurdités de cette phrase de par ses effets néfastes sur le volume global de l'emploi, de par l'épargne qui se fait, l'absence de répartition des richesses, l'individualisme qui en ressort, cette phrase contrevenant même aux réalités où c'est le patron qui choisit qui fait les heures sup', le patron qui choisit s'il veut les déclarer (et donc les payer) ou pas, dans un monde où de grandes franges de la société font déjà beaucoup d'heures sup', et où les autres n'en ont pas la capacité.
    D'un point de vue macro-économique, c'est la chute de l'Etat social qui s'avance, par les pertes énormes que cela comprend, à défiscaliser ce travail.

    On notera néanmoins, avec le CVUH (comité de vigilance face aux usages de l'histoire) la filiation avec Barrès évidente de son anti-intellectualisme. "Ce dernier a joué un rôle majeur dans l’élaboration de l’anti-intellectualisme populiste conservateur. Prétendant exprimer « l’instinct des humbles », Barrès s’attaque aux intellectuels qui ont pris la défense du capitaine Dreyfus, en les appelant les « anarchistes de l’estrade »."

    Il ne s'agit pas de donner des réponses pragmatiques, comme il tente pourtant de le dire ("je ne veux pas du savoir, mais je veux de l'efficacité", absurdité sans nom), mais d'obtenir l'appui du peuple sur des phrases qui paraissent simples et vraies, quand elles ne reflètent qu'une idéologie passéiste, un refus de la pensée, un refus de la complexité du monde, et par conséquent, un refus de la complexité des solutions à adopter.

    En refusant de penser et en refusant que les gens pensent, il ouvre clairement un sillon au renforcement sans précédent de la droite française.