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    June 11

    Travailler plus?

    Un sondage LH2/Les Echos/L'Institut de l'entreprise, publié lundi.

    Et là c’est le drame.

     

    Les Echos + l’Institut de l’Entreprise, ça fait deux organisations de droite, mais quelles sont les questions qui les taraudent et qui les poussent à produire des sondages ?

     

    Je vais vous le dire : Le rachat des RTT, et la folie du « travailler plus ». et les pépètes (on parle de gens de droite, hein, l’argent, ça les préoccupe souvent).

     

    ET ils l’ont eu bien profond dans le fondement. Car sur l’échantillon représentatif de la population salariale française, à peine 11% des personnes interrogées souhaitent, probablement (6%) ou certainement (5%) racheter leurs RTT. 80% des personnes interrogées ne souhaitent pas « travailler plus pour gagner plus ». (10% NSP)

     

    Entracte comique :

     

    L’analyse de l’Institut de l’entreprise, ce matin sur I-Télé, était de dire : « Ah, ben si les français veulent pas travailler plus, c’est qu’ils doivent pas avoir tant que ça des problèmes de pouvoir d’achat ».

     

    Fin de l’entracte comique.

     

    Quant à la seconde question, sur les augmentations, sous forme de salaire ou d’intéressement, idem : les français (n’aiment pas le risque, c’est bien connu), préfèrent le salaire. A 77%. Excusez du peu. Alors que l’alternative c’était un intéressement représentant 25% de plus que l’augmentation de salaire…

     

    Là encore analyse drôle de l’analyste : « Ah, ben peut-être que les marchés sont déprimés… ». Sans déconner !

     

     

     

    June 10

    Maître Eolas remet les pendules à l'heure

    http://www.maitre-eolas.fr/2008/05/30/969-n-y-a-t-il-que-les-vierges-qui-puissent-se-marier

    mariage annulé, l'Islam seul fautif

    Un mariage annulé à Lille. Deux musulmans. Une histoire de morale rigoureuse (mensonge sur une virginité perdue), et c'est parti pour un tour médiatique d'islamophobie déchaînée contre les intégristes musulmans.

    A cela, que répondre? Comme beaucoup l'ont fait, souligner que certaines branches "extrêmes de l'Islam" recommandent le mensonge aux jeunes femmes n'étant pas vierges au jour du mariage.
    Certains soulignent même que la virginité, on s'en fout.

    Mais c'est la justice qui est ensuite visée. Badinter, femme de, voit la justice aider l'intégrisme. Elle est "ulcérée", car la sexualité est une affaire strictement "privée". Ah bon.
    Ça veut dire que cocu avec les cornes bien visibles, je n'ai aucun recours devant la justice???
    Idem si ma femme se prostitue sans me le dire?
    C'est-à-dire que, sado-masochiste extrême, je ne risque pas d'amende ou de peine de prison???


    Les islamophobes féministes ont donc réfléchi 5 minutes, puis ont repris largement, en attaquant cette fois l'idée de "qualité essentielle".

     "Quoi, en France, on oserait défendre des radicaux islamistes en considérant comme "qualité essentielle" la virginité???", disent un grand nombre d'idiots croassant, les yeux écarquillés, comme apeurés de l'invasion barbare, subtile et insidieuse…

    Oh là, mollo, mollo. Pourquoi le montant d'un compte en banque serait-il une qualité essentielle? Pourquoi la vieillesse serait-elle une qualité essentielle, mais pas, certainement pas, la virginité???

    Le problème dans cette affaire, c'est ce qui relève des époux. La liste fixée par le droit, des qualités essentielles n'a pas d'importance, car plutôt que d'être totalitaire, notre Droit essaie – aussi – de laisser aux gens l'appréciation de ce qu'ils jugent bon ou mauvais, et de ce qui, dans leur système de valeur relève d'une grande importance ou pas.

    Or, pour ce mariage, et pour l'époux, la virginité est importante.

    Et c'est là que Gisèle Halimi fait preuve d'une analyse qui me fait froid dans le dos. Soulignant la confession du couple, elle nous dit, en substance: "Aurions-nous accordé l'annulation si des petits blancs bien de chez nous pas très catholiques l'avaient demandé?"
    Sa réponse, très personnelle, est "non".

    Notre droit, laïc, non confessionnel, aurait donc pris appui sur l'Islam. Cris d'orfraie, et un poulailler hurle, en proie à un renard imaginaire.

    Déjà, je reste sceptique.

    Ensuite, Notre bonne Halimi rajoute que cette sacralité de la virginité serait tout simplement le fruit d'un fantasme masculin, légitimé par une religion, légitimant la "prédation sexuelle".

    Vous l'aurez compris, Gisèle perd un peu les pédales.

    Revenons à cette prise d'appui sur l'Islam. Ce que sous-entend Mme Halimi, c'est que c'est pas les journalistes et les pousseurs de cris d'orfraie qui sont islamophobes, c'est la justice qui est islamophile. Car jamais, au grand jamais, elle n'aurait accordé la nullité du mariage à des catholiques intégristes. J'en doûte fortement. Et en tant que laïque, notre justice n'a pas à se préoccuper que les raisons soient ou non religieuses. Elle n'a qu'à simplement regardé en quoi cette qualité de la femme est-elle, ou non, essentielle aux yeux du mari (ou vice versa).

    Elle posait la question des limites. Limites d'une qualité essentielle. Bien difficiles à discerner. Le compte en banque en est l'exemple magnifique, d'une personne qui se retrouve flouée car ayant cru son mari "riche". Femme vénale a eu gain de cause. Mais pas un mot dans les médias. Quoi donc? Y aurait-il donc un traitement journalistique qui suivrait deux poids deux mesures?

    Serait-ce mal de suivre des préceptes religieux quand ils proviennent de l'Islam? Mais bien de suivre ses propres préceptes et sa propre sensibilité s'ils ne découlent d'aucune transcendance?
    Ne pourrait-on y voir ici un début d'anticléricalisme, au moins islamique?




    June 05

    impôts (que personne ne paiera)

    "Par l'effet des réductions et crédits d'impôt dont l'utilisation est croissante avec le niveau de revenu, on constate une véritable régressivité de l'impôt : plus un très gros contribuable a des revenus élevés, moins il paie d'impôt en proportion"

    "116 des 1 000 contribuables ayant déclaré les revenus imposables les plus élevés au titre de 2006 ont réduit leur impôt effectivement dû de près de 93 %. Chacun a obtenu une réduction d'impôt de plus d'un million d'euros. Parmi les 10 000 contribuables les plus riches en termes de revenu, 150 n'ont pas payé d'impôt ou ont obtenu une restitution du Trésor public alors que leur revenu fiscal de référence était en moyenne de l'ordre d'un million d'euros. Et parmi les 100 contribuables les plus riches en termes de revenu, plusieurs se sont vu rembourser, en moyenne, 230 euros alors que leur revenu fiscal de référence dépassait, en moyenne, les 11,9 millions."
    Le Monde, 05/06/08, 150 très hauts revenus échappent à l'impôt...
    June 03

    Les chômeurs sont des feignasses...

    ... d'ailleurs, moi-même...

    Non, plus sérieusement, je voulais vous parler du résultat le plus surprenant d'une étude conjointe de la DARES et de la DREES pour le ministère du travail (ce qui doit pas les arranger), en parcourant ce jour le site actuchomage.

    Il y aurait, tout au plus, 2% de chômeurs ne désirant pas retrouver un emploi, et parmi les 98% restants, une grosse proportion est prête à des sacrifices qui méritent d'être soulignés.

    Je vous copie/colle cette info:
    "C'est l'une des nombreuses surprises que réserve l'étude sur les «freins à la reprise d'emploi», publiée hier par le ministère du Travail (DARES et DREES). Menée en mai 2007 auprès de 3.280 personnes [1], cette enquête ne fait pas forcément l'affaire du gouvernement, qui voit dans le renforcement du contrôle des chômeurs l'un des principaux moyens de parvenir au plein-emploi.

    Loin des idées reçues, il montre que les chômeurs sont prêts à de lourdes concessions pour retrouver le chemin du travail. Plus des trois quarts d'entre eux accepteraient un emploi inférieur à leur qualification. La moitié serait disposée à déménager. Un sur deux serait même prêt à signer un contrat de travail précaire ou à temps partiel si cela lui était proposé.

    Comment expliquer, dès lors, que le nombre de chômeurs frôle encore la barre des 2 millions, alors que les emplois non pourvus sont au moins 300.000 ? Si les candidats à l'emploi restent au chômage, c'est parce que les offres sont insuffisantes, ou qu'elles sont inadaptées à leur qualification et à leur expérience, indiquent une grande majorité (82%) des personnes interrogées par le ministère de l'Emploi.
    [...]
    Les diplômés du supérieur sont d'ailleurs les plus nombreux à refuser les offres qui leur sont proposées. Un tiers d'entre eux ont été au moins une fois dans ce cas. C'est beaucoup plus que les bacheliers (26%) et que les personnes n'ayant aucun diplôme (14%).

    Dans bien des cas, ce sont les raisons financières qui justifient ces refus. C'est, en tout cas, le motif le plus souvent cité, devant la «mauvaise situation géographique» et la «pénibilité du poste». De fait, les personnes qui ont repris un emploi s'avèrent souvent déçues : 4 sur 10 estiment que leur situation financière ne s'est pas améliorée un an après leur reprise d'emploi.

    [1] Enquête menée auprès de 3.280 personnes âgées de 23 à 55 ans qui percevaient, en 2005, moins de 1,5 SMIC net."