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日志


5月26日

phrase qui devrait faire réfléchir

"Si tu ne viens pas chercher de l'intellect dans la politique, alors vas faire du sport"
(elle n'est pas de moi ni de quelqu'un de connu, mais elle est magnifique)
5月18日

quelques minutes de réflexion s'imposent...

"Interrogés sur les meilleurs moyens de faire entendre leur opinion par les responsables politiques, les Européens ne plébiscitent aucun des items suggérés : adhérer à un parti (13 %) ou à un syndicat (10 %) ne séduit pas plus que manifester (11 %), signer des pétitions (14 %) ou s'exprimer sur des blogs (13 %). Participer à des débats publics ne rallie pas grand monde (20 %), tandis que les formes d'action plus conflictuelles comme la grève (7 %) ou plus radicales comme le blocage des activités économiques ou des moyens de transport (4 %) restent très marginales. Seul le vote emporte une sorte d'adhésion relative (46 %)."

Et comment vous voulez atteindre une masse critique pour changer les choses avec une population aussi désenchantée, sans aucune illusion, qui va au casse-pipe la mort dans l'âme? A quoi ça sert de manifester, de signer des pétitions, d'écrire sur ce blog, de faire des débats, d'appeler au blocage des activités économiques du pays?
A rien si on ne représente que 4% de la population. On pourrait juste espérer que si certains se mettaient à faire bouger les choses, un certain suivisme s'emparerait des citoyens, et le mouvement pourrait ainsi continuer, s'amplifier, trouver des solutions aux multiples crises qui traversent notre monde.

Seules les urnes peuvent être un lieu de victoire? Malheureusement, elles ne le sont même pas pour la moitié des européens. ça ne suffit pas à rendre nos représentants légitimes.

Un grand bol d'air frais. L'an 01. voilà ce qu'il nous faut.


5月13日

Partage de la valeur ajoutée: le rapport Cotis

En tant que non-expert, mais en tant que citoyen militant, engagé, je me permets de commenter ce rapport.
Tout d'abord, je suis effaré, sur le cul, et j'en passe, de constater que les journaleux n'ont aucun esprit critique (De Libé au Fig, je ne vais ni plus à gauche, ni plus à droite). Pour une profession intellectuelle, ça la fout mal...
Le premier exemple, bien entendu, c'est qu'ils relaient tous, tout fiers, que la part des salaires n'a pas bougé depuis 20 ans.
C'est assez dingue, parce qu'il y a quand même un quasi-consensus, une grande majorité d'économistes (en gros, tous sauf Denis Clerc...) qui considère que la part des salaires dans le PIB a chuté d'une petite dizaine de points (si le lien ne marche pas, essayez celui-ci.)en 30 ans. ça fait 180 milliards d'euros de salaires en moins par an, perdus. Sachant que le rapport Cotis nous annonce que 49% du salaire est "socialisé" (je caricature), ça voudrait dire que 90 milliards d'euros seraient disponibles pour abonder les retraites, la sécu, le chômage, l'assurance-maladie, etc...

Mais bon, là n'est pas le sujet. Le sujet, c'est les 3 tiers.On sait maintenant comment est répartie cette plus-value: 57% pour les investissements, 36% pour les actionnaires, 7% pour les salariés. On peut se plaindre de la faible part qui va aux salariés, mais ce n'est pas suffisant. Il faut remarquer que les profits sont quasiment à leur place, en fait, d'un point de vue sarkozien, ils représentent à peine plus du tiers de la plus-value. Pour rééquilibrer le reste, c'est donc aux investissements qu'il faudrait prendre: leur enlever 24 points pour les refiler aux salariés. Voilà comment pense Sarkozy.
Or, une telle opération serait un suicide économique: une entreprise qui ne peut plus investir, meurt. Un sous-investissement fait perdre compétitivité, et j'en passe. Donc, c'est un raisonnement anti-économique que Sarkozy nous tient qui cherche à mettre la France en péril.
Alors que faire descendre de 24 points la part qui revient aux actionnaires permettrait d'augmenter les salaires de 10% (et ne nuirait pas au développement économique).

Elle est pas belle, la vie?
5月12日

Après les banques, l'énergie?

Oui, et dès que j'ai des revenus stables et un taux d'endettement faible, je prendrai comme fournisseur d'électricité Enercoop.
Greenpeace a fait une étude très claire sur le sujet:
"Selon le classement Écolo Watt de Greenpeace, Enercoop apparaît de très loin comme le seul fournisseur d'électricité à proposer aux consommateurs une offre écologique sérieuse. À part GEG Sources d'énergies, qui atteint un niveau moyen, tous les autres opérateurs réalisent des performances globales mauvaises (Poweo, Electrabel, Gaz de France), voire catastrophiques (EDF et Direct Énergie)."

« À part Enercoop, qui s'approvisionne directement et à 100 % auprès de producteurs d'électricité d'origine renouvelable, la plupart de ces entreprises sont pénalisées car elles se contentent de revendre l'électricité achetée à EDF et principalement produite à partir du nucléaire, explique Frédéric Marillier. Or ce n'est pas parce qu'elle n'émet pas de CO2 que la technologie nucléaire est respectueuse de l'environnement ! »
http://www.revolution-energetique.com/ecolo-watt/ecolo-watt-rapport-complet.pdf

Eh oui, car Enercoop, c'est exclusivement des énergies renouvelables! C'est un peu plus cher que chez EDF, mais on a la conscience tranquille!

oui, ça arrive, un peu de patience...

Décidément, depuis que je me suis rendu compte que ma banque était un gros truc antisocial et fauteur de troubles, générant de la crise et de la précarité, de l'insécurité et de la cruauté (c'est la BNP, pour ceux que ces qualificatifs ne suffisaient pas à aiguiller dans la bonne direction), je sais que je dois en changer.

Et je n'ai rien fait. Que manque-t-il au passage à l'acte?
Un accompagnement, peut-être. Le coup de tête du "je ferme mes comptes, merci, au revoir". J'en profiterai probablement cet été: j'aurais moins de cours, voire pas du tout, donc je ferai un changement à ce moment là. Je pense que ce sera le crédit coopératif. La Nef, c'est un peu trop pour financer des projets, investir ici ou là, ce qui n'est pas encore mon cas.

En tout cas, ATTAC n'arrête pas de faire savoir que les citoyens actifs et conscients se posent des questions sur ce système bancaire qu'ils favorisent parfois sans le savoir:
"Sans attendre de futurs et éventuels changements politiques, beaucoup de citoyens veulent agir ici et maintenant pour manifester concrètement leur refus du monde tel qu'il va et leur volonté d'alternatives. Le système bancaire est au coeur de la crise et continue à défrayer la chronique par des scandales permanents. En tant que clients d'une banque, les citoyens disposent d'une arme potentiellement efficace s'ils l'utilisent nombreux : la migration de leurs comptes vers des banques « propres » et solidaires."

Et ils renvoient aussi à ce lien des amis de la terre qui évalue selon leurs performances écologiques les principales banques françaises:
"la Nef (institution de finance solidaire) est la banque la plus écologique, suivie du Crédit Coopératif (banque au positionnement social). Ce sont les deux seules banques à avoir la moyenne. Suit le groupe Banque Populaire, au résultat acceptable (4,1/10). Toutes les autres banques ont des résultats extrêmement insuffisants (inférieurs à 2,4/10) : Caisses d’Epargne, Crédit Agricole-LCL, HSBC, BNP-Paribas, Société Générale, Crédit Mutuel-CIC. La Banque Postale n’a pas de notation car plusieurs critères clés ne lui étaient pas applicables au moment de l’étude."

Alors oui, ça arrive, mais attendez un peu. Il faut que je prenne une grande inspiration et que je me jète à l'eau!
5月10日

le NPA et le refus de la réalité: pureté et idéologie

Je reviens sur les européennes et la division de la gauche de la gauche.
On ne peut que féliciter Christian Picquet d'avoir eu le courage de s'allier au front de gauche malgré le refus massif du NPA d'unir ses forces avec les autres forces de gauche.
« Il est inenvisageable d'accepter que des intérêts de parti prévalent sur l'intérêt général du peuple de gauche »

et j'oserai rajouter "du peuple tout court". On est tellement nombreux à attendre un changement, à partir d'une communauté de croyances, d'actes et de discours prônant l'autogestion, la coopération, la solidarité, etc.

Mais j'ai trouvé un autre article intéressant, où tout était dit, extraits choisis:
«Dites-moi que je rêve. On est en train de crever et ils font des simagrées : “Non pas eux, ils ont couché avec le PS et vont peut-être recoucher avec le PS”. Ah ! les soi-disant purs !»

« Sur l'Europe, (…) les convergences étaient, me semble-t-il, plus fortes que les divergences. Refuser une alliance, seule à même de donner à réfléchir aux partisans de l'Europe libérale (PS compris), constitue une faute politique majeure. Il est souhaitable que le NPA l'expie dans les urnes… »

C'est tellement convaincant que le NPA s'est fendu d'une petite bafouille, à l'adresse du journal le Monde, que celui-ci n'a pas jugé opportun de publier, mais que l'on trouve sur le site du NPA. Vous verrez qu'après les quelques cris du coeur qui apparaissent ci-dessus, les arguments sonnent faux:
"Elle impose de s’interdire des « coups électoraux » porteurs d’illusions mais sans effets sur la réalité d’un système qui exploite les humains et la planète."

ce qui veut dire qu'elle s'interdit tout succès sous prétexte que, attention, il pourrait y avoir désillusion, le soufflet pourrait retomber (moi, je ne connais pas de soufflet qui ne retombe pas). Vous remarquerez le courage politique de cette tribune, le volontarisme, l'envie d'unité, l'envie de sortir le monde du capitalisme.

"Hier, nous avons enregistré le bilan catastrophique de la dernière présence du PS au gouvernement, une participation dont le PCF et les Verts partagent la responsabilité"

Vous aurez pu observer aussi que, si le PS a un bilan négatif, cela veut dire que rien de bien n'a été fait pendant le gouvernement Jospin. Que tous ceux qui ont aidé à gérer le pays avec le PS, PCF et verts en ressortent aussi contaminés. Il y a cet effet de contagion dont parlait un des mecs dans l'article cité. C'est assez pathétique (j'aimerais aussi souligner avec moulte insistance que les eurodéputés que la LCR a eus s'étaient blottis contre ceux du PC sans épidémie). Si l'on doit souligner que RMJ a travaillé au parlement à Genève (et au gouvernement, bah, il est tout souillé), que reste-t-il du NPA? Doit-on encore leur faire confiance? RMJ n'aurait-il pas contaminé Besancenot, Bensaïd, et tous les autres?

"Si « une occasion historique a été manquée », ce n’est pas notre fait."

Et les voilà qui annoncent que c'est le PCF-PG qui a refusé l'alliance. Alors que... bizarrement, ce sont eux (NPA) qui disent refuser toute discussion tripartite. Belle ambiguïté. Alors que c'est bien le CPN qui a refusé l'unité à plus de 90%. Mentir aussi effrontément, les yeux grands ouverts en disant "si, si, je t'assure, c'est pas moi, c'est l'autre", ça me donne envie de les baffer...

Ils affirment que le PPLD et les OC ne sont pas intéressés par les élections, alors qu'ils ont refusé qu'un OC soit tête de liste chez eux (NPA). bizarre, bizarre...

Je trouve que c'est véritablement du foutage de gueule. Ce souci de pureté et d'intégrité, alors que pardonnez-moi, ils sont bien souillés quand même, chacun à avoir traîné, trafficoté avec l'ennemi (regardez le TCE, par exemple). Ils sont les premiers à être contents que dans la rue, la gauche soit rassemblée, mais apparemment, les urnes, c'est pas pareil.
Et franchement, là, le "peuple", il en a ras le cul de cette division, et il serait peut-être temps, vues les convergences et l'agressivité du néolibéralisme, de se fédérer un peu plutôt qu'à essayer, chacun dans leur coin, de récolter des voix...
Quand on est de gauche, on sait que c'est en mutualisant les chances et les risques  que l'on vaincra. Bizarrement, le NPA l'ignore, et pense encore qu'ils vaincront seuls, ou qu'ils mourront impurs.
La différence, cette impureté politique, doit être acceptée: il faut apprendre à négocier, à respecter l'autre dans ses différences et essayer d'avancer ensemble. Donc, contre le discours du NPA: si, il faut transiger. Il faut faire des compromis. Il faut de la diversité à gauche, une diversité d'opinions à l'intérieur d'une communauté de pensée, visant un monde commun. Bien que nous soyons globalement d'accord sur le monde commun, ce sont les relents d'idéologie des bréviaires marxistes et de leurs exégèses qui posent problème...
Il faut se débarrasser de ces saloperies de bréviaires, de vulgates, et repenser les mots qui permettent de construire un nouveau "sens commun" qui transcende des clivages idéologiques qui ne tiennent que sur de la sémantique.

A bon entendeur...


5月8日

Il faut buzzer pour avoir du succès...

http://www.youtube.com/watch?v=hSxtCfPlCFI

Vous ne le regretterez pas!

Les petits riens qui changent tout.

Pas de grand discours, pas de prise de tête!
Juste une rencontre avec Christian Jacquiau et sa critique de la grande distribution, et du monde qui va avec!
six petites vidéos qui vous expliquent tout simplement ce qui ne tourne pas rond, et ce que l'on peut faire pour éviter la catastrophe.

p.s: je ne sais plus comment je l'ai découvert ce type. Ptètre que c'est un pote décroissant, ou ptètre que je suis tombé dessus par hasard...
Bref...

5月6日

La vie en rose et bleu, en noir et blanc.

Ben voilà, fallait que ça sorte, attention, ça fait mal, va y avoir des insultes, des grognements, et j'en passe.
Il paraît qu'au NPA, les féministes font des réunions non-mixtes (des mixtes aussi, hein, mais aussi des réunions non-mixtes). Ah vous comprenez pas encore.
féministes = femmes, en l'occurrence. Non-mixte veut dire: sans hommes.

En passant au CASC, centre autogéré social et culturel (y'a plein de gens sympa, des réunions animées, tout ça), je vois une affiche pour un festival ou une semaine de réflexion, et je vois en gros une ligne de démarcation avec les débats mixtes et les débats non-mixtes.
Là, je tilte. Je me dis qu'il y a un bug.
Donc, j'ai cherché partout cette affiche, et je la trouve pas. Par contre, dans mes recherches, je suis tombé sur un article assez récent d'une toulousaine expliquant son affection pour les réu non-mixtes. C'est assez affligeant. Au début, l'argumentation est presque sensée: dans les réunions mixtes, il y a des hommes. Parmi les hommes, il y a des parasites. Donc: UN qui drague, genre la femme est une "moule géante".
UN qui tape la discute (notez tout de suite que l'homme qui tape la discute n'est pas un mec qui cherche à faire connaissances, à installer une forme de convivialité, mais un mec qui coupe la parole, parce qu'il est dominant: TOI, JANE, MOI TARZAN)
UN qui regarde les filles s'embrasser, le regard lubrique. RHHHHHA! Ne discutez pas! Un homme qui regarde un couple se faire des bisous a TOU-JOURS le regard lubrique, un point c'est tout!
ET celui ou celle qui lui dit quelle est la norme de comportement. (ces connards et ces connasses hétérocentré(e)s, vous remarquerez tout de suite que si vous êtes hétéros, toute phrase a une portée morale et paternaliste, alors que la féministe ou la lesbienne, elle, quand elle parle, elle résiste. Ah la facilité)
Zieutez bien. C'est pas mal, d'un côté, pas de généralisation, donc pas de stigmatisation: eh oui, il y a des cons partout, et puis on est jamais aussi bien que chez soi, pas vrai?
Alors, vous sentez la rengaine: mais, si ces comportements sont marginaux, pourquoi, grand diable, pourquoi les interdire aux hommes?
Déjà, entrevoir la possibilité qu'un homme puisse être féministe, c'est impossible. ça dépasse les capacités de réflexion de ces gens-là. Pourquoi? parce que le mec, domination masculine oblige, va forcément se conduire en dominant. Parce que la norme dominante, con comme il est, l'homme, il ne la voit pas. Ben oui. Et comme l'hétéro ou l'homosexualité, la violence sexiste, ça s'attrape comme une maladie, voyez, une fois que vous l'avez, c'est à vie, impossible de s'en débarrasser.
Alors savoir en plus que ces femmes se prétendent anti-sexistes, ça fait mal au cul: j'ai jamais vu d'antisexiste exclure toutes les personnes ayant les mauvaises dispositions biologiques. Alors oui, au début, le vote ne concernait que les hommes, on était ultra-sexistes, on excluait. On est toujours sexistes (femmes et hommes confondus), et il reste des barrières à faire tomber. En étant sexiste? là, y'aurait un bug que ça m'étonnerait pas.

Continuons le texte de notre amie: (j'oublie le passage sur le mec bourré: la femme ne boit pas d'alcool)
Donc, y'a des parasites. Mais comme ton parasitisme, tu le portes pas sur la gueule, on n'a pas le choix, le filtrage est impossible, on t'exclut.
En fait, tu le portes sur la gueule: tu es un mec. Et certaines caractéristiques physiques font que... ben ça se voit. Donc: out.

Mais là, elle fait un truc magnifique, parce que c'est un peu lèdge, tout de même comme motif d'exclusion:
Le choix qu'elle n'a pas vient du fait que l'homme est une sale race (elle-même emploie le terme de race pour parler de la différence hommes/femmes), pernicieux, il avance masqué, il trompe l'ennemi:
"souvent celui qui va pas boire et gueuler, il va te draguer, celui qui est pas violent physiquement il va te faire la leçon de morale, celui qui est discret, il va quand même violer sa meuf".

En fait, LE mec est ambivalent. LE mec est toujours un enculé: s'il n'a pas un défaut, il en aura un autre. Celui qui est discret, matez: il va quand même violer sa meuf. (oui, le mec est hétéro, forcément)
Et regardez, hein, c'est pas juste les cons, ça concerne tout le monde:
"même mes potes mecs se retirent pas totalement de la tête que j’appartiens à une autre race qui a de fait moins de droit, de légitimité, ou alors, que je suis quand même, au fond, faite pour être baisée."

Eh ouais. Impossible de se racheter. Tous des salopards. Même ses potes. Même moi, si ça se trouve (oui, enfin bon, en ce qui me concerne, qui en douterait?). En fait, on s'aperçoit assez vite que, ben c'est naturel quoi. On a presque l'impression que parce que t'es un mec, hétéro de surcroît, tu es forcément une enflure, une raclure et pire que tout, c'est comme ça. Quand t'attrapes l'hétérosexualité comme on attrape la grippe A, ben t'attrapes aussi l'enflitude et la raclitude. Ou alors c'est dans les gènes. On va pas chipoter, de toute façon: nous autres, zhommes, nous sommes des salauds.

Parce que là où il y a des hommes, y'a forcément plus de cons qu'ailleurs.
C'est même sa conclusion. Les fêtes non-mixtes sont moins remplies de connards patentés que les fêtes mixtes. Comme si les lesbiennes, les femmes hétéros et j'en passe n'étaient pas aussi des con(ne)s. Comme si on devait porter un poids plus lourd, et que de l'autre côté la prairie est bien plus verte, en paix avec soi et j'en passe. L'antisexisme utilise le sexisme (les hommes et en plus les hétéros) pour se prévaloir de ses droits, utilise le communautarisme, et l'exclusion forcée pour débattre, pour penser, pour faire la fête etc. ça permet d'avancer, ça?
Cette intolérance va souvent de pair avec une croyance que, puisque la norme est à l'homme hétéro, blanc, de classe supérieure, travaillant dans le tertiaire, rurbain, ben on est tous pareils. Un homme hétéro est un homme hétéro, donc un connard. Il a jamais réfléchi à la question de comment vivent les femmes, il a jamais réfléchi à la question du genre, i.e la construction sociale des identités sexuées, l'hétéro peut pas être féministe, puisque c'est lui qui porte la domination masculine. Comme si les femmes portaient pas la domination masculine elles aussi. Comme si elles n'en faisaient pas le jeu parfois.
Et puis qui dit domination dit agressivité et violence aussi.
Et qui dit que c'est l'homme hétéro qui a ces traits de caractère, dit aussi que les femmes sont à l'exact opposé. (ô joie, en me relisant, je m'aperçois que l'auteure de l'article a les mêmes préjugés sexistes que ceux qu'elle combat)
Bref, penser les genres, penser les sexualités, les identités, en dehors des canons débiles "hétéros", "homos", "bi", et le fait que la diversité et les variations sont quasi-infinies, c'est résolument ce qui manque aux féministes.

p.s: C'est à l'origine, ici que ça se passe: http://www.gendertrouble.org/article165.html
Donc, j'en rajoute une couche: "gender trouble", titre d'un bouquin de Butler. Phénoménal. Excellent. Je pense qu'il a fait beaucoup de bien à ceux qui l'ont lu. Et qu'il les a fait réfléchir. Là, dans l'article, pas de question de genres, qui remplaceraient la question du sexe biologique, et donc, pas de révolution des regards, auquel appelle une autre fille sur ce site. Mais c'est à leur propre révolution des regards concernant les hommes que je les appelle. Donner l'image du beauf, ou l'image du dragueur (la femme ne drague pas, c'est bien connu. Mais je me demande comment deux lesbiennes font pour sortir ensemble: elles se disent bonjour et elles s'embrassent goulument, oh non, pardon, elles se "séduisent"!)
Allons au-delà: le vécu des inégalités entre hommes et femmes, l'oppression subie justifie la non-mixité. Mais quelle connerie. Elles comprendront donc jamais qu'il faudrait déjà que les hommes se rendent compte de leur comportement "oppressant", et que justement en les mettant devant le fait accompli, c'est mieux?
elles comprendront jamais d'où vient cette oppression, comment la combattre si des hommes ne viennent pas s'expliquer sur leurs comportements, ne viennent pas parler de l'oppression qu'ils font aux femmes. Et puis c'est aussi l'occasion, puisque la séparation des sexes est aussi forte, aussi polarisée, avec une communication aussi faible, de laisser la parole aux hommes qui sont oppressés, eux aussi: par d'autres hommes, mais aussi par des femmes, il faut aussi en parler. C'est aussi l'occasion de lever des malentendus. L'antisexisme, c'est avant tout ne pas exclure l'autre en raison de son identité sexuée ou sexuelle, et c'est aussi essayer de comprendre et lutter ensemble pour se reconnaître mutuellement. Ne soyons pas idiots: les violences sexuées existeront toujours, tant qu'on fera des différences entre les hommes et les femmes: parce qu'une femme se moquera des hommes (vous savez, la fameuse "castration", dont on imagine pas l'ampleur des dégâts, grand impensé de la lutte contre le sexisme), parce qu'un homme se moquera des femmes (grosse culpabilité des hommes), parce que des hommes se moqueront d'autres hommes (référence au genre cette fois) et idem avec les femmes. Parce que dans toute construction il y a des normes, et qu'il y a des normes dominantes. Mieux vaut en rire que s'en foutre.

P.s2: j'hésite à leur transmettre, tiens.

p.s3: eheh: j'imagine les cris d'orfraie à l'idée que des hommes fassent des réunions antisexistes non-mixtes entre mecs, pour parler plus librement, pour pas être jugés. On y parlerait, par exemple, de la fameuse phrase que les femmes nous tiennent et qui nous bouleversent: "ben, t'es une petite nature, toi", offense à notre virilité qui nous fait nous demander: et si j'étais pédé? ;-) HAHA.

P.s4: je n'arrête pas de me marrer: "Un bon hétéro-flic est un hétéro-flic mort." a dit la même. c'est pas flic hétéro, c'est l'un ou l'autre. Un bon hétéro est un hétéro mort, si je ne m'abuse. violence sexiste, agressivité, virulence, menaces. Elle parle aussi d'apartheid. Dieu sait que les mecs ici sont chiants avec les meufs. Dieu sait qu'ils sont cons, ceux qui font "eh psst, mademoizelle, vous êtes trop charmante" en les matant comme de la viande. Mais aborder ça de manière détendue en ne cherchant pas l'apartheid, et en disant: "m'intéresse pas, ciao" avec un sourire, ça passe beaucoup mieux. Comme pour les vendeurs ambulants, comme pour le reste: il s'agit pas de baisser la tête, simplement de ne pas chercher où se cache la force et la domination partout. le sourire est un bouclier, je lui conseille d'essayer. ça dévie toutes les flèches.