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    March 19

    Halte aux conneries!

    Carla Sarkozy a écrit récemment dans le journal Le Monde. Un article nommé "Halte à la calomnie". Ça m'a bien fait rire, mais certains passages m'ont un peu estomaqué. Vous savez, comme un coup de poing à l'estomac, qui vous étale pendant quelques minutes, vous empêchant de respirer et vous faisant souffrir comme un dingue.

    De quoi s'agit-il donc??? Mais enfin, quelle hypersensibilité?
    Attendez, avant de juger, et lisez cet extrait, vous verrez que je suis de bonne foi:

    ""De toute façon, dit Routier, la violence et l'énormité de la réaction du pouvoir montrent bien que Nicolas Sarkozy a cherché un prétexte pour, à travers Le Nouvel Observateur, intimider tous les journalistes." Mensonge, sottise et mauvaise foi : en attaquant le site du Nouvel Observateur pour "faux et usage de faux", mon mari ne s'en prend pas à la liberté de la presse (qu'il a toujours ardemment défendue : qu'on se souvienne, pour cela, de l'affaire des caricatures du Prophète dans Charlie Hebdo), mais au droit de dire et d'écrire n'importe quoi. De ce point de vue, loin de se conduire en despote, c'est la liberté de chacun qu'il protège."

    Mensonge, sottise et mauvaise foi??? Mais il ne s'agit plus du SMS, mais de la réaction de Nicolas Sarkozy! Toujours défendu la liberté de la presse, en menaçant des journalistes de France 3? Toujours défendu la liberté de la presse, en menaçant Chabot? (qui est pourtant pas la plus dure des gauchistes). Et quand il s'en prend à la liberté d'expression, à travers Hamé (de La Rumeur)?

    Ensuite, le deuxième point, souligné à merveille par Reporters sans frontières, c'est que, traditionnellement, dans des affaires de ce genre, le président porte plainte au civil, pour atteinte à la vie privée, pour demander des dommages et intérêts. Depuis 40 ans, aucun président n'avait si sérieusement menacé la liberté de la presse. Car aller au pénal, c'est aussi pouvoir demander au journaliste ses sources!

    S'il avait voulu s'en prendre au droit de dire et d'écrire n'importe quoi, il n'aurait justement pas défendu Charlie Hebdo. S'il avait voulu s'en prendre au droit de dire et d'écrire n'importe quoi, il aurait simplement porté plainte au civil, comme pour Ryanair!

    Mais comment justifie-t-elle, avec talent, le recours au pénal! Mais alors là, c'est le plus violent et le plus drôle:

    "Je peux concevoir, puisque l'époque le réclame, que, comme dit Airy Routier, "la vie privée d'un président, élu par les Français, qui a tous les pouvoirs, notamment celui du feu nucléaire, ne relève pas du même ordre que celle d'un quidam". Pourquoi pas ? Le débat est ouvert et le problème n'est pas là."

    Ah bon. Donc, la vie privée "pourquoi pas?". Bah alors, pourquoi réclamer 60.000€, au civil, pour atteinte au droit à l'image? (qui, pour les juristes, est intimement liée au droit à la vie privée).
    Parlons un peu de la qualification de ce fait, par la 1e dame de France. "Calomnie".
    Elle donne un magnifique exemple de Beaumarchais, pour la définition, qui aurait beaucoup déplu à Sade. Et je penche du côté de Beaumarchais, en effet.
    MAIS, et ce "mais" est écrit en majuscule, toujours concernant la différence entre, d'un côté, le pénal et de l'autre, le civil, il m'est indiqué que la voie civile est privilégiée en cas de diffamation. Il serait alors intéressant de noter le tour de force de la 1e dame, en utilisant le terme de calomnie, plutôt que de diffamation. Car la calomnie suppose, avec l'accusation de recel, qu'Airy Routier aurait fait exprès, connaissait la fausseté de ses accusations. Or, rien n'est moins sûr. Si la charte déontologique du Nouvel Obs n'a pas été respectée, par contre, rien n'indique que M. Routier soit de mauvaise foi: D'autant plus que ce monsieur continue de croire à la véracité de ses accusations.

    Néanmoins, la calomnie et la diffamation sont, encore une fois, et en dehors de l'atteinte à la vie privée, préférablement traitées au civil plutôt qu'au pénal. Hé biloute. Faut pas nous prendre pour des cons.
    Le père Sarko, il savait très bien qu'il foutrait la trouille à tout le monde et que ça rentrerait grave dans le rang, et ensuite, il est pas aussi con qu'il en a l'air: il savait que ça allait faire parler de lui. Et c'est la raison pour laquelle, il peut maintenant, retirer sa plainte. L'effet est consommé:
    Voilà l'ère du Sarko II, celui qui est magnanime, ne fait pas de vagues, et s'en tient à sa fonction. Il a bien été briefé, le petit.

    Enfin, et c'est regrettable, Carla Sarkozy, anciennement de gauche, tombe dans le panneau (c'est l'amour, diront certains…), en adoptant la rhétorique de son mari pour dire qu'au final, c'est la protection des libertés qui en ressort grandie.
    Il faut du culot pour dire une telle sottise, un tel mensonge, et d'être d'une telle mauvaise foi.



    Ce qu'avait dit RSF:
    "Nous regrettons que Nicolas Sarkozy ait choisi la voie la plus dure pour attaquer en justice le site du Nouvel observateur, a déclaré Reporters sans frontières. Le chef de l’Etat poursuit sur la base du code pénal, alors qu’il aurait très bien pu engager des poursuites civiles pour atteinte à la vie privée."

    "Le chef d’accusation de ’faux et usage de faux’ retenu par son avocat prévoit une peine d’emprisonnement. Même si nous faisons confiance à la justice pour faire preuve d’équité, cette manière de procéder suscite notre inquiétude. En plus, engager une poursuite au pénal permet de faire convoquer le journaliste incriminé devant la justice et éventuellement de lui demander de révéler ses sources. Ce qui n’est pas le cas dans le cadre d’une affaire civile", a ajouté l’organisation.

    "Par ailleurs, il n’était plus dans les usages des chefs d’Etat en exercice, depuis une trentaine d’années au moins, de porter plainte contre des médias. Là encore, cette affaire n’augure rien de bon pour les relations entre le pouvoir et la presse", a indiqué Reporters sans frontières.

    "Enfin, s’il nous semble inopportun que le chef de l’Etat porte plainte contre un média, il nous paraît tout aussi malvenu que la secrétaire d’Etat aux droits de l’homme, Rama Yade, interrogée sur RTL, traite les journalistes de ’charognards’. Nous espérons que ses propos ont dépassé sa pensée", a affirmé l’organisation.

    March 12

    PUB ou pas

    Pour ceux qui n'auraient pas compris la volonté soudaine de supprimer la pub sur les chaînes publiques, Fontenelle l'explique à merveille:
    http://vivelefeu.blog.20minutes.fr/archive/2008/03/10/le-hasard-fait-bien-les-choses.html

    "C'est vrai, par exemple, que le 8 janvier dernier, le chef de l'Etat français a très soudainement réclamé la suppression de la publicité sur France Télévisions - décision qui me ravit, mais dont il faut tout de même retenir, un, qu'elle va profiter à TF1, et, deux, qu'elle induit, pour France Télévisions, de nouveaux financements, publics, évidemment: et qui par conséquent seront finalement prélevés dans nos poches, en sorte que, tu l'auras compris, nous sponsoriserons le bonheur de la Une.

    C'est vrai aussi, je l'apprends ce jour dans "Libé", que par l'effet d'une heureusissime coïncidence, TF1, justement, avait produit "entre mi-décembre et début janvier", juste avant que le chef de l'Etat français ne préconise la suppression de la pub sur France Télévisions, un "livre blanc, transmis à l'Elysée", qui préconisait lui aussi, vois comme la vie parfois nous réserve d'assez poilants télescopages, la suppression de la pub sur France Télévisions."


    Le grand foutage de gueule

    Vous vous souvenez probablement de l'écart raciste d'Hortefeux, sur une aire d'autoroute, demandant à quelques personnes, normandes, d'où ils venaient. La réponse fut évidente: "de Caen".
    Mais ça ne satisfit pas Hortefeux, qui insista: "Oui, mais d'où?".
    Les personnes en question se répétèrent, visiblement troublées.
    C'est qu'elles avaient le malheur d'être noires. Et être noir, pour un gars de l'UMP, ça ne peut pas signifier la nationalité française, le fait d'être normand et d'aimer les crêpes bretonnes. Non! Quand on est noir, on dit qu'on vient du Mali, qu'on est de Bamako, et qu'on aime manger du mil et du poisson séché.

    Eh bien figurez-vous que Sarkozy a commis E-XAC-TE-MENT la même bourde aujourd'hui.
    En visite dans un patelin dont j'ai oublié le nom, où il vante les valeurs morales qu'il tente d'imposer, non pas aux français dans leur ensemble, mais aux basanés, colorés, surtout quand ils sont pauvres.

    Libé relate:
    "La visite d’un atelier consacré à «l’autorité parentale» donne lieu à cet échange avec une travailleuse sociale :
    "- Les familles viennent d’où ?
    - Du quartier.
    - Mais… l’origine? insiste Sarkozy."

    Vous chercherez probablement le sens de ces quelques mots, prononcés par le chef de l'Etat. En quelque sorte, le français de souche, le souchien, n'a pas de problème d'autorité parentale
    (en témoigne ma famille). Plus encore, si les problèmes sociaux, liés à la fracture et à la relégation sociale et urbaine sont avérés, et empiriquement incontestables, nous sommes en présence de ce néo-racisme auquel nous nous habituons: Il n'y a ni problème de pauvreté ni problème de relégation et d'exclusion socio-urbaine, il y a un problème ethnique. Culturel ou génétique. En gros, si la délinquance existe en France, ce n'est pas à cause de ces problèmes sociaux, mais simplement parce que les arabes ont le sang chaud, c'est génétique, ou bien parce que, ces arabes, de toute façon, vivent sans règle aucune, c'est comme ça dans leurs pays, et pas autrement.

    Racisme et xénophobie, soit, mais pourquoi éluder les problèmes sociaux réels??? Pourquoi essentialiser le problème avec une couleur de peau ou une culture prétendument exotique???

    Mais le plus choquant, c'est que quelques minutes après avoir fait ce magnifique lapsus, et une saillie supplémentaire tendant à la discrimination en raison des origines, il osa dire:
    "Ceux qui font prospérer le racisme et la xénophobie sont ceux qui refusent le débat."

    deux trois petites choses...

    Aujourd'hui, sur Libé, j'apprends que les grandes multinationales du CAC40 se portent bien. Très bien même. Mieux encore.

    Faut dire qu'avant le décompte total des bénéfices totaux, on savait déjà que ça dépasserait, cahin-caha, les 100 milliards d'euros. Sur cette somme, 40 milliards vont aux actionnaires. Vous savez, ceux qui se lèvent tôt pour travailler, et qui gagnent leur pain à la sueur de leur front, ceux qui réhabilitent pour de vrai la valeur travail, galvaudée par tous les geignards qui se plaignent du SMIC à 1005€ net.

    Y'a quelques mois, j'apprenais qu'entre 2002 et 2006, les profits de ces grands groupes avaient explosé: +1500% en quatre ans. Et vous connaissez la rengaine, l'explication ultime sur ces sommes inconcevables: "Les profits d'aujourd'hui sont les investissements de demain, et les emplois d'après-demain". Car plus les riches gagnent des pépettes, mieux se porte l'emploi chez nous: De fait, durant ces quatre années d'explosion des profits, le nombre de salariés a baissé de 0.3%…

    En 2007 donc, les profits sont encore plus haut. Ne cherchez pas le pourcentage, vous seriez encore plus dégoûtés.

    Tout ça pour dire que dimanche soir, le père Besancenot a commis un impair devant le ministre du budget, M. Woerth (si c'est mal écrit, tant pis).

    Ce corniaud de facteur a osé dire ( non mais quel âne): "En une seule année les patrons du CAC 40 vont gagner ce qu'un smicard va gagner en 500 ans".

    Déjà, il exagère, ça ne représente que 400 ans puisque la moyenne est de 6 millions d'euros. 400 ans de salaire, c'est rien, Bolloré vous le dira… ET puis ça représente 40% d'augmentation, alors qu'une journaliste au Monde, en novembre dernier, tirait la sonnette d'alarme:
    "Les dirigeants du CAC 40 voient leur pouvoir d'achat reculer. En 2006 comme en 2005 et en 2004, qu'ils soient PDG, directeurs généraux, ou présidents exécutifs, ils ont vu leur rémunération globale reculer. Selon les chiffres du cabinet Proxinvest, rendus publics mardi 27 novembre, leur salaire annuel (fixe et variable) a baissé de 2,7 % en 2006, pour s'établir à 2,2 millions d'euros en moyenne. En comptant les avantages en nature (voiture de fonction...), le recul s'élève à 10,34 %."

    Ben oui, les pauvres.

    Mais, là, notre petit postier, ne parle que de la rémunération des grands patrons! Il aurait aussi bien pu proposer quelque chose sur les profits, exorbitants. Sachez que ces profits représentent plus de 6.5 millions d'années de SMIC! Autant dire que les riches patrons sont tranquilles pour un moment…
    On pourrait payer TOUS les smicards sur une année avec seulement un tiers de ces profits.
    Taxons à 33% les profits, et avec ça, tu peux financer un véritable service public de la petite enfance et un autre pour les personnes âgées. Tranquille, hein?
    Et si on arrêtait d'exonérer de charges ces grosses entreprises profitables, on pourrait boucher le trou de la sécu en une année…

    Eh oui, je rêve…

    March 01

    shoah

    L'armée israélienne, après avoir tué quelques dizaines d'innocents par jour depuis quelques années (rien que de très naturel, donc), s'est énervé très fort, récemment.

    Eh oui: car malgré les massacres de civils perpetrés par l'armée israélienne, les pistolets à bouchon, pardon, pouf pouf, les roquettes kassam, continuent de faire des leurs.

    Bien entendu, pour ses immondes massacres, l'armée israélienne ne mènera aucune enquête et personne ne sera inquiété.L'armée israélienne, après avoir tué quelques dizaines d'innocents depuis une semaine (rien que de très naturel, donc), s'est énervé très fort, récemment.

    Eh oui: car malgré les massacres de civils perpetrés par l'armée israélienne, les pistolets à bouchon, pardon, pouf pouf, les roquettes kassam, continuent de faire des leurs.

    Bien entendu, pour ses immondes massacres, l'armée israélienne ne mènera aucune enquête et personne ne sera inquiété.

    Ce serait quand même con qu'un criminel aille en prison, le bâtiment est pas fait pour ça!

    Mais non, là n'est pas mon propos. Malgré ces massacres qui finissent par confiner au génocide, le vice-ministre de la défense a déclaré: "Plus les tirs de roquettes Qassam s'intensifieront, plus les roquettes augmenteront de portée, plus la shoah à laquelle il s'exposeront sera importante, parce que nous emploierons toute notre puissance pour nous défendre".
    Déjà, ça fait pas mal de temps que les civils en prennent encore plus dans la gueule que d'habitude.
    Mais il y avait autre chose à noter.
    Ce ministre parle de shoah.
    Pas pour son peuple.
    Pour le peuple voisin.
    Celui à qui l'on a pris sa terre pour leur donner.
    Belle gratitude.
    Shoah.
    extermination.

    C'est déjà bien commencé, me direz-vous, puisuq'ils n'ont pas de toite, pas de travail, pas d'accès à l'eau, pas d'accès aux soins, pas d'accès à la nourriture et qu'ils vivent comme des bêtes, sans aucun droit sauf celui d'accepter l'humiliation et la déshumanisation.
    J'aimerais comprendre ce que signifie l'usage du mot "shoah" pour un juif.

    Il n'y a pas beaucoup de solutions:
    ou la personne a parlé plus vite que sa pensée, utilisant un mot trop fort pour la circonstance
    ou la shoah ne veut rien dire pour lui, l'utilisant donc à tout-va,
    ou bien une réelle volonté d'extermination point, et la communauté internationale doit constater ce qu'elle a refusé de voir et qu'assume maintenant le gouvernement israélien.

    La deuxième option me paraît ridicule, sachant que c'est le socle de la légitimité d'Israël.
    La première me paraît bizarre: La victime a toujours intérêt à exagérer les maux qu'elle endure, mais l'oppresseur, le criminel, n'a pas cet intérêt là, sauf dissuasif.
    Promettre l'anéantissement, quand on est en position de force ressemble vaguement à une forme d'ultimatum, de chantage.

    Voilà pourquoi: ou l'on se trouve devant une situation de chantage à l'extermination, ou l'on se trouve devant quelqu'un qui désire réellement exterminer les palestiniens.

    Espérons que la communauté internationale fera quelque chose.