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    February 27

    La philosophie Katerine

    "Les révolutions se sont faites dans la fumée.
    1917, 1968, 1871, c'était des gens qui fumaient!
    Interdire de fumer, c'est interdire les révolutions à mon avis!"

    tiré de l'émission, "Ce soir ou jamais".

    February 25

    La propriété privée

    Ah, je suis content, je reçois la newsletter de l'autre campagne et comme les questions philosophiques qui hantent cette campagne politique sont nombreuses, la question de la propriété a été traitée, et il est intéressant de noter qu'elle n'est ni naturelle ni absolue quelque soit l'époque, c'est une "valeur" qui fluctue avec le temps, dont les limites sont floues, et dont les droits afférents à cette propriété sot aujourd'hui parfois tentaculaires. On parle, sur les blogs de l'autre campagne des limites des droits actionariaux, par exemple... Enfin, je vous laisse un bout du compte-rendu de leur journée de réflexion sur "Dé-posséder: limites et alternatives à la propriété privée"

    "La propriété privée résulte toujours d'un contrat social qui définit historiquement le type d'usage qu'un individu est autorisé à faire de son bien. Les limites des droits associés à la propriété privée ne sont donc pas gravées dans le marbre, mais évoluent au gré des changements légaux et règlementaires et des rapports de forces politiques qui en sont le moteur. Il y a donc toute légitimité à en débattre.

    Cette précision est importante, car la critique de la propriété est souvent renvoyée aux rangs des utopies collectivistes du communisme d'Etat (l'annonce de ce débat a suscité de nombreux commentaires très violents sur ce mode). Même si il y a lieu de revendiquer l'existence de biens communs non appropriables telles que les ressources naturelles vitales, il ne s'agit pas de remettre en cause toute idée de propriété privée ; cette notion demeure associée à l'idée d'autonomie et de liberté, ce qui justifie son inscription dans la déclaration des droits de l'homme et du citoyen. Comme le note Philippe Aigrain en introduction de son intervention, la protection de la vie privée est ainsi associée à l'idée d'une propriété de son espace personnel, et dans ce cas, la lutte contre les formes d'intrusion policière ou marchande peut s'apparenter à une exigence de renforcement de certains droits de propriété.

    Ce qui est contesté, par un certain nombre d'intervenants, est l'extension sans fin des droits associés à la propriété privée qui conduit à menacer d'autres droits essentiels, collectifs et individuels. C'est à cette logique " propriétariste " qu'il importe de s'opposer en redéfinissant dans différents domaines les limites des usages autorisés des biens privés, et en modifiant la hiérarchie des droits."

    February 22

    Le SLAM!

    Je reproduis ici de larges extraits d'un texte de Frédéric Lordon, visant à limiter la démesure des revenus du capital par cette mesure, le "SLAM".("Shareholder Limited Authorized Margin", ou Marge actionnariale limite autorisée). Il est paru dans le Monde Diplo et dans le recueil des textes de L'Autre Campagne.

    [...]
    Certaines sociétés ont connu la domination d’une Eglise, d’autres ont été sous la coupe d’un parti unique, d’autres encore craignent leur armée, plus puissante qu’aucune autre institution. La société capitaliste actuelle, toute démocratique qu’elle s’imagine, expérimente elle aussi le joug d’un groupe surpuissant, affranchi de toute force de rappel, par conséquent prêt à pousser son avantage jusqu’où bon lui semblera. Ce groupe, ignorant des limites et en proie à la démesure, c’est la finance actionnariale.
    Le pouvoir et la démesure ne tombent pas du ciel, ils sont inscrits dans des structures. Faire la généalogie de l’hégémonie actionnariale, c’est s’interroger sur les transformations structurelles qui ont libéré l’élan de la puissance financière. De ce point de vue, il suffit d’une carotte géologique sur les deux décennies écoulées pour reconstituer la prise de pouvoir de la finance. Evidemment, il s’agit là d’un exercice d’une autre nature que celui de l’anniversaire insignifiant ou de la commémoration qui fait vendre, dont le journalisme décérébré raffole, lui qui n’ayant rien omis de la démission de M. Jacques Chirac de Matignon (30 ans) ou des voitures en feu (un an), a en revanche soigneusement laissé de côté l’événement le plus structurant de la société française sur le demi-siècle écoulé, à savoir la loi de déréglementation financière de 1986 (20 ans).
    Autoriser ainsi les investisseurs internationaux à aller et venir librement, organiser la liquidité du marché boursier, c’est-à-dire la possibilité de vendre instantanément des blocs de titres, donc de quitter le capital d’une entreprise avec la même facilité qu’on l’avait abordé, installe les conditions de ces grands mouvements de capitaux qui vont balayer le marché et in fine faire les cours…
    [...]
    Aussi, du sommet, descendent tout au long de la structure hiérarchique de la firme, et presque sans perte en ligne, les injonctions qui convertissent le désir de la persévérance managériale, lui-même aiguillonné par le désir de l’enrichissement actionnarial, en mobilisation productive intense. Ceci jusqu’au dernier salarié, et même bien au-delà, dans tout le tissu des sous-traitants, chacun étant sommé de faire don de ses gains de productivité, captés, “ remontés ” et agrégés pour nourrir le tribut payé aux actionnaires.
    [...]
    Au tout début des années 1990, une grande banque comme la Banque nationale de Paris (BNP), confrontée à la révolution actionnariale qui s’annonce, avoue un peu piteusement un taux de profit, le ROE1 de 2 % à 3%. L’histoire est là pour attester que cela n’a pas empêché la BNP de prospérer jusqu’ici, mais précisément cette histoire va changer…
    A la fin de la décennie, le pli est pris : la “ norme ” actionnariale exige 15% ! Notre BNP, qui en 1999 se bat contre la Société Générale, a fait bien des progrès : elles s’engage maintenant sur un ROE de 18 %. Le milieu de la première décennie 2000 voit des entreprises de moins en moins rares à proposer à leurs actionnaires des ROE de 20 % voire 25 %. En 2006, The Economist s’extasie sur la performance de Goldman Sachs qui aura “ sorti ” un 40 % record2. Bien sûr, même pour The Economist, c’est un résultat exceptionnel et qui ne saurait être généralisé. Mais on a connu l’hebdomadaire libéral plus allant, pourquoi être ainsi timoré ?
    En fait la question doit être posée autrement : où sont les forces qui pourraient empêcher la finance actionnariale de faire du record d’aujourd’hui la norme de demain ?
    [...]
    Mettre une limite au désir sans limite de la finance suppose alors de borner réglementairement et autoritairement son profit, seul moyen de lui ôter toute incitation à pressurer les entreprises, leurs salariés et leurs sous-traitants, en créant donc les conditions qui rendent la sur-exploitation sans objet. “ Réglementaire ” et “ autoritaire ” étant les deux gros mots absolus aux yeux de l’idéologie libérale, qui offre aux puissances dominantes tous les moyens de maltraiter, mais “ libéralement ”, il ne faut pas hésiter à les employer ni à les articuler bien distinctement pour signifier que nous avons compris la nature du capitalisme comme arène de puissances, et non comme paisible lieu de rencontre des offres et demandes, et que nous sommes décidés à en tirer toutes les conséquences pratiques. A la force, il faut opposer la force, à celle du capital, celle de la loi - la seule à notre disposition.
    C’est l’instrument du fisc qui se chargera de guillotiner le profit du capital actionnarial - qu’il se rassure, nous lui en laisserons un peu, et aussi la tête sur les épaules. Lui en laisser un peu n’est pas autre chose qu’en revenir à la norme économique rustique qui veut que le capital se rémunère grosso modo à la hauteur du taux d’intérêt. Des 10, 15, puis 20 % réclamés aux 3% qui font les taux d’intérêt actuels, il y a l’exacte mesure de la dérive financière à rembobiner.
    [...]
    Gaver l’actionnaire de liquidités, voilà encore le moyen le plus direct de le cajoler. Mais l’expédient prend des proportions telles qu’il tourne au parasitisme à grande échelle. Les gâteries faites aux actionnaires détournent ainsi des sommes croissantes d’usages alternatifs tels que l’investissement productif ou la recherche et le développement (R&D) - on ose à peine évoquer le maintien de l’emploi ou l’augmentation des salaires - en même temps qu’elle donne une illustration supplémentaire du pouvoir acquis par le capital actionnarial, mesuré ici par sa capacité à pomper impunément la richesse de l’entreprise.
    [...]
    Mais qu’on ne s’y trompe pas : l’internationalisation de la proposition répond à des intentions essentiellement politiques, et secondairement “ techniques ”. Qu’on n’aille, en particulier, pas y voir l’anticipation d’un projet qui devrait être “ nécessairement international ” pour venir à bout de la prévisible objection, jadis opposée à la taxe Tobin, qu’un dispositif de cette nature ferait “ immédiatement fuir les capitaux hors de France ”. Qu’ils fuient, ma foi c’est bien possible, quoique dans une mesure qu’il ne faut sûrement pas s’exagérer. Que ce soit un problème réel, c’est déjà beaucoup plus contestable. Il est temps en effet d’indiquer la portée véritable des “ bienfaits ” de la Bourse au chœur des amis des marchés financiers qui ne cesse de répéter que “ sans elle, pas de financement ”. Car, à supposer même qu’on mette de côté la somme extravagante des nuisances en tout genre infligées aux entreprises par la tutelle actionnariale, la thèse de la “ Bourse-qui-finance-l’entreprise ” est tombée depuis belle lurette dans le domaine des contrevérités patentées.
    Evidemment pour s’en apercevoir, il faut avoir l’idée de mettre les apports de fonds propres en regard de tout ce que, par ailleurs, le chancre actionnarial ne manque pas de prélever. Tous calculs faits, il est apparu que dans le cas des Etats-Unis, paradis de la finance s’il en est, les prélèvements de dividendes et de buy-backs sont devenus supérieurs aux injections de capitaux frais, de sorte que la contribution nette des marchés d’actions au financement des entreprises est maintenant… négative !

    Je vous incite à lire son article directement sur le site de lautrecampagne.org
    February 19

    Le nouvel Observateur a enfin quelque chose à observer

    J'ai très envie de dire que c'est merveilleux, mais faut pas pousser Mémé dans les orties.
    Le Noubel Obs, journal bien-pensant se disant de gauche, vient de se réveiller. Crise de conscience, recul salutaire, ou simple recherche de rentabilité, leur sujet de cette semaine a fait mouche.

    "Les intellos sont-ils en train de virer à droite?" (en gros).
    Ce que le Nouvel Obs appelle "les intellos", ce sont ceux que Gramsci appellait les "intellectuels organiques", ou que Bourdieu appellait "les intellectuels médiatiques". En gros, Finkielkraut, BHL, Glucksmann, Onfray, etc. C'est-à-dire les vendeurs de prêt-à-penser pas cher, qui arrivent à faire comprendre des concepts très importants à des ménagères de 50 ans et plus, ce qui explique le succès de leurs livres (ils font comme à sciences-po, ils vendent du vent). Outre cet aspect, en général, on se rend compte qu'ils n'ont pas grand chose, à dire, ou s'ils ont quelque chose à dire, il faut qu'ils le fassent de travers!

    Ce qu'il y a de prétendûment choquant dans ce nouvel épisode hebdomadaire, c'est que le nouvel obs essaie de nous faire croire que Glucksmann, Finkielkraut, BHL, Gallo ont déjà été à gauche une fois dans leur vie. Tout au plus le maoïsme de Glucksman était-il opportuniste. Mais Taguieff, Adler sont épuisants. Comment peuvent-ils?

    Comme le confie Aude Ancelin, "En 2007, il n'y aura pas de Coluche pour recueillir les intentions de vote des Pierre Bourdieu, Jean-Pierre Faye ou Jean Baudrillard, comme en 1981."

    Je dirais plutôt qu'il n'y a plus en france de Bourdieu ou de Baudrillard assez influent pour rappeler avec l'autorité qui va avec leur statut les bêtises dans lesquelles s'embourbent les pseudos-intellectuels.

    Enfin, comme Le Ieb connaît ce mec là, je mets sa réponse à la question que lui pose Aude Lancelin (une vraie journaliste???) à propos des néo-droitiers:
    "Le Nouvel Observateur. - Quel regard portez-vous sur la « droitisation » actuelle de nombreux intellectuels français ?
    Benjamin Stora.
    - Le 21 avril a été tout autre chose qu'un problème de « dispersion électorale ». Il a révélé le glissement continu de la société française vers la droite, que j'observe pour ma part depuis quinze ans à travers mes travaux sur la colonisation. Tous ces débats sur « l'excès de repentance » sont proprement scandaleux. Il est devenu difficile de faire son travail d'historien sans donner l'impression d'attaquer la France. Quinze siècles d'islam ne peuvent pourtant être réduits à de telles déformations. Ce qui me donne du courage aujourd'hui, c'est toute une génération de jeunes chercheurs qui travaillent enfin sur ces problèmes cruciaux. Eux seuls permettront à la gauche de retrouver le rang intellectuel qu'elle a pour l'heure perdu."

    Nous pouvons seulement regretter que cette personne, M. Stora, qui a quelque chose à dire, n'aie répondu qu'à 3 questions, car les journalistes ont probablement préféré faire une interview fleuve de BHL, qui n'avait rien à dire, à part sottises et billevesées.

    Enfin, derrière Rosanvallon et sa République des Idées, Thierry Pech a osé dire ce que de nombreux intellos de gauche pensent tout bas, faute d'avoir l'opportunité de s'exprimer dans les médias. « Vive l'impôt ! » Comme dit l'un des signataires, Thierry Pech, secrétaire général de la République des Idées : «En matière de fiscalité, la démagogie et le n'importe-quoi sont à l'évidence du côté de Sarkozy.»

    Il existe donc en france des gens de gauche, sensés, intelligents qui ne tombent pas facilement dans la facilité de la stigmatisation et ont un sens de l'naalyse plus aigü que nos fameux intellectuels.

    Comme disait desproges: je suis un gaucher contrariant: j'emmerde les droitiers!

    February 15

    Nouvelles brèves

     
     
    L'entrprise Total, qui a des ramifications un peu partout dans le monde, qui suce la moelle de pays qui ne se développeront jamais, a fait un bénéfice record en 2006 de 12.6 milliards d'euros. N'essayez pas d'imaginer, ça ne sert à rien, c'est beaucoup. En pleine campagne présidentielle, Ségolène Royal a proposé une taxe exceptionnelle pour les entreprises pétrolières.
    Et là, réponse de Pierre Lellouche, député UMP, qui ne rigolait pas: "
    L'idée qu'une entreprise, parce qu'elle fait des profits, est par définition coupable, est une aberration."

    Après la droite décomplexée, voilà la droite victime! Car payer des impôts, c'est une punition! Voyez-vous, dans notre pays, c'est commettre une faute que de gagner de l'argent! Comment peut-on dire une chose pareille? Il ne s'agit pas de culpabilité, il s'agit de citoyenneté! Tu paies de simpôts parce que tu vis en société, mais notre droite de plus en plus extrême vient nous dire que payer des impôts, c'est mal! D'ailleurs, au lieu de mettre des criminels en prison, on devrait leur donner des milliards d'euros, accompagnés d'une feuille d'impôts. Ah, croyez-moi, ça ferait baisser la récidive!


    2e brève: A l'attention de Fiurenzu, Bernard Tapie a déclaré aujourd'hui: "
    tu ne passes pas de journaliste à La Montagne à directeur de la rédaction du Monde. Ça ne remet pas en cause son intelligence, sa bonne foi, mais il y a des responsabilités qui ne s'improvisent pas."


    Dernière brève: je me suis fait virer. Le motif: pas assez productif, apparemment. Je pense que c'est un canular, parce qu'ils sont jamais venus me voir au boulot. Le motif réel du licenciement par Téléperformance, c'est que comme des grosses buses, ils ont embauché beaucoup trop pour leur nouvelle mission, et comme les résultats étaient laaaaaaargement sous leurs attentes, ils n'ont pas voulu s'encombrer. D'abord, ils ont viré tous les intérimaires, et ensuite, ils ont tiré quelques personnes, nouvelles au sort.
    Là où je leur en veux, c'est de nous avoir dit qu'on serait réaffectés sur d'autres missions si jamais le volume d'appels n'était pas assez important, et qu'au mépris de leurs paroles, ils ont préféré foutre tout le monde à la porte. Ce sont les valeurs Téléperformance!



    February 13

    L'autre campagne

    Je suis euphorique. Non pas qu'ait émergé dans la campagne présidentielle un candidat providentiel (on a déjà Sarko), mais, par hasard, j'ai découvert, dans un article du Monde d'aujourd'hui, l'existence d'un collectif d'intellectuels cherchant à sortir la campagne de son marasme.
    Vous vous en doûtez, je ne peux qu'approuver et applaudir des 2 mains, des deux pieds et des deux oreilles face à un tel élan militant pour la construction d'un programme raisonné, intelligent, qui vise non pas le pouvoir, mais réellement m'intérêt général.

    Oui, oui, je m'emporte. Je suis comme un petit diable, je danse autour d'un feu sur une musique tribale!

    Avant de commencer à parler "substance", je voudrais quand même rappeler un fait du champ scientifique que tout le monde ne connaît pas: Il est nécessaire d'avoir énormément de courage, quand on est historien, sociologue, psychanalyste, anthropologue, philosophe pour oser sortir de la sphère de "la science" pour entrer dans la sphère du prescriptif et du normatif. Il est extrêmement douloureux pour un scientifique d'abandonner un temps ses analyses formelles pour entrer dans la sphère d'action de l'expert. Il faut reconnaître à leur juste valeur les propositions des non-candidats qui cherchent à interpeller les acteurs de la campagne présidentielle.
    Je ne me fais pas d'illusion: cette "autre campagne" s'adresse aux intellectuels et peu de gens iront lire les propostions concrètes proposées par nos penseurs.
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    Pour exposer leurs idées, ils ont publié un livre aux éditions de la découverte, qui est très voyant et que vous ne louperez pas. Il coûte 15€, c'est pas cher pour ce que c'est, c'est moi qui vous le dis.
    Ils disposent aussi d'un site internet contenant une grande partie de leurs propositions.

    Comme je viens de le découvrir, je ne peux m'avancer énormément sur les propositions. Les participations de Paul Ariès, de Bernard Lahire, d'Eric Fassin, de Michel Husson interdisent de doûter quant à la qualité et à la pertinence de leurs idées.

    Je vous en dirai plus plus tard, désolé de vous abandonner en chemin, mais surtout: n'hésitez pas à faire circuler l'info!

    February 12

    A propos d'islamophobie...

    L'islamophobie n'est pas un terme qui fait consensus. ce n'est pas un terme unvioque. Ses partisans, et ses détracteurs ne le créditent pas du même signifié. Avant de se lancer dans des diatribes, il faut mettre à plat la signification de ce terme-là.

    Val, Venner, Fourest et les autres "islamophobes" lui accordent un sens de "stigmate délégitimant". c'est-à-dire que ce terme serait utilisé pour discréditer et délégitimer l'interlocuteur "critiquant" l'islam. Ils confèrent ce sens à ce mot en ce que leurs recherches respectives aboutissent à un sens premier qui correspondrait à celui d'un islamiste accusant des non-musulmans de critiquer l'islam.

    On peut faire quelques critiques quant à l'usage de ce terme: 1. le sens premier du mot n'es tpas un sens éternel, càd que les analystes tombent dans l'illusion phénoménologique de l'unité substantielle du signifiant. 2. D'autres recherches historiques donnent un autre sens à ce mot. 3. les analystes en question ne considèrent absolument pas les usages sociaux du terme en question, qui est de moins en moins utilisé pour faire avancer l'islamisme en France, mais pour qualifier des insultes, des outrages, des injures à l'encontre de certaines personnes, catégorisées et essentialisées par leur religion.

    Le terme "islamophobe" est majoritairement utilisé en France par des associations pour dénoncer des discriminations et des injures, et par des intellectuels pour dénoncer une situation socio-économique et idéologique.
    C'est le même sens employé par l'extrême-gauche.

    Il y a ensuite un deuxième débat, qui n'est pas du tout le même, bien qu'il soit de manière illusoire relié au premier, c'est celui de la conciliation de certains droits et devoirs de notre pays. Quand une personne de gauche appelée aussi "islamo-gauchiste" défend le droit de réponse et la condamnation de propos insultants, défend le droit à l'indignation morale face à des caricatures, défend l'égalité de droits des musulmans, ce n'est pas un extrêmiste. Il se place dans une problématique bien particulière, sur un terrain miné idéologique sur lequel chacun se place: entre le respect des lois sur la liberté d'expression et le respect des lois sur l'intégrité morale de la personne, il y a une zone de droit indéterminée.
    Sont condamnés chez nous les propos insultants, injurieux envers une communauté religieuse, culturelle, ethnique, socio-économique.(regardez l'article 29 et 33 de la loi de juillet 1881 sur la liberté d'expression).
    Mais sont autorisées le droit à la caricature, le droit à l'espace public, le droit à l'expression libre (sous couvert de respect desdites lois sur la liberté d'expression).

    Un choix doit être fait, juridiquement. Si à gauche, on préfère prendre en compte la valeur "prudence" et se méfier d'une situation sociale qui peut vite dégénérer, pour défendre une égalité de traitement pour toutes les communautés, à droite on préfère défendre des principes formels et la grandeur de la liberté d'expression.
    Le législateur est dans une situation difficile.

    L'opinion aussi. Il me semble qu'il est trop facile de taxer d'extrêmiste ou de raciste chaque partie.
    Il me semble néanmoins nécessaire d'affirmer, avec conviction, que le racisme n'est plus affaire de races. Pour épondre à Sympatik sur ce point, je crois, un "juif qui a de l'argent", ça ne tient pas dans ses gènes, ça tient d'une situation sociale, qui va être essentialisée et affectée à chaque personne du peuple en question. De même, si on est raciste envers les noirs, bien que la tendance proprement raciale existe encore, c'est leur propension à la paresse (parce qu'ils habitent au soleil: il fait trop chaud pour travailler...), leur culture "autre" qui est raison de discrimination ou d'exclusion.
    On est sortis du racisme purement racial pour un racisme sans-races ou celui-ci stigmatise des communautés entières la majeure partie du temps à tort.

    Quant aux comparaisons entre islamophobie et antisémitisme, elles peuvent faire avancer, contrairement à ce que l'on croit. Si l'on prend l'antisémitisme comme une discrimination, un outrage envers une communauté, on peut comprendre l'islamophobie comme des outrages envers une autre communauté. De même qu'il y a des musulmans terroristes, il y a des juifs banquiers (ou dans les médias). Doit-on condamner une personne affirmant l'un ou l'autre? Non. Mais on doit condamner les propos qui tendent à limiter chaque communauté à un de ces traits devenant injurieux. Pour répondre à une critique lancinante, disant que l'antisémitisme touche des hommes et l'islamophobie une religion: un juif est un humain, mais je voudrais rappeler qu'un musulman en est un aussi. l'islamophobie n'attaque pas l'islam: ce qu'on lui reproche, c'est d'attaquer les musulmans. le droit à la critiquer est autorisée, le droit à l'insulte, non.

    Pour revenir au premier débat, personne n'irait jusqu'à discréditer le terme "antisémitisme", car il serait utilisé par des extrêmistes juifs pour discréditer leurs adversaires et mener des actions peu louables.

    Pour revenir sur Charlie Hebdo, et pour se rendre compte de la situation ubuesque dnas laquelle nous nous trouvons, comparable à l'affaire Redeker, où la liberté d'expression a deux poids, deux mesures, il faut voir les inégalités de traitement juridique et médiatique des affaires de sketches ou de caricatures. L'ensemble de la communauté médiatique, l'ensemble des pipoles médiatiques a condamné Dieudonné et son sketch sur uun colon israélien. Personne, ou presque n'est venu défendre sa liberté d'expression, le droit à la caricature. Ici, c'est le contraire l'nsemble de la communauté médiatique défend Charlie et présente la liberté d'expression comme une espèce en voie de disparition. Cela est extrêmement inquiétant, et montre, malgré le refus d'ouvrir les yeux de certains, le traitement différencié de l'opinion sur l'islam par rapport aux autres sujets.
    Je vous invite ainsi à lire cet article de M. Levy, tiré de l'excellent site Les Mots Sont Importants:

    February 11

    Le syndrome de Stendhal

    " J’étais dans une sorte d’extase, par l’idée d’être à Florence, et le voisinage des grands hommes dont je venais de voir les tombeaux. Absorbé dans la contemplation de la beauté sublime, je la voyais de près, je la touchais pour ainsi dire. J’étais arrivé à ce point d’émotion où se rencontrent les sensations célestes données par les Beaux Arts et les sentiments passionnés. En sortant de Santa Croce, j’avais un battement de c¦ur, la vie était épuisée chez moi, je marchais avec la crainte de tomber ".
    Ces mots sont ceux de Stendhal à la sortie de l’église Santa Croce (Florence). (emprunté à ce site)

    Le syndrome de Stendhal est une maladie psychosomatique qui provoque des accélérations du rythme cardiaque, des vertiges, des suffocations voire des hallucinatins chez certains individus exposés à une surcharge de chefs-d'œuvre artistiques. Cette perturbation est assez rare et touche principalement des personnes sensibles. Ce syndrome fait partie de ce qu'on peut appeler les troubles du voyage ou syndromes du voyageur.
    L'équivalent religieux de syndrome de Stendhal s'appelle le syndrome de Jérusalem.
    (emprunté à l'article correspondant de Wikipédia)En fait, la gravité et la nature des symptômes varient beaucoup, explique-t-elle. Durant quelques minutes ou quelques jours, l’on ressent des troubles de la perception - l’entourage, par exemple, paraît menaçant -, des sentiments de dépression ou d’angoisse, voire des « crises de panique »... Mais dans tous les cas, il y a crise d’identité ; de façon plus ou moins durable, les gens ne savent plus qui ils sont. L’explication ? Elle vient de la conjonction de trois facteurs : l’histoire personnelle du sujet, le fait d’être en voyage (on perd momentanément ses repères quotidiens) et la rencontre avec les oeuvres d’art. Le fait d’être doté d’une bonne culture artistique, ou d’un froid intellect, ne protège personne : il existe des structures psychiques prédisposées au syndrome, d’autres non. Surtout, c’est toujours un détail de l’oeuvre, un aspect particulier, qui « fait mouche » et ramène à la surface quelque chose de profondément enraciné en soi.(source)



    February 07

    Islamophobie ou liberté d'expression: Le droit à l'insulte en question

    Vou savez certainement que cette semaine s'ouvre le procès contre Charlie Hebdo pour avoir diffusé des caricatures heurtant la sensibilité des musulmans. Les caricatures du Jylland Posten ne me posent pas de problème: ce sont des caricatures, et en effet, si l'on devait censurer tout ce qui risquerait de heurter une sensibilité, on ne dirait plus rien.

    Mon problème, dont nous avons Paul et Mickey avec Charlène est celui de la couverture du Charlie Hebdo en question. je reviens sur mes dires, car le dessin, que je me refuse à appeler une caricature (Cabu a fait bien mieux...), où Mahomet disait "c'est dur d'être aimé par des cons", est insultant. Cela nous en sommes d'accord. c'est donc le statut de caricature, qui permet de dire tout ce que l'on veut, qu'il faut discuter.
    Or une caricature, c'est un portrait satirique où l'on accentue et déforme un trait saillant d'un personnage: la taille de Nicolas Sarkozy, son agressivité verbale ou politique, etc.
    Ici, Rien de cela, seulement le prophète disant cette phrase insultante pour les musulmans. Je ne souhaite pas remettre en question le droit à la caricature, qui me semble normal. Je ne remets pas en question non plus la "liberté d'expression", je me demande simplement si le dessin de Cabu était caricatural et donc légal ou s'il n'était qu'un torchon provocateur, ce qui passe pour de l'illégalité à mes yeux.

    Là où je reviens sur mes dires, c'est qu'à côté du dessin, il est précisé: "Mahomet débordé par les intégristes". Et là, en revanche, le dessin "satirique" passe simplement pour un torchon légal, puisque ne visant pas les musulmans, mais les intégristes.

    QUOIQUE...

    Il me reste une remarque. Peut-être bête. Mais, et si nous prenions l'affaire en sens inverse! D'où sort ce dessin? Du cul de Cabu (amputé du cerveau , le pauvre). Pourquoi l'a-t-il fait? (Surtout pour les $$$, car l'hebdo souffre) Comme dit Val sur France 2 avant-hier, par solidarité pour le Danemark et France Soir. C'est un dessin qui vise à provoquer l'ire de ceux qui étaient déjà énervés. Qui sont ces gens? Ce sont des musulmans qui se sont trouvés choqués d'être, dans l'imaginaire populaire, limités à des terroristes, et seulement cela. Ceux qui vont se plaindre, par conséquent, ce sont les modérés qui n'acceptent pas cette vision monolithique de l'Islam, et pas les intégristes, qui assument leurs idées pleinement.
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    Donc, l'amalgame du dessin de Cabu, ce n'est pas celui du musulman=con, histoire de la première lecture, c'est l'amalgame: musulman choqué=intégriste. Le contexte a du bon, rappelons-le.

    Je regrette sincèrement que Val n'aie pas laissé sa parole à son interlocuteur, lui qui défend ardemment la liberté d'expression. De même Glucksmann avait empêché un penseur de critiquer l'article de Redeker, le menaçant de diffamation et tentant de l'emêcher de s'exprimer. Car c'est la nouvelle politique islamophobe: Défendre à tout va la liberté d'expression pour les islamophobes, et la refuser à ceux qui ne sont pas d'accord avec cela. La partialité de Mme Laborde, était, qui plus est, flagrante.
    vidéo ici: regarder

    Revenons à nos moutons. Val. Puisque certains disent: "oh, c'est le grand manitou de Charlie, le journal contestataire, qui ose dire tout haut ce que nous pétons tout bas".
    Bien, Val, alors. Dénoncé un peu partout pour son obsession islamophobe, je vous conseille l'article d'un site sympa, qui montre un peu cette nouvelle gauche, plus proche de Sarko que de Montebourg ou Buffet. Sans vouloir être méchant, ce ne sont pas les gauchistes qui se sont islamisés (appellation facile "d'islamo-gauchisme"), ce sont les prétendus militants d'une gauche "caviar" qui se sont islamophobisés! La gauche n'a pas changé, elle reste accueillante et refuse les discriminations, les gnééralisations, etc., Ce sont eux qui ont changé, il n'y a qu'à voir Finkielkraut qui est "atterré" par la gauche (et la gauche est atterrée par lui) et lui préfère de loin Sarkozy!
    Quant à ce sacré défenseur de la liberté d'expression, Val, il faut quand ême savoir, qu'il "
    n’a plus rien à dire, il sort son crucifix, celui de l’église des athées : « Vous êtes tous des fascistes », dit-il tout angoissé. Les Le Pen, les Mégret, il en voit, là et là et partout ! Un film un peu musclé ? Fascisme ! Une plaisanterie graveleuse ? Fascisme ! Un roman populaire ? Fascisme ! Un commerce florissant ? Fascisme ! Et le piège se referme : ne plus définir la démocratie que par opposition au fascisme et au communisme... "

    C'est le même val, qui, a dit que "
    que le vote NON prépare le retour d’Auswitch".....car selon lui, s’opposer à la concurrence libre et non faussée c’est vouloir "l’instauration du système qui a fait les preuves de sa réussite en Corée du Nord". Bravo monsieur val. (plus de majuscules, faut pas déconner.)

    Enfin, le magazine Pour Lire Pas Lu avait déjà annoncé la mort de Charlie hebdo, avec Val à sa tête:
    "Quand, dans un hebdomadaire, le patron-dictateur se prend pour Montaigne et pense comme BHL, quand ses employés grommellent mais se courbent devant ses volontés, ce journal est un cadavre déjà glacé."

    February 06

    La Clavetine VS Glucksmann (et Sarko)

    Magnifique passage de la tribune de La Clavetine, écrivain:
    (il parle de Glucksmann et de son article où il annonce sa préférence pour N.S)
    "Nous sommes désormais habitués aux combats menés pour la galerie cathodique par les titans de la pensée française. Moi et George Bush, moi et Saddam, moi et Sharon, moi et Bouteflika, moi et le Che, moi et le pape, moi et Fidel, moi et Mitterrand, moi et de Gaulle. Un peu comme Nicolas, en somme, ce Nicolas dont vous faites sans rire un descendant d'Hugo et de "la France du coeur", en référence sans doute aux Restos du même nom, où il envoie ses pandores effectuer des rafles, sûrs qu'ils sont de trouver autour des gamelles de soupe leur ration de sans-papiers ; ce Nicolas héritier de Jaurès qui prône la restriction du droit de grève et le démantèlement du code du travail ; ce Nicolas qui glorifie l'abbé Pierre tout en faisant cueillir par ses gendarmes des enfants trop foncés dans les salles de classe.

    Mais tout cela, n'est-ce pas, se passe dans ce minuscule Hexagone que vos regards dédaignent."
    February 05

    Proverbe Cantonais

    "Plus les toilettes sont proches du fourneau, plus la cuisine est bonne"

    brèves

    Je suis un peu lassé par les revendications des associations homosexuelles. Vraiment. Que le PACS ne soit pas suffisant, je l'admets. Mais que d'autres projets ne les intéressent pas, comme le contrat d'union sociale, avec des avantages similaires au mariage les désintéresse, me laisse coi. Et que la simple possibilité d'adopter ne leur suffise pas me laisse pantois.
    Ce n'est pas qu'une question de se régler avec la nature, mais invoquer les possibilités offertes par la science pour faire "comme les autres", ça me dépasse. Je ne comprends pas pourquoi l'AGPL, veut "corriger" les inégalités naturelles qui veulent qu'un couple hétérosexuel ait de plus grandes chances de procréer qu'un couple homosexuel. Qu'un couple stérile ait droit aux avantages techniques, bien. Mais que les homosexuels s'y mettent, je ne saisis pas. Et le pire, c'est qu'ils vont bien plus loin: Ils demandent à ce que soit accordé le droit de chaque homme et femme à pouvoir avoir un enfant! Quelle belle revendication politique! Quelle marque de maturité!
    Tout ça pour avoir les mêmes droits que les hétéros. Je ne suis même pas sûr que ce soit pour les enfants. C'est une bête question d'égalitarisme. Ils vont bientôt demander à se faire greffer un utérus, car les femmes, elles, peuvent procréer sans les hommes!
    http://www.communautarisme.net/Le-meilleur-des-mondes-demain,-tous-parents-_a840.html

    Autre chose: Laurence Danon, reprend la presse qui l'accusait de se voir octroyée six années de salaire pour son départ. Et bien ce ne sont que deux années! Pour une broutille de 2.5 millions d'euros. Ah, le chômage, c'est sûr, ça profite plus aux patrons qu'aux employés...
    http://www.liberation.fr/actualite/instantanes/femmedujour/232523.FR.php

    Dernière brève, je commence à bosser vendredi. exceptionnel. Espérons que je serai à la hauteur...