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日志


10月15日

Quand y'en a marre...

Je n'interviens plus parce que je prends l'habitude du régime qui banalise toutes les atrocités du monde.

Cependant, j'ai été récemment indigné d'entendre plusieurs personnes de ma connaissance, que j'estimais, défendre Frédéric Mitterrand au sujet de ses "moeurs dissolues", comme on dit si bien.
J'ai été choqué de voir Hamon cloué au pilori de l'extrême-droite pour avoir été choqué et avoir souligné le problème des réseaux de prostitution et du tourisme sexuel.
Je suis choqué de constater le consensus chez les journalistes de la sainte innocence de ce ministre, victime de l'extrême-droite et de ceux qui leur collent aux basques. Je suis choqué de voir le consensus se faire au sujet de ce pauvre Polanski, victime d'une gamine...

Je ferais d'abord le parallèle avec ce billet de M. Fontenelle qui recadre un peu la double morale, celle des faibles et celle des forts, qui peut être édictée à deux jours de différence.
Et je rappellerais les propos précis du ministre de la culture:

"Je m'arrange avec une bonne dose de lâcheté ordinaire, je casse le marché pour étouffer mes scrupules, je me fais des romans, je mets du sentiment partout, je n'arrête pas d'y penser mais cela ne m'empêche pas d'y retourner. Tous ces rituels de foire aux éphèbes, de marché aux esclaves m'excitent énormément. La lumière est moche, la musique tape sur les nerfs, les shows sont sinistres et on pourrait juger qu'un tel spectacle, abominable d'un point de vue moral, est aussi d'une vulgarité repoussante.

Mais il me plaît au-delà du raisonnable. La profusion de garçons très attrayants, et immédiatement disponibles, me met dans un état de désir que je n'ai plus besoin de refréner ou d'occulter. L'argent et le sexe je suis au coeur de mon système, celui qui fonctionne enfin car je sais qu'on ne me refusera pas (…) La morale occidentale, la culpabilité de toujours, la honte que je traîne volent en éclat ; et que le monde aille à sa perte, comme dirait l'autre (…)."


Alors, voilà, la plupart des prépubères de la pensée, les journaleux et autres répétiteurs  de ce qu'on entend à la télé/radio vont trouver scandaleux l'amalgame entre l'homosexualité et la pédophilie, qui n'est pas la même chose, dites-donc. Oui. En passant, relisez la définition du mot éphèbe. Et relisez la déclaration du ministre sur la différence entre "un boxeur de 40 ans et un mineur". Dites-moi si c'est aussi facile entre un adolescent et un mineur. Mais puisque la pédophilie est invérifiable et que le soupçon est impossible, on peut s'en passer, ça n'est pas le pire: la question mineur/majeur est en effet, avant tout, une question de convention sociale ou politique. A partir du moment où le "jeune" est pubère, et apte à être consentant (autonomie relative de sa capacité à penser), ça passe.

Pour le coup, repassons sur le "consentant". Oui, car ils étaient consentants. Un esclave consent à te sucer et à se faire enculer. Il faut le savoir. C'est toute la subtilité du colonialisme et de l'aliénation ordinaire. Alors non, on ne peut pas dire que "puisqu'elle est consentante, on s'en fout".

On parle de réseaux de prostitution gigantesques, de marchés aux esclaves, relisez, on parle bien de commerce sexuel dans un monde de malheur où c'est la quasi seule solution pour vivre, et le ministre le reconnaît clairement:

"J'apprendrai plus tard qu'ils ne viennent pas tous les soirs, ont une petite amie, sont souvent étudiants et vivent parfois même avec leur famille qui prétend ignorer l'origine de leur gagne-pain."


La question dans l'opinion n'est donc pas de juger le tourisme sexuel: après tout, dans une économie mondialisée, on peut travailler au Mexique, vivre au Canada, et baiser au Kazakhstan, y'a pas de problème. Non, le vrai problème c'est la pédophilie. L'opinion médiatique, produite par les médias, dans l'inconscient populaire, ce n'est pas de juger le tourisme sexuel, mais seulement le fait de coucher avec des enfants. Bien qu'on puisse avoir 13 ans et être enfant, et avoir 13 ans et être adulte, cf. Finkielkraut. La définition de l'enfance est le point aveugle de cette polémique, et j'en m'en contrefous, car ce qui m'importe ici, c'est de voir que le tourisme sexuel dans cette affaire en ressort grandi. 


Le tourisme sexuel, c'est comme la monoculture. C'est la conversion en masse d'une économie plurielle, souvent à partir de l'agriculture vivrière, pour être une économie tournée vers le commerce, à partir d'un avantage comparatif. Et c'est destructeur. Aujourd'hui, enculer le thaïlandais est un avantage comparatif économique par rapport à enculer une suédoise, par exemple. Rien que parce que la couronne suédoise est une monnaie plus forte que le baht. 

Et parce que ça détruit un pays entier, ça le ravage, et parce qu'encore une fois l'occident se sert des pays pauvres pour faire ses affaires. Le miséreux ne peut pas dire non. Alors, ensuite, que ce soit un enfant ou un adulte, on s'en fout. Ce sont des dizaines de milliers de vies foutues en l'air et je doute que la prostitution soit volontaire. Ah oui, le fameux consentement.

Et cela vaut pour les réseaux de prostitution qui nous ramènent des hongroises ou des polonaises, etc. 

La marchandisation des corps, que ce soit ceux des hommes ou des femmes est une horreur dans sa massification et sa mondialisation. 

Je suis tout-à-fait capable d'admettre qu'une prostituée puisse faire son métier, l'aimer et ne pas souhaiter en changer. Mais je doûte fort que le thaïlandais soit massivement plus enclin à ce métier qu'à un autre.

Alors si on se dit progressiste, si on se dit contre le tourisme sexuel, on ne peut que condamner les pratiques du ministre. 

Y'en a vraiment marre de défendre tous les puissants quels que soient leurs crimes et délits et de considérer que quand ça arrive à des pauvres, c'est une horreur insupportable, qu'il faut les castrer ou autre. Cette soumission de l'opinion, cette soumission des médias me débecte.

pédophilie et consentement ou pas.