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October 28 CQFD 3http://harribey.blogsudouest.com/ "« 25 000 milliards de dollars évanouis » titre Le Monde des 26 et 27 octobre 2008, sous la signature de Pierre-Antoine Delhommais, Clément Lacombe et Marc Roche. Le Monde aurait-il perdu la tête, à l’image du monde ? Rien, strictement rien ne s’est évanoui, puisque l’éclatement d’une bulle détruit la fiction précédente. Le capital estimé par la valorisation boursière au jour le jour n’est que fictif, disait Marx, et il avait raison, et la liquidité des actifs financiers ne peut être vraie pour tous les actionnaires en même temps, disait Keynes, et il avait raison. Si la fiction du capital n’est pas comprise par les tenants du système et se prolonge dans le mythe de l’ “évanouissement”, c’est parce que, dans l’imaginaire bourgeois, le capital est fécond et est capable de se valoriser tout seul. Eh bien, non, c’est dommage, n’est-ce pas. Le capital ne peut être valorisé que par le travail. Conseillons aux éditorialistes du Monde et à ceux qui écrivent dans le monde entier de revenir aux sources. Ils retrouveront leurs esprits." Jean-Marie Harribey, vice-président d'ATTAC France et Maître de Conférences en économie à Bordeaux. D'ailleurs, tu peux consulter son blog, il a écrit de très bonnes choses, je pense aux RTT notamment, à la sécurité sociale pour les retraites, etc. Vous ne serez pas déçus. October 27 CQFD 2«Si Sarkozy existe en tant que phénomène social et historique, malgré sa vacuité, sa violence et sa vulgarité, nous devons admettre que l’homme n’est pas parvenu à atteindre le sommet de l’Etat malgré ses déficiences intellectuelles et morales, mais grâce à elles.» Le démographe et historien Emmanuel Todd, dans son livre «Après la démocratie». October 26 CQFD http://www.bakchich.info/article5588.html (Merci Fontenelle) "Un jeune de 19 ans a été mortellement poignardé dans une rue du XIXe arrondissement de Paris" C’est, rappelle-toi, dans ces mêmes rues, que "trois jeunes juifs, dont certains portaient une kippa", ont été violemment agressés en septembre dernier. Aussitôt, "la ministre de l’Intérieur, Michèle Alliot-Marie", avait "condamné avec la plus grande fermeté les violences antisémites perpétrées à l’encontre de (ces) trois jeunes" gens. [...] la victime est un certain Zadou P., "d’origine ivoirienne", qui "a grandi dans (le) XIXe, (près) de la porte des Lilas", où "il avait gardé de la famille et des amis". Un Noir, donc. Et comme je disais : on ne sait rien des circonstances précises de cette agression. On ne sait pas (du tout) s’il s’agit d’un crime raciste. Mais je ne doute pas que Michèle Alliot-Marie,
considérant que la couleur de la peau de la victime vaut toutes les
investigations, et avec sa légendaire célérité, va dès ce matin
dénoncer "des violences antinoirs". October 24 Humain avant tout... Voilà, encore pas le temps, juste pour dire que Maître Eolas laisse des magistrats exprimer leur colère, leur souffrance, les injustices qu'ils sont obligés de mettre en oeuvre, et que ça donne parfois envie de pleurer et de se dire qu'on vit dans un monde de merde... Juste le premier billet de cette longue liste, juste l'histoire de M. F. Histoire vraie, bien entendu, de ceux qui souffrent d'une justice qui n'est faite que pour l'opinion publique froide et intransigeante. histoire racontée par T. I. "http://maitre-eolas.fr/2008/10/23/1123-monsieur-f" "Alors comme décidément, je ne sais pas parler de moi, je vous invite à entendre l’histoire de Monsieur F. J’ai vu Monsieur F. pour la première fois lors d’une audience de conciliation avant saisie des rémunérations. Il avait contracté un crédit pour acheter des meubles, il venait de s’installer dans un nouveau logement. Il travaillait en qualité de chauffeur de bus, pour la compagnie de transports municipaux, un emploi stable et sûr, un salaire de 1500 €, marié, deux enfants à charge, 5 et 2 ans, me dit-il avec de la fierté dans la voix. Il peut payer à hauteur de 150 € par mois, l’huissier de justice est d’accord. Il est sorti, soulagé d’éviter la saisie, droit comme un i, la tête haute. Je l’ai revu en surendettement. Il a eu un troisième enfant, a voulu changer de voiture, a pris un crédit bail pour un véhicule dit familial. Il n’est pas arrivé à respecter les mensualités ni du premier prêt ni du crédit auto ni de tous les autres, sollicitant la mise en place de mesures recommandées, contestées par un des créanciers. Puis, je l’ai vu en audience civile, son propriétaire demandait son expulsion pour impayés de loyer, il a perdu son travail me dit-il, il n’a pas pu faire face. Sa femme l’accompagnait, un regard inquiet, avec son dernier né. Un jour d’été, en audience correctionnelle, en comparution immédiate, la porte s’est ouverte sur Monsieur F., menotté, tenu à la laisse. par les policiers d’escorte. Il comparaissait pour tentative de vol, en récidive : une dame cherchait des billets au distributeur, il les a arrachés. A son casier, figurait déjà une condamnation pour abus de confiance. Il donnait des tickets périmés aux clients de son bus qui payaient en espèces, gardant ainsi l’argent du voyage. Son employeur, la régie municipale, l’a licencié pour faute grave, sans indemnité. Il avait la tête baissée, pas rasé, sortant de garde à vue, avec des habits fripés, ne contestait pas l’infraction, ne disant pas grand chose. J’ai croisé pour la dernière fois Monsieur F, dans le couloir glacial du Tribunal, il m’a tiré par la manche, « je suis convoqué, je voulais vous donner ceci », me dit-il en me tendant un papier, amaigri, les yeux fuyants, le dos voûté, aussitôt enfui. C'était une lettre destinée à mon collègue juge aux affaires familiales. Sa femme venait de le quitter et demandait le divorce." et pour les autres billets, ici: http://maitre-eolas.fr/Magistrats-en-colere p.s: le ministère de l'injustice a besoin de quelques déboulonneurs pour enlever les deux lettres qui le rendent révoltant. October 23 lectures Pas le temps d'écrire mes billets, ça m'énerve, alors je vous envoie chez les autres: un hyper-président hyper-pas écologique: http://www.rue89.com/2008/10/23/en-onze-mois-sarkozy-a-produit-autant-de-co2-que-823-vaches Juncker, menteur: http://cordonsbourse.blogs.liberation.fr/cori/2008/10/le-luxembourg-e.html Et bonne journée! October 15 Catéchisme libéralCe titre vient d'un commentaire d'un
internaute du Monde, sur l'article dont je vous copie un extrait. Je
le remercie donc chaudement. L'article a été écrit par le Grrrand penseur
Nicolas Baverez, auteur de l'excelleeeent livre "La France qui tombe"
et la non moins excelleeeeente phrase, qui lui vaut tous les honneurs aujourd'hui:
« L’antilibéralisme est un fléau qui se trouve au principe du déclin et de
la régression de la France ». "L'éloge de la sagesse du politique face à la folie des marchés ne tient pas. La responsabilité du pouvoir politique est directement engagée dans la naissance et le développement de la crise. Aux Etats-Unis en premier lieu, avec le naufrage de l'idéologie néoconservatrice qui laisse les Etats-Unis en situation de faillite. Mais plus largement dans les démocraties, où les gouvernements ont largement distribué les dividendes fictifs de l'après-guerre froide et de la bulle financière dont le consommateur des pays développés fut le premier profiteur. [...] L'autorégulation des marchés est un mythe. Face à leur écroulement, il n'est pas d'alternative à l'intervention massive de l'Etat. Cela n'implique pas que l'Etat doit tout faire, à tout prix et dans n'importe quelle condition. [...] De même, les dérogations à l'Etat de droit, qu'il s'agisse du droit de la concurrence ou du droit boursier, ne peuvent se multiplier sans base légale, à l'image de l'interdiction des ventes à découvert par l'AMF sur le fondement d'un simple communiqué de presse. En bref, dans ces interventions, l'Etat ne doit pas viser à se substituer au marché ou à l'Etat de droit, mais rétablir au plus vite leur fonctionnement normal."
Donc, une fois que vous avez pouffé de rire, ou que vous vous êtes étouffés dans un oreiller tant cette pensée vous paraît pour le moins scandaleuse, sinon pire, je vais vous livrer une traduction critique de ces quelques phrases, symptomatiques de la décomplexion des libéraux actuellement. Comme tout un chacun, vous noterez qu'il est capable à la fois de dire "c'est la faute de l'Etat" (c'est un libéral économique, après tout), et "l'Etat doit intervenir, c'est une catastrophe" (alors que nous venions de dire que c'était un libéral économique, notez le paradoxe, premier constat facile sur un homme qui tombe). Vous pourriez croire que ce paradoxe est uen bourde, mais non: les libéraux, après n'avoir juré que par le marché dérégulé et la "fin de l'Etat", ne jurent maintenant que dans son "intervention massive" (notez le "massive"). Ce texte de Baverez est en quelque sorte un concentré de tout ce qu'ont dit les libéraux ces derniers temps (c'est la pagaille, la Bérézina, "la merde" a dit notre ami d'Ormesson), comme pourra en témoigner cet article sur les perles de ces phares de la pensée contemporaine. Il faut donc au moins reconnaître à notre ami Baverez le courage et le talent de rendre homogène l'hétérogène, et de rendre forte la faiblesse de la pensée. Ce qui ne l'empêche pas de nous prendre pour des cons: Les Etats, finalement acquis au "libéralisme" chanté de par tout l'axe du Bien, sont maintenant responsables du bourrage de crâne de la sphère économique qui insiste pour que, si, si, les organismes financiers puissent jouir du "laisser-faire, laisser-passer", ils sont responsables de l'économicisme ultralibéral des néocons, et rendez-vous compte, c'est pas les entreprises qui redistribuent les dividendes, mais l'Etat, ce qui est un tour de force magique. Ou bien il faut entendre par "dividende", la part supplémentaire de richesse acquise par les Etats, et redistribuée, 60% au travail, 40% au capital. (rappelons-nous, il y a 25 ans, c'était 70% pour le travail, ce qui signifie que le capital capte chaque année l'équivalent de 180 milliards d'euros), et que par conséquent, 60>40, les profiteurs de cette manne inespérée, ce sont les consommateurs. Et là, nouveau tour de force, les dividendes (mais là, ce sont les vrais: beau travail de confusion du père Baverez) de la bulle financière seraient revenus aussi aux consommateurs (vous et moi, les damnés de la terre). Hum. Quand on sait que les entreprises n'investissent plus, qu'elles gardent 80% de leurs bénéfices pour les actionnaires et dividendes juteux aux grands cadres, aux grands manitous de ces super entreprises, vous allez m'expliquer en quoi ça revient "au consommateur", alors que cette exigence de rentabilité, enfin, il me semble, est ce qui fait pression sur les salaires, parce que l'actionnaire veut toujours plus, et si t'es pas d'accord je délocalise en Inde??? C'est beau, c'est bas, c'est Baverez. Mais on peut encore plus se marrer derrière l'évidence soudain acquise, après la lutte de toute une vie contre ladite évidence, que le marché ne peut pas s'autoréguler. Et ça, c'est le sommet. C'est comme si, de facto, Sarkozy entrait au NPA et demandait un RMA, l'interdiction des licenciements pour raisons personnelles, etc. Mais continuons de faire le tour des merveilles de cet extrait. Remarquez avec quelle insistance Baverez utilise l'expression "Etat de droit". Regardez ensuite les multiples définitions de l'Etat de droit. Y'a rien qui vous choque? Normalement, si: Aucune ne permet de rendre intelligible les phrases de Baverez parce que l'Etat est un Etat de droit, et ce dernier n'est absolument pas une composante de ce dernier, comme s'il pouvait être Etat de droit, et Etat schmilblick. Ensuite l'Etat de droit n'a rien à voir avec le droit de la concurrence et le droit boursier. Et je vous explique cela tout de suite: Il ne s'agit absolument pas de l'Etat de droit, dont il parle, mais de la prétendue "naturalité" du marché et de la bourse, de la concurrence. Vous savez, cette idée selon laquelle c'est "naturel" d'être concurrents, naturel de vivre dans un marché, naturel de mettre de sproduits en bourse. L'idée qu'intrinsèquement, le droit de boursicoter fait partie des valeurs françaises de liberté. En fait, il ne fait que parler de l'Etat de nature, le véritable Etat, en quelque sorte celui qui surplombe tout, qui est à l'origine de nos valeurs, de nos croyances, etc. et qui fonde ces droits imprescriptibles que sont la finance débridée et l'économie come unique étalon de la vie humaine. Et l'on pourrait schématiser la pensée de Baverez, il y aurait, au sommet de toute chose, cet Etat de droit, vers lequel doivent tendre tous els êtres humains, et en-dessous pas confondus, et c'est à peine si ils se touchent, le marché et l'Etat. A la même hauteur. (alors qu'auparavant, Baverez aurait fait comprendre que l'Etat était en-dessous de tout, hein). ET c'est là qu'il arrive à nous faire oublier que l'Etat est un Etat de droit, que c'est l'indépendance des pouvoirs, l'autolimitation des pouvoirs qui fait l'Etat de droit, et que ce n'est pas une sphère supérieure où l'Etat et le marché seraient concurrents. Par conséquent, il faut lutter contre cette idée selon laquelle le marché serait indépendant de l'Etat. C'est l'Etat qui fixe les règles du marché, et comme nous l'avosn vu, il est nécessaire que ce marché reste dépendant de l'Etat pour ne pas faire trop de bêtises. Nous sommes tout de même à une époque où la Raison économique dépasse la Raison politique et il serait temps d'inverser la tendance: L'intérêt général est à ce prix. Car non, le marché n'est pas un fournisseur officiel d'intérêt général, il suit les intérêts particuliers de quelques happy few qui s'enrichissent sur le dos de milliards de unhappy people, qui travaillent et dont les gains de productivité sont reversés à ces quelques happy few qui préfèrent jouer au casino que de rendre cet argent aux travailleurs ou à la collectivité pour bénéficier de services publics de qualité et d'une sécurité du cours de nos vies, qui ne doivent pas être annexées par la seule sphère économique, financière ou pas. October 07 Auffray est un petit malin... http://droite.blogs.liberation.fr/alain_auffray/2008/10/lefebvre-se-pre.html Frédéric Lefebvre ose tout. C'est à ça qu'on le reconnaît. Au plus fort du débat sur le financement du RSA il était monté au créneau pour expliquer que le bouclier fiscal n'était pas un dispositif pour les plus fortunés.
Très en colère contre les socialistes qui disent "n'importe quoi", il avait sommé le PS de "reconnaître publiquement son erreur". Décidemment, le fougueux Lefebvre en fait trop. Car les chiffres sont là qui montrent que le bouclier fiscal est bien un truc pour les riches, et même pour les très riches. Selon une étude réalisée par le ministère du Budget, l'Etat a remboursé plus de 246 millions d'euros aux quelque 15.000 contribuables, qui avaient payé, en impots et taxes, plus de 50% de leurs revenus de l'année 2007 Grâce à Didier Migaud, président socialiste de la Commission des Finances de l'Assemblée nationale et commanditaire de cette étude, on sait enfin précisément à qui a profité ce fameux bouclier fiscal. On constate, sans surprise que les ménages les plus aisés ont été comblés.
Plus précisément: 155,6 millions d'euros ont été restitués à 671 ménages, soit 231.900 euros par ménage. OK, dira Lefebvre, mais il n'empèche que les trois quart des bénéficiaires du bouclier ont un revenu fiscal de référence inférieur au RMI. Sont-ils pour autant "très modestes"? L'étude démontre, par l'absurde, qu'il faut être prudent sur ce point: 13 contribuables disposant de plus de 15,53 millions d'euros de patrimoine déclarent un revenu fiscal de référence inférieur à 3.753 euros annuels, Où l'on peut vérifier que pour être riche, il n'est pas nécessaire d'avoir de gros revenus! |
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