Lomig's profileAvec le tempsPhotosBlogListsMore Tools Help

Blog


    October 13

    And Justice for all

    Le pays des droits de l'homme…
    Ah ça, pour se gargariser, on se gargarise…
    L'immigration légale n'existe plus, le droit d'asile a disparu, mais au moins, notre justice est infaillible…

    Rappelez-vous. Vous étiez encore tout pitits, tout mignons, et c'était la révolution. Vous savez: les bourgeois qui étaient pas contents, et qui ont renversé la monarchie. Ils traînaient avec eux une idéologie droit-de-l'hommiste qui jusqu'à récemment n'était pas du tout contestée. On trouvait normal de considérer que dans l'individu, il y avait une part d'humain irréductible, que cet humain a des droits inaliénables et naturels, etc. Foutaises d'idéalistes à la con, me direz-vous. Oui, tout à fait.

    Ainsi, ces bourgeois appelaient progrès les procédures judiciaires nouvelles:
    " Que les peines soient modérées et proportionnées aux délits, que celle de mort ne soit plus décernée que contre les coupables assassins, et que les supplices qui révoltent l'humanité soient abolis" A. Desjardins Les cahiers des Etats généraux  et la justice criminelle, 1883, p13-20

    Ah, la 3e république et ses beaux idéaux, le refus du "cruel plaisir de punir" (Petion de Villeneuve). Des lavettes. Des chochottes.

    Mais il aura fallu attendre un siècle de plus pour qu'on abolisse la peine de mort, jugée "inhumaine" (mais qu'est-ce qu'ils y connaissent, à l'humain?) dans notre douce France, et l'année dernière pour que ce soit gravé dans notre constitution de chochotte ("et pis c'est tout").

    Il faut dire que de nombreuses transformations ont eu lieu dans le champ judiciaire. Le père Michel nous rappelle, à la page 88 de son ouvrage "Surveiller et Punir":
    "Cette nécessité d'un châtiment sans supplice se formule d'abord comme un cri du cœur ou de la nature indignée: dans le pire des assassins, une chose, au moins, est à respecter quand on punit: son "humanité"
    ET un comportement doit  forcément s'y adjoindre du côté du punisseur: l'humanité.
    On est donc tous humains, et dans le calcul de la peine, du châtiment, de nombreux changements surviennent: On est passé d'une opposition stricte entre le permis et le défendu, jugeant simplement les actes selon l'appartenance à une caste sociale (->jusqu'au XVIIe), à une tension entre l'obligatoire et le défendu, impliquant de la part des juges un travail d'encadrement, de surveillance des criminels (-> jusqu'à la fin du XVIII), à une justice qui modulera sa sévérité en fonction de l'acte, du délinquant, de sa personnalité, du contexte, du coût social pour la communauté, insérant un calcul de probabilités qui remplace l'ancienne scission entre le permis et le défendu, par un calcul du coût optimal qui fixera la limite de l'acceptable. D'une justice des actes à une justice des hommes, de nombreux pas ont été fait, impliquant de nombreux acteurs supplémentaires, la police, les médecins, les psychologues, et de ,nombreux acteurs sociaux.
    L'encadrement socio-économico-politico-juridique servait donc de référence à) la proportionnalité des peines, punissant moins sévèrement le mendiant volant un quignon de pain, agissant plus violemment contre la personne avertie et corrompue que rien ne pourrait excuser. L'idéal de réhabilitation (mot que l'on entend encore beaucoup aux USA) impliquait tous ces acteurs, qui, d'un maillon à l'autre de la chaîne judiciaire tentaient de faire en sorte de ramener dans le droit chemin ces pauvres hères bouffés par les illégalismes. C'était la part des activités de la justice qui tentait de contrebalancer les effets négatifs de la prison.

    Certes, ce système n'a pas marché. La prison, comme nœud du problème continue de faire des siennes. Dès le XIXe siècle déjà, les gazettes, journaux et intellectuels s'insurgeaient contre son utilité: ces dernières ne faisaient pas diminuer le taux de criminalité, la détention provoquait la récidive, la prison fabrique la délinquance, la prison fabrique la délinquance de la famille du délinquant, la prison rend possible et améliore l'organisation et la solidarité des délinquants, les conditions de sortie de prison les condamnent fatalement à la récidive. (S&P p309-312)

    Aux chiottes l'idéalisme à deux balles, donc. La réhabilitation, c'est du foutoir. Y'a qu'à l'abandonner, et se recentrer sur la prison, tout simplement.

    Un exemple frappant:
    "Hervé Lourau a vu comparaître un ancien toxicomane condamné en 2004 pour un trafic de drogue dure. Après un long parcours de sevrage, le jeune homme a arrêté l'héroïne, trouvé un travail stable et noué une relation affective. Mais, en août, il a acheté en Seine-Saint-Denis deux barrettes de cannabis pour sa consommation personnelle."
    Au regard d'un travail de proportionnalité des peines, d'adaptation de celle-ci à la personnalité et à la problématique de cet homme, il eût fallu insister sur des peines alternatives, un soutien médico-psychologique, etc.
    Mais notre nouvelle loi sur la récidive en a décidé autrement: 3 ans de prison pour ce charlot.

    Un autre jeune homme a été pris en train de fumer du cannabis. Pour la deuxième fois. Il a pris 4 ans de prison ferme. Au regard de sa vie, il n'en méritait pas tant: un père reparti en Algérie à la suite de "gros problèmes", un parcours professionnel désordonné - cariste, chef de rayon, pâtissier -, rythmé par de longues périodes de chômage, un suivi à la Croix-Rouge pour alcoolisme et consommation de cannabis. "Depuis ma dernière incarcération, rien ne s'est vraiment arrangé, soupire-t-il. Je sors, rebelote, c'est toujours la même chose. Pas de boulot, les hôtels."

    Un autre, SDF, a pris deux ans ferme pour avoir volé un parapluie…

    On peut observer la prégnance des difficultés sociales présidant le recours aux illégalismes populaires, i.e., la petite délinquance d'atteinte aux biens. C'est donc une politique sociale ambitieuse et un programme de réinsertion doté de véritables moyens qui pourrait sauver ces gens-là. Mais la politique judiciaire est à l'emprisonnement. C'est une mode. La surpopulation carcérale inquiète peu, le fait que ces détenus soient moins bien traités que les animaux de chenil ne choque personne.

    Le monde nous rappelle la situation:
    "Dans les prisons, la situation est déjà très tendue : avec 60 000 détenus, l'administration pénitentiaire affichait au 1er septembre un taux de suroccupation de 120 %. La promiscuité est plus prononcée encore dans les maisons d'arrêt, qui accueillent les détenus en attente de jugement et les condamnés à de courtes peines : en 2006, ces établissements comptaient en moyenne 137 détenus pour 100 places."

    http://www.lemonde.fr/web/article/0,1-0@2-823448,36-966269@51-966397,0.html
    http://1libertaire.free.fr/Foucault36.html

    Nous sommes ici en présence d'une vraie régression judiciaire où le plus ancien modèle, celui du Moyen-Age, reprend ses droits. Seul l'acte est jugé, qui plus est ultra-sévèrement. D'une justice de la proportion, on passe à une justice cruelle et haineuse. D'une justice qui jugeait des hommes, on revient à une justice qui juge des actes.

    Pour Michel Foucault, l'humanité des bourreaux était conditionnée par la reconnaissance de l'humanité des délinquants. La nouvelle politique judiciaire marque-t-elle une rupture de la reconnaissance?

    Embauche et licenciement

    Ah là là... Nos libéraux se plaignent: Il faut que les patrons paient moins de charges, pour embaucher plus, et il faut absolument faciliter le licenciement, pour faciliter l'embauche. Je dois dire que les charges patronales baissent d'année en année, et ensuite que cette équation: facilité à virer, facilité à embaucher me gêne particulièrement.

    Ce que cela signifie, c'est bien entendu que le droit du travail est trop contraignant: Entendez par là qu'une personne embauchée peut pas être virée et que celle-ci constitue un risque pour l'netreprise. par "risque", il faut entendre "danger". Premièrement, l'employé fait partie du capital humain. On investit dnas le capital humain, toutes les entreprises se félicitent de "considérer" leur capital humain. Mais que je sache, qui plaide pour une culture du risque??? l'employeur!
    Qui pense que sa vie es tune mise en danger constante? l'employeur! Alors qu'entre vous et moi, la frilosité entrepreneuriale est telle que les plus gros "risques" en repésentent pas un gros "danger".
    Il y a donc un certain paradoxe entre l'êthos affiché et l'êthos réel.

    Ensuite, cette contrainte a à voir avec l'incompétence du RH ou du patron, puisque celui-ci a entre 15 jours et 2 ans pour évaluer les nouvelles recrues. 15 jours, c'est pour les ouvriers, et c'est bien suffisant. Mais ça dépend surtout des conventions collectives, où la période d'essai minimale est souvent de l'ordre d'un mois. Quel entrepreneur est incapable de se faire une idée avec autant de temps à sa disposition???
    Rappelons que le CPE (RIP) et le CNE font partie des contrats les plus appréciés car la durée de la période d'essai est maximale!
    Cette période d'essai est caractérisée, notons-le, par le fait que sans motif aucun, le salarié est jetable, sans aucune indemnité à payer, que dalle. On a fait mieux pour contraindre l'employeur, tout de même...

    Je voudrais parler aussi des contrats aidés qui sont une saloperie: Les exonérations et les subventions sont telles que l'employeur, par la faiblesse des charges patronales et les aides qu'il reçoit, qu'il ne paie en 1 an que 1200€ (Toutes charges comprises) pour un salarié, quand le coût pour l'Etat est de dix fois ça...
    Il faut donc arrêter de parler des charges patronales excessivement hautes et des barrières à l'embauche: ce sont des mythes libéraux qui ne servent qu'à déchirer, petit-à-petit, les droits des salariés.

    p.s: L'exemple pour le contrat aidé 

    Zemmour - l'extrême-droite respectable

    Je viens de lire l'article du Monde de Zemmour. IL y crache sur Sopo qui condamne à raison M. Z pour ses prises de parti plus que doûteuses.

    Reprenons depuis le début. On a traité Zemmour de conservateur apparemment, même pire: réactionnaire. Il est vrai que de nos jours, être réactionnaire, c'est un peu le lot de tous: Qu'on se réfère à Napoléon ou Pétain (E. Z, et N. S), à Maurras ou à Barrès (les mêmes), ou que l'on se réfère à Blum et Jaurès, (la gôôôôche), on est des réactionnaires. ça, Zemmour l'explique bien. D'ailleurs, qui n'est pas réactionnaire, si l'on prend cette définition selon laquelle on est attachés à une idéologie du passé? Le problème vient de l'histoire: L'histoire fabrique les hommes, tisse des liens, construit des modes de pensée et la référence au passé est inévitable. Préférer Aragon à Angot est plus que compréhensible. Môssieur enfonce les portes ouvertes: Préférez-vous lire Prévert ou la collection Harlequin? Ensuite, môssieu boude l'art contemporain. Voilà qui est réactionnaire, du vrai.

    Môssieu n'a pas compris qu'on parlait de politique et d'idéologie. Môssieu n'a certainement pas fait attention au populisme/pétainisme de son président, à qui il emprunte ses discours. Il n'a probablement pas fait attention au fait que toutes les solidarités institutionnelles et mécaniques étaient déboulonnées pour mieux cadrer avec le XIXe siècle. Il n'a pas vu les réformes pénales qui mènent deux siècles plus loin (manque que la peine de mort, que Sarkozy regrette de ne pas pouvoir appliquer, et qui est constitutionnellement impossible, maintenant). Dans surveiller et punir, Foucault explique qu'on a humanisé la justice, d'une part avec la peine de mort qui efface les tortures constantes, et ensuite, en faisant un procès qui ne prend pas que l'acte, mais aussi ses déterminants, les circonstances, le contexte, etc. en compte. bref, oublié tout ça, retour à la période de la lutte des classes et du charbon. Mais ça, bizarrement, Môssieu Zemmour n'ose pas dire qu'il préfère la vieille exploitation de classe, la diabolisation des classes populaires plutôt que les idéaux liberté égalité fraternité (tellement désuets depuis le nouveau Travail Mérite Patrie), qui lui n'es tpas réactionnaire et ne renvoie pas au passé, nétilpa?

    Ensuite, notre pauvre petit complexé fait la liste des problèmes nés de la domination antiraciste. on aimerait lui demander des faits, malheureusement, on sait que ce genre de discours idéologique ne s'appuie que sur des rapports d'idéologues et beaucoup moins sur des faits sociologiquement éprouvés. Mais passons:
    Le multiculturalisme devient ainsi une insulte (puisqu'en dehors de l'assimilation, point de salut), l'ethnicisation des questions sociales remplace la lutte des classes, mais on sait pas où il veut en venir: il fait partie de ces racistes qui ethnicisent justement les problèmes sociaux, et qui, en même temps qu'il reconfigure la classe dominante, nie l'existence de clases sociales (oui, c'est à devenir marteau), et puis y'a la concurrence victimaire, cette chose qui fait que les gens qui souffrent osent dire : "Oui, y'a 50 ans, les juifs en ont bavé, mais là, maintenant, c'est nous qui souffrons, svp, de l'aide", et à qui on répond: "bordel de merde, venez pas nous faire chier, de quel droit osez-vous dire que vous souffrez, alors que la shoah est le pire événement de l'humanité". Dialogue de sourds qui permet surtout d'évacuer la dimension solidaire, puisque chaque problème, chaque dimension victimaire devient inférieure à cette shoah (surtout si ça concerne les nègres et les bougnoules, hein, M. Zemmour?)

    Et puis, les progressistes, ils tuent la Nation, et c'est grave, regardez les banlieues! (oui, car le réac passe du coq à l'âne). Pour Zemmour la France pays d'accueil, tout ça, c'est des foutaises. le fait que depuis 25 ans, la législation se durcit pour tous les immigrés ne l'affecte pas. le fait que le droit d'asile n'existe plus ne le choque pas. le fait que tous les ans, on aie droit à une loi pour "durcir les conditions du regroupement familial" ne l'effraie pas. Et pourtant. Il faut oser le dire: ce sont des politiques racistes. Il n'y a pas de "problème de l'immigration", mais une "question de l'immigration". Pourquoi le gène de l'immigration se transmet-il de père en fils? Pourquoi un français reste un immigré parce qu'il est bronzé et vit en zone de non-droits-à-une-vie-digne-et-décente (là où les services sociaux ne vont pas, car l'argent de l'Etat sert à aider les riches pour l'ISF). Pourquoi, alors que l'immigration est déjà super faible, doit-on en faire les coupables de tout ce qui ne va pas en france. Tiens, ça me rappelle les années 30, de l'autre côté du Rhin. Ah, le bon temps... (imaginez le plaisir de M. Zemmour quand on parle de ces choses là, les rafles, les humiliations, la misère, tout ce qui l'excite aujourd'hui...).
    Et puis, quand même: un bougnoule qui se marie avec un français, c'est pas normal. Doit y avoir une manoeuvre là-dedans. Les français sont pas assez racistes, pour le coup.
    Quand bien même, M. Zemmour, l'immigration légale n'existe plus. Alors forcément, ceux qui vivent dans la misère et la guerre loin tentent de venir, nos politiques ils s'en foutent, c'est pas un motif. Leur misère, si. Forcément, à force d'exploiter leurs pays, de dérégler toute leur économie, de coloniser leurs imaginaires et leurs structures socio-économiques, bah, ils veulent partir. Et ils arrivent en Europe (ils sont pas encore assez cons pour traverser l'Atlantique, mais c'est sympa d'y penser, mon Zemmourounet).
    Zemmour invente même le "sale français". Enfin, il ne l'invente pas, les médias en ont parlé. D'ailleurs, tous els arabes disent "sale frnaçais". J'en connais pas un qui ne l'aie jamais dit. Mais dans un pays raciste, de la part de français, on sait ce que ça vaut... Bien sûr, il ne sait pas que tous ces "clans ethniques" un peu facilités par la présidence (l'uoif, le cran, tout ça, quoi, les juifs, n'y pensons pas, ça existait avant) ne rêvent que d'une chose: l'égalité, la liberté et la fraternité. Pour le coup, on se demande qui pourrait être plus français que les reunois, les reubeus et les noichs. M. Zemmour peut-être, qui soutient un parti et un président qui a appliqué déjà 90% du programme du FN depuis le dernier quinquennat (chapeau!)...

    Quelle naïveté stupide d'un réactionnaire borné.....

    http://www.lemonde.fr/web/article/0,1-0@2-3232,36-965798,0.html