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    January 28

    Into the wild

    "Qui dit romantisme dit art moderne, – c’est-à-dire intimité, spiritualité, couleur, aspiration vers l’infini, exprimées par tous les moyens que contiennent les arts." Baudelaire

    Into the wild est avant tout un film d'un grand romantisme. Les premières images laissent apparaître une citation de Lord Byron, qui donne le ton du film pour les quelques 2h30 qui viennent. Le romantisme de la grandiloquence, ou plutôt de la grande narration: Des paysages magnifiques, superbement filmés et cadrés, des grands espaces où l'on aimerait se projeter, une nature sauvage à l'intérieur de laquelle apparaît le protagoniste, dominant de son regard l'aspect sauvage de cet environnement.
    C'est un film de la démesure aussi pour ce personnage principal, entier, pour le type de vie qu'il a mené, et son jusqu'au boutisme. Mais c'est aussi une histoire qui tente de se faire authentique. C'est la vraie vie d'un véritable aventurier dont il est question, qu'on essaie de retranscrire fidèlement à l'écran.

    Film générationnel: le retour de l'aventure

    Aux vues du public et des critiques, on a l'impression qu'il s'agit d'un film générationnel. Un journaliste disait il y a quelques temps que "l'auberge espagnole" était révélateur d'une époque, d'un entre-soi européen, tranquille, de jeunes étudiants, plutôt aisés, dans un cadre sûr où l'épanouissement ne passe plus par les grands voyages d'antan.
    Nous en serions donc revenus. Quand on prend le pouls du public, jeune, à la sortie du film, on y retrouve la même envie de tout quitter pour vivre une vraie vie, loin des dépendances et du far hypocrite d'une société froide et cynique. On a envie de trouver, un petit peu, un sens à sa vie en vivant, enfin quelque chose de grand.
    Un des mérites de ce film aura donc été de réussir à produire une forme d'identification avec le héros. Jeune, beau, tout juste diplômé, il quitte, sans un mot, sa famille et ses amis, et part vivre "into the wild", refusant le matérialisme qui sclérose et pourrit la société. En quelque sorte, le héros est un Robinson, mais l'île, c'est lui-même. Couper les ponts, couper les dépendances, être enfin "vrai", ressentir les choses dans leur pureté. D'un autre côté, il y a cette culpabilisation du téléspectateur, qui dépendant de ce système qu'il nourrit et qui le nourrit, le fait participer dans cette atrocité destructrice de culture, d'hommes, et de nature.
    Regrettez de n'avoir pas osé vivre librement, couards!

    Penser la rupture

    Ce film propose donc de suivre un jeune homme, Christopher McCandless alias Alexander Supertramp (superclochard), qui, à peine diplômé, décide de rompre avec la société dans laquelle il vit. Refusant que son père lui offre une voiture, hésitant avant d'aller à Harvard, il choisit de garder sa vieille caisse pour aller à la rencontre de l'Amérique telle qu'il la rêve. Après bien des péripéties, il terminera dans un vieux bus isolé en Alaska, 2 ans après le début de son voyage. Sean Penn, réalisateur de ce film, tente d'expliquer le comportement du garçon: si le refus du matérialisme est bel et bien présent: il brûle son argent pour être encore moins prudent, il valorise bien plus les émotions procurées par les paysages et la vie la plus simple qui soit que la réputation, la consommation, etc.
    On peut aussi y voir le fruit d'un traumatisme psychologique lié à son éducation, avec ses parents: La quête d'un absolu d'intégrité, d'authenticité, le refus des masques et la recherche de la vérité traduisent, à leur manière une obsession qui s'enracine au plus profond des chocs de son jeune âge et de sa socialisation.
    Enfin, ce film donne à penser la solitude. Est-elle souhaitable, bonne, que nous amène-t-elle, à quoi correspondent les choix qu'elle implique pour ceux qui l'auront choisie?
     
    "Si vous voulez vous débarrasser de vos téléphones portables, des panneaux publicitaires, des autoroutes, alors je pense que l'Alaska est probablement la « dernière frontière »" Sean Penn

    Plus que le stoïcisme, c'est le vieux cynisme qui est à l'honneur. A travers les choix de vie de Chris, on retrouve ce choix du dénuement: la vérité ne peut venir des objets matériels qui nous encombre. Il faut donc se passer du strict nécessaire. A cela il faut ajouter cette culture de la vie en harmonie avec la Nature, dame Nature, dont nous sommes à la fois une part, et qui est aussi en quelque sorte notre ennemie. Alliée et ennemie, la Nature est ambiguë: elle nous donne de quoi vivre, mais ce qu'elle nous donne, elle garde la puissance de nous le reprendre à tout moment. Echapper à la vie en société amène aussi à penser la société. Penser les sécurités sociales, les solidarités. Tout semble n'être que dépendance, contrainte, aliénation, qui soumet, et qui bride la liberté, l'autonomie, l'indépendance, la créativité des individus. A travers le choix de la solitude, celui des plus simples besoins à combler, (chercher de la nourriture tous les jours, trouver un endroit où dormir, etc.) apparaît la réflexivité d'un spectateur qui se demande comment il ferait, s'il devait se passer non plus seulement des objets dont il est dépendant (grosse topique epictétienne) mais aussi des liens qui font de lui un individu à part entière. Derrière la question des interdépendances il y a la question de la volonté de puissance d'un individu seul qui souhaite vivre en conformité avec la nature. La moindre erreur est alors fatale. C'est une mort ridicule qui attendra donc notre héros, une broutille, un petit rien qui le mènera doucement vers la mort.
    Ce faire société, cette réflexion sur la Nature mène incontestablement vers la piste des écolos et des décroissants.

    La voie de la sagesse

    Mais si une chose m'aura marquée, c'est l'aspect spirituel. Latent, sous-entendu, il n'apparaît véritablement qu'à la fin de l'histoire. D'une solitude sans concession malgré les nombreuses rencontres, existentiellement intéressantes, il finira, au seuil de la mort, par se rendre compte que finalement, le bonheur ne vaut que pour être partagé. (de ce point de vue, je le trouve détestable avec les personnes qui et qu'il affectione(nt) dans le film: son refus du transfert (psy) avec la femme baba-cool, son désir de remettre à plus tard les souhaits du vieil homme montrent pour moi cette immaturité qui ira en changeant jusqu'à atteindre la "révélation finale".) D'une position athée et contemplative, d'un absolu fait d'ici-bas et de pointillés, c'est aussi un retour vers Dieu qui est signé vers la fin.

    C'est donc un film qui est bien dans son temps, et continuera à faire parler de lui quelque temps. Ce n'est peut-être pas le chef d'œuvre magistral conté par certains, mais c'est, sans nul doute, du très grand cinéma!
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    p.s: je vous recommande aussi de vous pencher sur la musique, signée Eddie Vedder (chanteur des Pearl Jam), c'est de la folk très sympa!
    Hard sun, le morceau principal vous donnera une idée, mais je vous conseille aussi Rise, Long Night, et surtout Guaranteed.
    eddie vedder
    January 23

    Les mensonges de Sarkozy

    Après un rapide état des lieux sur le net, je suis effondré: 6842, c'est pour Sarkozy sans ses épigones, et la seule année 2007.
    Malheureusement, il pète le compteur, et sur tous les sujets, dans tous les magazines, journaux, à la télé, à la radio... Heureusement qu'il y a des redondances, parce que sinon, ça deviendrait impossible...

    Je regrette qu'ils ne soient réunis nulle part, tous ensemble, qu'ils concernent la sécurité routière ou l'énergie, la fonction publique ou l'immigration...
    C'est un gros travail à faire pour ceux qui ont le courage: d'abord montrer les contradictions, ensuite, montrer, à l'épreuve des faits, les mensonges éhontés du chef de l'Etat.

    voilà quelques liens, peu nombreux:
    www.lautrecampagne.org/sarkozy
    http://www.info-impartiale.net/spip.php?article506
    http://www.actupparis.org/article2950.html
    http://www.re-so.net/spip.php?article3136
    http://www.betapolitique.fr/+Mensonges-de-Sarkozy-la-compil-00611+.html

    les mensonges de Bush

    Selon le Figaro, journal qui se trouve à ma droite, assez loin, un article révèle qu'une enquête indépendante de gens indépendants a trouvé 935 mensonges sur l'Irak dans les déclarations de Bush et de son administration entre 2001 et 2003.

    ça fait un sacré paquet.

    ça me donne envie d'attendre quelques années pour qu'on fasse la liste des 6842 mensonges de Sarkozy et de ses gouvernements successifs entre 2005 et 2010. 2005 parce que c'est l'année des émeutes et qu'il a osé quelques saillies mémorables. Il était pas président, mais! ah, il envoyait du pâté!
    2010, parce qu'après, il se fera tout petit (sic), détesté par l'opinion, et surtout par les citoyens de plus en plus misérables et pauvres.

    6842. C'est un petit chiffre: Il faut noter qu'en deux ans, Bush et son administration n'étaient visés que sur le seul sujet irakien! Voyez que je suis tolérant et que j'accepte que, à l'occasion, votre président puisse dire, peut-être, un jour, une chose aussi vraie que "le soleil est jaune".

    January 12

    Le MEDEF est ton ami.

    Le MEDEF bataille dur. Il le dit: La France est très mal placée au niveau de la compétitivité, et c'est la faute aux 35h.
    Parce que si personne ne peut nier que grâce aux 35h, le pouvoir d'achat global des français a augmenté (98-2001), malheureusement, on nous sort que nous sommes, à cause de cela, bien moins compétitifs. C'est faire peu de cas des gains énormes de productivité, mais passons.
    Imbus de leurs privilèges, ils ont donc des solutions. Plutôt que de répartir un peu mieux les richesses et baisser la part qui revient au capital, aux profits, etc., ils veulent augmenter le salaire des français. Mais si. Il faut baisser les salaires brut. Mais augmenter les salaires net. En clair: baisser les charges, les cotisations sociales et les impôts. (bizarrement, ils ne proposent pas de baisser leurs marges, celles qui occasionnent des profits exorbitants, cex du CAC 40, qui ont augmenté de plus de1500% en 5 ans... représentant plus de 100 milliards de dollars en 2007)
    Et dans le même temps, déréguler la durée du travail, permettant ainsi une baisse du coût du travail qui fait que si tu veux la carotte au bout du baton, va falloir travailler encore plus.

    Ils sont drôles quand même. La France s'appauvrit (enfin, surtout les français), et c'est de la faute des pauvres! Les riches s'enrichissent (les chiffres sont têtus, malheureusement), mais ont peur, alors ils demandent aux pauvres de leur donner encore plus d'argent, au cas où. On est tombés sur la tête là.
    Et les gens s'en foutent. Royalement.

    Mais y'a un truc que les pauvres ont pas compris. C'est que les services publics leur appartiennent. Et qu'à force d'en céder des parts toujours plus importantes, ils n'auront plus rien. Ah ça, 20% de charges, c'est énorme. Mais ces 20%, c'est l'éducation de leurs enfants, la santé, le chômage qu'ils connaissent ou connaîtront ou ont connu, les retraites pour quand ils seront vieux.
    C'est aussi la police.
    Regardons la situation américaine. La police ne peut être partout, alors tout le monde est sa propre police. Chacun a le droit d'avoir une arme.
    Comment ça s'est passé, dans le passé, avec la même mentalité qu'aujourd'hui: Ben y'avait des milices privées, pour assurer la sécurité de quelques-uns.La violence était donc bien moins maîtrisée. Les gens ne pouvaient pas se soigner, car avaient à peine de quoi vivre (regardons la situation en france, c'est de pire en pire), l'éducation privée, extrêmement chère, garantissait la reproduction des élites (on en est encore là, pourquoi je parle au passé). Mais les gens, au lieu d'unir leurs forces, pour une vie décent et exercer le droit à une vie "heureuse" et "tranquille", préfèrent un chacun pour soi: traviller plus soi, pour gagner plus pour soi, et donner de moins en moins aux solidarités, aux services publics (de toute façon, isl auront de l'argent pour payer ces services eux-mêmes, je suppose). Et le reste est à l'avenant.

    Des calculs ont été faits. Il me semble qu'une personne qui touche moins de 2.000€ par mois (nets), n'a aucun intérêt dans les lois votées depuis 5 ans. ça représente quand même plus de 80% de la population française. Mais les français sont cons. Ils continuent de voter à droite, contre leurs intérêts.

    Remarquez, au PS, on défend maintenant l'économie de marché comme la meilleure solution, Valls parle de la compétitivité comme le MEDEF (cf l'entretien avec Besancenot dans le nouvel obs des vacances), et opine bêtement à chaque réforme.

    On retrouve au PS, une gauche, un centre, et une droite. La droite, c'est ségo, dsk, etc. Le centre, c'est Valls, Hollande, le maire de Paris etc. la gauche, c'est Hamon, Assouline.Moi, je leur propose, à droite, de s'unir au Modem. Pour les différences minimes qui les opposent, on va pas faire un parti différent.
    La gauche, je leur propose de négocier sévère avec les verts, le PCF, la LCR et autres bonnes volontés de créer un grand parti sur le modèle espagnol (IU), progressiste, de gauche. Et les centristes du PS, ils choisissent ensuite leur camp. Le centrisme des sociaux-démocrates, ou la gauche des socialistes.
    Avec une voix forte à gauche, on aura peut-être des chances de toucher la part volatile de l'électorat qui croit aux douces paroles des uns et des autres.

    Allez, laissez-moi rêver.