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    January 31

    Salaire des patrons

    OUH OUH. Encore une vague, on se croirait à la mer. Eh non, ce sont les médias, qui reviennent de manière lancinante sur les mêmes sujets, constamment, car ils n'ont aucune imagination.

    Eh bien figurez-vous que ça gueule encore pour les patrons qui se font de l'oseille à en corrompre la terre entière. En l'occurrence, une patronne, comme quoi, les féministes acharnées aprendront que les femelles ne valent pas mieux que les mâles.

    Mme Danon ne s'est pas fait un parachute aussi doré que d'autres. Elle n'aura bénéficié QUE de quelques millions d'euros.
    La loi Breton, censée rendre transparente ces choses-là (comme si le fait de savoir qu'ils touchaient le ponpon devait rassurer les citoyens...) n'améliore pas les choses. Zacharias, ancien PDG de Vinci a environ 170 millions d'euros de stock-options, c'est du joli. D'autres employés, comme l'ancien patron de la BNP, touche toujours presque 2 millions d'euros par an, alors qu'il est censé ne plus être PDG (eh eh, moi aussi je suis à la BNP!!! Faites péter le cash $$$!!!)

    Mais voyez-vous, dans sa démagogie la plus absurde, M. Daniel Cohen, que je ne connais ni d'Abraham ni de Sarah lance avec désinvolture: Mais si Zizou touche 15 millions par an et que l'on trouve ça normal, alors, pourquoi ce le serait pas pour les patrons?
    Mais coco! Il faut être con (et il y en a beaucoup) pour trouver la rémunération d'un gars qui court sur un terrain, la balle au pied, normale! Soyons honnêtes, son salaire n'est pas juste: c'est encore une fois, non plus la loi de l'offre et de la demande, mais celle de la spéculation qui donne à cet objet (le Zizou) une valeur aussi phénoménale!

    Il reconnaît d'ailleurs, Daniel Cohen que pour la même raison que les objets-footballeurs sont mis en concurrence sur le marché, les objets-dirigeants sont mis de la même manière sur le marché de la présidence des gros groupes. Sauf que nuance, grâce à la spéculation discrètement orchestrée, et ces primes exponentielles, le choix d'un patron pour telle ou telle entreprise n'est choisi que par des patrons ou leur CA, qui opèrent ue merveilleuse reproduction (non-sexuelle) des élites en hui-clos.

    Qu'on arrête de leur filer des stock-options, qu'on leur impose, sans complaisance, un barême salarial et hop, ce sera réglé.
    Merki.

    Déficit français

    On discutait sur le blog de ma chérie du déficit français, énorme, de 65%, en disant: ben regardez le déficit américain, ça va. En valeur absolue, on a un déficit malgré cela qui est 5 fois supérieur au leur, et en valeur relative, presque 2 fois.

    J'imaginais donc dans ma tête un plan sur 25 ans pour rembourser en virant les intérêts afin de mieux compenser (en échange de bons et loyaux services, cela va sans dire!). 25 ans suffiraient à ce niveau là, pour effacer TOUTE notre dette.

    Et voilà qu'aujourd'hui, j'apprends qu'après les 3 années catastrophiques de gestion de l'UMP, pour la deuxième année consécutive, nous sommes (au niveau annuel) dans la moyenne européenne: 2.6% de déficit annuel. (3% maxi selon le pacte de stabilité). Mais à vrai dire, le déficit annuel, on s'en balance les cacahuètes.

    Que vois-je, sur une page du journal Le Monde, qui malgré les apparences, sait reprendre fidèlement les dépêches AFP:  Le déficit des pays européens est autorisé jusqu'à 60%.Il est, en vérité, et en MOYENNE, de 63% et des tickets de métro. Imaginons, par exemple, des pays aux services sociaux pourris (UK), moyens (Espagne), bons (Allemagne), très bons (Suède), et regardons de plus près leurs chiffres:
    - Allemagne: 66% (en augmentation)
    - Belgique: 95.6% (en baisse)
    - (attendez, on rigole) Italie: 105% (en baisse!)
    - Suède et Espagne: 51% à peu près. (en baisse)
    - United Kingdom: 41% (en hausse)

    Notons qu'en 10 ans, la Suède a fait baissé de presque 50% son déficit budgétaire, SANS sacrifier les services publics, sans sacrifier les salaires de fonctionnaires, et en augmentant les impôts, bien évidemment.

    Il ne faut donc pas pousser des cris d'orfraie. Nous sommes dans la moyenne. Faire baisser de 5% notre déficit budgétaire, pour être dans les pas de l'Europe, c'est pas difficile. On doit bien pouvoir le faire en 5 ans, sans bouger les oreilles.
    Il n'y a donc pas, d'un côté l'Etat social très coûteux et mal-fonctionnant, et de l'autre une économie active qui ne demande qu'à se libérer des carcans de l'Etat, mais bien des politiques publiques, plus ou moins bien menées (il n'y à qu'à regarder l'Italie VS Suède).La Suède a une forte croissance, des entreprises compétitives, ET un Etat très coercitif socialement, puisque les impôts sont très hauts (+ une excellente économie sociale) et le chômage très bas. La pauvreté et la criminalité (re sont gérées de manière décente et digne et tout va bien merci.

    En même temps, très peu de médecins privés à plein temps en Suède: 5%
    Rien que ça, ça fait réfléchir...

    On peut donc espérer de quelques journalistes plus intelligents que la moyenne (pouf pouf, non, plus intelligents que ne le sont des journalistes en général) s'aperçoivent du foutage de gueule orchestré par nos politiques conservatrices et destructrices de solidarité.

    January 30

    UMP une modération sauf dans l'excès

    Alors que le parlement est en train, actuellement de mettre en place un dispositif d'abolition définitive de la peine de mort, par son entrée dans la constitution, il y a encore 18 députés UMP qui souhaitent la maintenir dans certains cas...

    January 29

    Laïcité et services publics

    Le Monde, le journal qui pète plus haut que son cul, annonce une bonne nouvelle, dans la tendance de mon dernier post. Le Haut Conseil à l'Intégration propose une refnte de la laïcité pour tous les services publics.

    Comme ils le rappellent, la liberté des usagers doit être respectée (ce qui n'est pas le cas actuellement à l'école, où les musulmanes ne peuvent pas être ce qu'elles sont. L'école représente un lieu de non-droit au respect de leur personne et de leurs croyances).
    Ce qui va dans le sens de ce que je disais sur le respect des gens de croyances et cultures différentes: "doivent voir leurs croyances respectées et être mis en mesure de participer à l'exercice de leur culte, en particulier à l'occasion de la naissance, des fêtes religieuses et du décès".


    Très bien, dans ce cas alors, puisqu'on se place sur le terrain de la religion, la pudeur étant en dehors de ce champ là, les volontés ne seront toujours pas respectées. Malheureusement, ça ne fait pas partie de la laïcité. C'est assez emmerdant, car la "croyance" n'est que religieuse. Elle n'existe pas en dehors de formes très strictes de doctrines et du numineux. On évince donc toutes les formes culturelles intériorisées, les habitus des gens différents. ça me pose toujours problème.

    N'oublions pas ce qui est dit sur la laïcité:
    "le principe constitutionnel de laïcité impose (à tous) un devoir de stricte neutralité, le traitement égal de tous les individus et le respect de la liberté de conscience".

    On sort du domaine du religieux pour être sur celui, idéal, de la conscience "non-altérée". Comme si la socialisation n'existait pas. Comme si l'intériorisation de normes n'existait pas. C'est un peu gênant, mais c'est plus satisfaisant. Si c'est respecté à la lettre, alors les musulmans comme les autres auront droit aux soins ne devront pas se conformer à des règles qui bafouent leur culture.

    Malheureusement, ce texte indique très vite, car il faut pas pousser, on va pas respecter les croyances de tous, seulement de certains: "Ils ne peuvent, à raison de leurs convictions, récuser un agent public ou d'autres usagers, ni exiger une adaptation du fonctionnement du service public"

    On retombe sur la même chose qu'hier. Merde alors. Je vais devenir fou. On parle du respect des croyances des usagers, et juste après, on nous dit qu'ils doivent fermer leur gueule et que leurs croyances seront pas respectées... Expliquez-moi le texte! Comme je le disais: les formes culturelles de pudeur, entraînant les conflits ne seront pas résolus. Encore une fois, les gens qui veulent du respect n'auront droit qu'à la résignation et encore une fois, leur frustration devra ête avalée.
    Je me demande où veut en arriver le HCI. On est prêt à exclure des jeunes de l'école pour qu'ils refusent leur identité. On est prêt à refuser les soins pour qu'ils se soumettent à la norme inique d'une identité athée ou chrétienne. Où allons-nous?
    La neutralité du service public et le non-prosélytisme des usagers, c'est surtout la non-discrimination qu'elle doit viser. Et l'égalité de traitement. C'est rappelé en préambule. A côté de ça, on préfère discriminer et exclure ceux à qui l'on promet une égalité avec les autres. La neutralité des services publics, cela vise, normalement, le non-prosélytisme de la part des agents. Mais plutôt que neutralité, qui serait la liberté de chacun, quelles que soient ses croyances, d'être accepté comme tel dans un hôpital et à l'école, on préfère la discrimination.

    Enfin, on édicte une neutralité et un non-prosélytisme de la part des "agents" du service public. là, tout devient plus gênant.
    Tant qu'il n'y a pas prosélytisme (par le discours, principalement) et que leur fonction n'en est pas altérée, pourquoi leur interdire de porter le voile? On fait comme si les signes visibles étaient "ostensiblement" montrés. On fait comme si le port visible d'un signe de distinction (et qui ne vise que la religion, quelle connerie) était un appel à croire la même chose. On en arrive à un retournement fabuleux où ce sont les agents des services publics qui se plaignent d'être agressés visuellement quand une fille porte un voile!
    Quelle belle intériorisation de la loi du conformisme et de l'interdiction de la différence...


    Je souhaite, et j'en appelle à tous les responsables, que soient respectées les pratiques et pas seulement la "conscience"(chose éthérée et invisible) des gens qui leur sont différents.
    January 28

    La guerre Israélo-palestinienne à l'hôpital!!??!!

    Contrairement à ce qui peut être affirmé ça et là, le conflit n'est pas qu'un conflit de territoires. Ce n'est pas non plus un conflit entre deux pays, mais bel et bien un conflit entre deux "peuples". Le "peuple" juif d'un côté, le "peuple" musulman de l'autre.

    En témoigne un article récent du Monde (27/01/06), intitulé Laïcité et intégrisme s'affrontent.

    Ce titre, très sobre, essaie d'opposer ces deux notions à partir de l'exemple de l'hôpital en France. Je rappelle les quelques faits que l'on connaît jusqu'ici. 2 actes violents ont été commis en 3 ans sur des gynécologues obstétriciens, très peu donc sur une totalité de plus de 350 actes violents à l'hôpital, dont une minorité par des musulmans. Les lecteurs de l'article, pourtant parlent "d'intégrisme", se plaignent de "passe-droits des musulmans" et ont peur d'un "suicide collectif". Que de grands mots pour ce qui relève d'une fiction honteuse: L'auteur de l'article avoue, pour trop peu de temps, qu'il est question de pudeur et non de religion, ce qui déplace nettement le "terrain de la polémique"

    Que reproche-t-on à cet "intégrisme" (qui n'est que musulman)?
    1. Tout d'abord, une "blouse inter-confessionnelle", une burqa faite pour l'hôpital qui permet aux patients de respecter leur religion et au médecin de faire son boulot. (au Royaume-Uni)

    2. La création d'un hôpital islamique aux Pays-Bas, qui respectera des règles telles que la présence d'un Imam, nourriture Hallal, départements séparés hommes/femmes et praticiens du même sexe que les patients. Ainsi, aucun problème avec les pratiques des musulmans en question.

    3. On leur reproche les violences perpétrés verbalement ou physiquement sur des praticiens de gynécologie-obstétrique masculins qui agissent sur le corps de la femme. La plainte et les violences viennent de l'homme. Son comportement est imputable à un islam radicalisé, voire fondamentaliste.

    Or, c'est une remarque que les bien-pensants appelleront rapidement "antisémite", mais ce qui est intéressant, c'est que les praticiens se plaignant de comportements ou d'initiatives musulmanes s'appellent "Israël" ou "Blum". Il ne s'agit donc pas, comme le prétendait au premier abord l'article, d'un affrontement entre la laïcité et l'intégrisme, mais d'un conflit entre des praticiens juifs et des patients musulmans. Ce n'est pas qu'un conflit entre des valeurs médicales "neutres" voire "bonnes" et des valeurs musulmanes dites "obscurantistes", mais un conflit culturel saisissant sur la pudeur et l'intimité dans un lieu où la fonctionnalité et l"objectivation" des patients est une forme très visible des agencements médicaux.

    Je vais répondre point par point. une blouse-burqa, qu'est-ce que cela a de choquant? Non pas que cela couvre le corps et ne laisse que voir les yeux (c'est dommage et trop exagéré), car une blouse pour patientes doit couvrir le corps et répond, normalement, à des exigences de pudeur. C'est le problème soulevé par la différence de traitement demandé entre une personne et une autre, distinction normalement interdite dans notre pays au nom de la laïcité. Mais quoi!!! La notion de pudeur n'est pas la même chez tout le monde et notre vision de la pudeur va attaquer injustement des personnes qui se sentent humiliées parce que l'on va voir certaines parties de leur corps qu'elles n'aiment pas montrer quand d'autres vont voir leurs requêtes exaucées. C'est donc qu'il faut revoir la blouse que l'on donne aux patients et patientes pour qu'elle puisse correspondre à tout le monde, et ce ne sont pas les musulmans qui sont "communautaristes" ou "islamistes", ils sont les seuls (car très médiatisés, de manière très négative) à revendiquer leur pudeur, à refuser l'objectivation faite par l'hôpital. De nombreux avis abondent dans ce sens. Il n'y a pas que les musulmans qui se plaignent de l'absence d'intimité, de la gêne ou de la honte qu'ils ressentent, la sensation d'être un objet aux yeux du médecin (vision médicale spécifique à nos cultures occidentales, dûe à l'ancienne séparation entre l'anatomique et le psychique, idéologie appellée "anatomo-clinique"). C'est donc qu'il faut prendre en compte ce besoin psychologique de la part des patients.

    Ensuite, pour l'hôpital islamique, je regrette que l'on soit obligé d'en arriver à un tel point. Mais si l'on cherche à contenter des gens avec un imam, là où un prêtre est disponible dans un hôpital laïc c'est un problème. (où est la laïcité quand il y a confessionalité affichée de la part de l'hôpital?). Qu'il y ait de la nourriture hallal soulève le problème de la viande de porc et le problème des habitudes alimentaires des musulmans.(idem avec la nourriture casher: c'est bien dommage que ça ne soit pas pris en compte).
    Quant à la séparation homme/femme, elle répond aux mêmes exigences que précédemment. Ce n'est qu'un problème organisationnel. La laïcité ne devrait pas être, là encore, l'imposition d'une loi à tout le monde, qui contente certains et pas d'autres, mais la tentative de réunir toutes les formes culturelles au sein d'un même lieu. Ce n'est pas, encore une fois, parce que les musulmans sont "intégristes" et "communautaristes" qu'un tel lieu va être construit, mais parce que les Etats sont intolérants avec certaines formes culturelles.

    Déjà ici, et tel que cela a été exprimé, ce n'est pas l'islam et son intégrisme qui est en cause, mais la pudeur des musulmans. Ce n'est pas imputable à leur religion mais à un mode de vie.

    Quant aux violences, c'est encore plus regrettable. C'est en général dû à un mari bien trop jaloux. La jalousie, on ne le dira jamais assez ;-), c'est mal.Cependant, il ne faut pas se contenter d'une indignation civique normale et stigmatiser une population qui ne le mérité pas, mais plutôt se pencher sur les problèmes de compréhension entre l'idéologie médicale. La vision anatomo-clinique ne doit pas faire de ségrégation, comme c'est le cas actuellement et ne doit répondre qu'à des exigences organisationnelles et éthiques. On ne pet pas mettre tout le monde dans le même panier, mais bien plus encore, on ne peut pas non plus imposer tout à quelqu'un parce qu'il est malade et accepter l'objectivation des malades sans se poser préalablement la question de la nécessité de cette vision médicale là.

    Tout n'est pas acceptable. C'est à la femme de décider pour la péridurale (car il n'y a pas que les maris qui interdisent les péridurales aux femmes, il y a aussi leur choix personnel. En cela, les allégations du médecin Jacques Lansac sont honteusement fausses, car oui, des femmes se plaignent de leur péridurale car elle ne correspond pas à leurs attentes culturelles face à l'accouchement. David Le Breton parle, dans son anthropologie de la douleur, p168-169, d'une femme béninoise qui avait subi une péridurale, qui avait déréalisé et causé un inachèvement de l'accouchement sur le plan symbolique. La femme était restée prostrée après l'accouchement, repliée sur elle-même parce qu'elle "souffrait de sa péridurale".
    De même, quand il y a "urgence", résolument, les soins doivent être effectués, et cela est et devrait être respecté partout.

    Cependant, je pense, contrairement à ce qui est dit dans l'article " ce n'est pas plier face aux exigences religieuses" que d'accpepter tout le monde (et toutes les pathologies) dans les hôpitaux. C'est une exigence de laïcité, justement.
    Là où l'idéologie est présente, c'est quand nous définissons la laïcité comme une contrainte s'appliquant à tous et sera exclu celui qui n'accepte pas cette contrainte. Il n'ya qu'à voir la loi dite "sur le voile", qui n'est pas une loi laïque, "fonctionnelle", mais anti-musulmane, il n'y a qu'à voir tous les gargouillis de pseudos-intellectuels refusant l'interdiction de l'islamophobie sous prétexte d'intégrisme.
    La laïcité, bien aucontraire, doit être la possibilité pour out le monde dans l'espace public d'accéder aux soins, à l'éducation, etc. QUELLE QUE SOIT sa religion ou sa culture.

    Elle ne doit pas viser à exclure et stigmatiser, mais à fixer des règles pour TOUT le monde.

    Pour en revenir à l'article, enfin, il ne parle ni de laïcité, ni d'intégrisme, simplement d'idéologie anatomo-clinique et de pudeur culturelle. Il serait important que les journalistes apprennent à regarder le monde autrement qu'avec le prisme de la "mode" de certains mots et expressions...

    p.s: eh oui, je suis un "islamo-gauchiste". Pour ceux qui m'en voudraient de ne pas avir aborder la question de la domination masculine chez la femme musulmane, sous sa forme intériorisée ou pas, je dirais juste qu'elle n'est pas mieux régulée en occident. La mode féminine et les conditions diététiques obéissent à une logique de domination masculine et ne choquent pas grand monde. Quand aux choses imposées aux femmes et aux hommes, c'est surtout la marge de négociation qui est importante, et certainement pas une logique de "domination/oppression".
    January 09

    réflexion de Latour sur les sciences

    "On trouve les lois de Newton au Gabon", dites-vous. C'est extraordinaire en effet, car c'est bien loin de l'Angleterre. Mais j'ai vu des camemberts Lepetit dans les supermarchés de Californie. C'est miraculeux, car Lisieux est bien loin de Los Angeles. Ou bien vous avez devant vous deux miracles qu'il faut admirer ensemble ; ou bien vous n'en avez aucun.

    Une deuxième, sympathique aussi:

    Qu'il s'agisse de nébuleuses, de coraux, de lasers, de microbes, de P.N.B. ou de Q.I. ou de mésons; qu'ils soient, comme on dit, "infiniment grands" ou "infiniment petits", on ne parlera d'eux avec assurance que l'orsqu'ils seront ramenés à ces quelques mètres carrés que quelques hommes peuvent dominer et où ils se montrent du doigt des signes assez simples pour qu'ils puissent s'accorder au moins sur la forme du signe: pic, tache, courbe, chiffre, point, raie ou bandes... De tout le reste, rien ne peut être dit, si ce n'est en bafouillant.
    January 04

    hôpital pour riches?

    Nous vivons une époque où de plus en plus de gens revendiquent et militent pour un "individu total", l'individu étant considéré comme une unité préexistante à notre éducation, aux sociabilités, etc.
    Cela mène à ce que certains appellent un néo-libéralisme, hyper-individualiste, qui veut que chacun se démmerde comme il veut. On arrive à une situation où les pauvres restent pauvres et n'ont plus les moyens d'être des "individus totaux", mais se retrouvent "individus par défaut". Quant aux riches, eux seuls accèdent à la santé, à l'éducation supérieure, voire élitiste (le coût d'une école de commerce se passe de commentaires). Or bizarrement, il y a pile 70 ans, les élitistes libéraux faisaient moins les malins.
    Je vous raconte, je suis sûr que ça va vous plaire, et en plus, ça pose grave dans les repas mondains.

    Avant la révolution de 1789, l'hôpital remplissait plusieurs fonctions: on y enfermait les fous, on emprisonnait les criminels, on offrait un abri aux indigents, et, accessoirement, on soignait les malades. L'hôpital avait donc pour fonction première, jusqu'à 1930 précisément, une fonction essentiellement "sociale". En gros, on y faisait plein de choses, mais seuls les pauvres étaient concernés.

    Or avec la révolution, l'hôpital se spécialise dans les soins. C'est une priorité qui fait passer la charité au second plan. L'hôpital public se charge donc de soigner les indigents, quand les gens aisées peuvent voir un médecin, un chirurgien dans son lieu d'exercice.
    Cela va perdurer jusque vers 1930. L'hôpital public était réservé aux pauvres. Point. Les cliniques privées accueillaient les classes privilégiées.

    Mais dans les cadres de la médecine scientifique du cancer, et de la radiothérapie, la radiumthérapie, les instruments et les matières premières coûtaient très très cher. Seul l'Etat pouvait se le permettre et offrir de tels équipements à ses hôpitaux publics.
    Les pauvres étaient donc très bien soignés, quand les riches, allant dans les cliniques privées, avaient du mal à se payer leur traitement, et de plus, il était moins efficace. C'est une honte à l'ordre social!!! Normalement, les pauvres crèvent en premier et les riches sont soignés à merveille.
    Et bien à ce moment précis, en 1930, c'est le contraire qui se passe! Les classes moyennes (qui ont émergé après la révolution) et une partie des classes aisées ne peut plus se payer le traitement et on leur refuse les soins à l'hôpital public!
    Le 26 mai 1936, R. Le Bret s'insurge: "Un hôpital public doit-il refuser son entrée à un malade parce qu'il est riche?"
    "La sélection entre le pauvre ayant un droit privilégié à l'hôpital et le riche qui n'y aura pas droit menace de devenir difficile. [...] L'idée de refuser ces soins perfectionnés que l'on accorde aux indigents, à une catégorie de malades qui peut payer est contraire au bon sens".

    La situation mérite, avec le recul, qu'on en rie à gorge déployée. Les ultras-libéraux de l'époque n'admettaient même pas qu'un non-indigent puisse chercher des soins dans un hôpital public à moindre coût.
    Maintenant, nous vivons le contraire. L'hôpital, comme la clinique privée, vit grâce à un gros système de sécurité sociale, adapté à toutes les couches de la population. Le problème c'est que l'hôpital accueille de moins en moins les gens défavorisés, "qui n'ont qu'à travailler pour se payer l'accès aux soins".
    L'hôpital, qui est resté un refuge social, est en train, petit-à-petit, de fermer ses portes à ceux pour qui il a été conçu...